You are currently viewing Hantavirus : ce que les autorités françaises imposent aux passagers rapatriés du « Hondius »
Photo : @Pexels

Hantavirus : ce que les autorités françaises imposent aux passagers rapatriés du « Hondius »

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:SANTE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Les cinq passagers français considérés comme cas contact à haut risque par l’OMS après l’épisode sanitaire survenu à bord du navire « Hondius » vont être soumis à un protocole sanitaire particulièrement encadré à leur retour en France. Entre hospitalisation obligatoire, quarantaine à domicile et interdiction de voyager, les autorités sanitaires cherchent à éviter toute propagation de l’hantavirus, un virus dont certaines formes affichent un taux de mortalité élevé.

Le ministère de la Santé a transmis aux agences régionales de santé un protocole détaillé concernant les cinq ressortissants français attendus en France ce dimanche 10 mai 2026 après leur évacuation du navire d’expédition « Hondius ». Tous sont considérés comme des cas contact à haut risque après plusieurs contaminations suspectées à bord du bateau, où une passagère a notamment perdu la vie après son transfert en Afrique du Sud.

Dès leur arrivée sur le territoire français, les cinq voyageurs devront passer par une première phase de surveillance hospitalière obligatoire de 72 heures. Cette étape doit permettre aux équipes médicales de procéder à une évaluation complète de leur état de santé et de réaliser plusieurs examens biologiques afin de détecter une éventuelle infection.

Selon les spécialistes mobilisés autour du dossier, des tests PCR ainsi que des analyses sérologiques seront réalisés. L’objectif est de déterminer rapidement si l’un des passagers est porteur du virus. Les autorités sanitaires redoutent particulièrement les formes sévères de l’hantavirus, certaines étant associées à une mortalité pouvant atteindre environ un tiers des cas.

Si l’un des voyageurs est testé positif, il restera hospitalisé dans un service adapté. En revanche, si tous les résultats reviennent négatifs, les passagers pourront quitter l’hôpital sous conditions très strictes. Leur retour au domicile devra s’effectuer en transport sanitaire non médicalisé, avec port obligatoire d’un masque FFP2. Les accompagnants devront également porter des équipements de protection comprenant un masque FFP2 et des lunettes de protection.

Une quarantaine de six semaines quasiment sans vie sociale

Après cette première étape hospitalière, les autorités sanitaires imposeront une période d’auto-isolement de 42 jours à compter du débarquement du navire. Cette durée correspond à la période maximale d’incubation retenue par principe de précaution pour ce type d’infection virale.

Durant cette quarantaine, les agences régionales de santé assureront un suivi rapproché des passagers. Celui-ci pourra prendre différentes formes : appels téléphoniques réguliers, échanges par SMS ou autres dispositifs de surveillance adaptés.

Les recommandations adressées aux cinq Français sont particulièrement strictes. Le protocole prévoit un recours massif au télétravail pour les personnes concernées ainsi qu’une limitation drastique des interactions sociales. Les déplacements doivent être réduits au strict minimum.

Les sorties considérées comme inévitables, notamment pour des rendez-vous médicaux, devront obligatoirement s’effectuer avec un masque FFP2. Les autorités rappellent également la nécessité de respecter les gestes barrières, la distanciation physique et une hygiène des mains rigoureuse.

Autre mesure forte : tous les voyages, qu’ils soient effectués en France ou à l’étranger, sont interdits pendant toute la durée de l’isolement. Une restriction qui illustre la prudence extrême adoptée par les autorités sanitaires françaises face à cette situation encore mal maîtrisée.

Des symptômes sous haute surveillance

Pendant ces 42 jours, les passagers devront surveiller attentivement l’apparition de symptômes évocateurs d’une infection par hantavirus. Fièvre, maux de tête, douleurs dorsales, vomissements ou encore fatigue importante devront entraîner un appel immédiat au SAMU via le 15.

Toute personne développant des symptômes sera immédiatement considérée comme un cas suspect. Elle sera alors hospitalisée à l’isolement pendant toute la durée de la période infectieuse présumée. De nouveaux tests PCR et sérologiques seront réalisés afin de confirmer ou d’écarter le diagnostic.

Le ministère de la Santé anticipe également l’apparition potentielle d’autres cas contact en dehors du navire. Le protocole précise que chaque situation sera évaluée selon plusieurs critères : proximité avec la personne contaminée, durée de l’exposition, environnement partagé ou encore utilisation d’équipements de protection.

Par précaution, toute personne ayant partagé un vol avec un cas confirmé, suspect ou probable en provenance du navire pourrait être considérée comme un contact à haut risque si les informations disponibles sont insuffisantes.

Huit Français ayant voyagé entre Sainte-Hélène et Johannesburg avec une passagère contaminée décédée à son arrivée en Afrique du Sud ont déjà été identifiés. Toutefois, en raison de leur emplacement dans l’avion, ils ont finalement été classés comme cas contact à faible risque.

Ces derniers ne feront pas l’objet d’un suivi actif, mais les agences régionales de santé leur demanderont malgré tout de limiter leurs interactions sociales, d’éviter les lieux confinés et d’appliquer strictement les mesures barrières.

Source :

[Le Parisien] – Article publié le 10 mai 2026 – lien

Laisser un commentaire