Caroline Cayeux, ancienne ministre déléguée aux Collectivités territoriales, et David Douillet, ancien député LR et double champion olympique de judo, ont reconnu devant la justice le 9 mai 2026 avoir minoré leurs patrimoines respectifs dans leurs déclarations à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Deux affaires ouvertes en 2022, révélatrices des failles persistantes de la transparence patrimoniale des élus.
Caroline Cayeux, ancienne maire de Beauvais et ministre déléguée sous le gouvernement Borne, avait été contrainte à la démission en novembre 2022 après que la HATVP eut signalé des anomalies dans sa déclaration de patrimoine. Selon les investigations de la haute autorité, l’ex-ministre aurait sous-évalué ses biens immobiliers d’environ 4 millions d’euros au total : 2,4 millions d’euros pour sa résidence principale à Paris et 1,5 million d’euros pour une maison en Ille-et-Vilaine, soit environ la moitié de la valeur réelle de ces deux propriétés. La HATVP avait saisi le procureur de la République pour soupçons d’évaluation mensongère et de fraude fiscale. Caroline Cayeux s’était dans un premier temps retournée contre ses avocats, estimant que la sous-évaluation leur était imputable.
L’affaire Douillet : une déclaration jugée lacunaire
David Douillet, ancien ministre des Sports sous Nicolas Sarkozy et ancien député LR des Yvelines, fait face à une procédure similaire. La HATVP avait également saisi la justice concernant sa déclaration de patrimoine, jugée incomplète. Les deux dossiers, traités séparément à l’origine, se retrouvent liés dans l’actualité judiciaire par la simultanéité de leurs avancées. Ils s’inscrivent dans un contexte de contrôle renforcé de la transparence patrimoniale des responsables publics depuis les scandales ayant marqué la vie politique française.
La HATVP, gardienne de la transparence depuis l’affaire Cahuzac
Créée en 2013 dans la foulée du scandale Cahuzac, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique est chargée de recueillir et de contrôler les déclarations de patrimoine et d’intérêts des personnalités politiques. Lorsqu’elle détecte des anomalies, elle peut saisir le parquet. La reconnaissance des faits par Cayeux et Douillet devant le tribunal constitue une étape judiciaire significative dans ces dossiers, dont l’issue reste à venir.
Ces reconnaissances rappellent que la transparence patrimoniale des élus reste un chantier inachevé. À l’heure où la défiance des citoyens envers la classe politique ne faiblit pas, ces affaires alimentent un débat qui dépasse largement les cas individuels.
Source : Le Monde
