Au Real Madrid, la crise est désormais totale. Une bagarre physique entre Aurélien Tchouaméni et Federico Valverde lors d’un entrainement, mercredi 6 mai 2026, a révélé au grand jour les fractures profondes d’un vestiaire divisé en clans rivaux, à quatre jours d’un Clasico décisif au Camp Nou contre le FC Barcelone.
Selon L’Equipe, qui a révélé les détails de l’altercation, tout a commencé par un geste trop engagé de l’international uruguayen Federico Valverde sur son coéquipier français lors de la séance d’entrainement du mardi 6 mai à Valdebebas. Des insultes ont fusé et une première altercation s’est produite. Le lendemain matin, les deux joueurs se sont retrouvés au centre d’entrainement. Valverde a refusé de serrer la main de Tchouaméni. Le ton est monté rapidement, et lorsque l’Uruguayen a insulté le Français, ce dernier l’a giflé puis repoussé. Valverde, déséquilibré, a percuté une table et perdu connaissance.
Selon le quotidien sportif espagnol Marca, Valverde a même dû être hospitalisé. L’incident, décrit en interne comme “très intense”, a conduit la direction du club à convoquer en urgence une réunion avec joueurs et staff dans la journée du jeudi 7 mai. Des sources internes au Real Madrid évoquent une possible mise à pied des deux joueurs jusqu’à la fin de la saison.
Un vestiaire fracturé depuis l’ère Xabi Alonso
La bagarre entre Tchouaméni et Valverde n’est que la manifestation la plus visible d’une crise qui couve depuis plusieurs mois. Selon L’Equipe, les tensions remontent à l’ère Xabi Alonso, successeur de Carlo Ancelotti nommé en début de saison, autour duquel deux clans s’étaient formés silencieusement. D’un côté, les soutiens du technicien basque, parmi lesquels les joueurs français dont Thibaut Courtois et plusieurs recrues estivales. De l’autre, des joueurs mécontents de son management : Vinicius Jr, qui n’avait pas apprécié d’être remplacé lors d’un Clasico au Bernabeu, Jude Bellingham, agacé par la montée en puissance d’Arda Güler, Federico Valverde, réticent à jouer latéral droit, ou encore Fran Garcia.
La direction du club a mis fin à l’ère Xabi Alonso le 12 janvier en nommant Alvaro Arbeloa, ancien coach de la Cantera. Un choix perçu en interne comme la prise de parti d’un camp sur l’autre. Sous les ordres d’Arbeloa, les résultats ont continué à se dégrader – élimination en Coupe du Roi contre un club de deuxième division, écart qui se creuse avec le FC Barcelone en Liga, élimination en Ligue des champions – sans que la fracture dans le vestiaire ne se résorbe.
Mbappé au centre des critiques, Arbeloa fragilisé
La mauvaise passe du Real a fini par cristalliser les critiques sur Kylian Mbappé, auteur de 43 buts cette saison mais régulièrement pointé du doigt pour son manque d’implication défensive. Cette mise en cause de la star française a, selon L’Equipe, “arrangé quelques-uns dans le vestiaire, y compris Arbeloa”. La semaine précédant le Clasico, l’entraîneur madrilène, sentant qu’il était lui-même devenu une cible, a provoqué une réunion de crise au cours de laquelle il a estimé que les mauvais résultats revenaient aux joueurs qui “ne courraient pas assez” – visant en creux l’avant-centre français.
Victime d’une lésion à un ischio-jambier, Mbappé est très peu probable qu’il puisse jouer au Camp Nou dimanche (21h00). Et même s’il venait à disputer le Clasico et à y briller, cela ne résoudrait pas le problème de fond : selon L’Equipe, l’écart entre le Real Madrid et les meilleures équipes européennes ne cesse de croitre, et c’est tout un vestiaire qui semble à reconstruire, avec des défenseurs et des milieux capables de succéder à des légendes comme Dani Carvajal, Luka Modric ou Toni Kroos.
Un Clasico sous très haute tension
Dimanche 10 mai, le Real Madrid se déplace au Camp Nou dans un contexte sportif et humain particulièrement dégradé. Arbeloa ne peut compter que sur le soutien de quelques joueurs – Vinicius Jr, Bellingham, Fran Garcia et Valverde, paradoxalement, malgré son implication dans la bagarre. Des procédures disciplinaires sont en cours contre les deux protagonistes de l’altercation. La semaine s’annonce décisive, non seulement pour l’issue du championnat espagnol, mais aussi pour l’avenir à court terme de l’entraineur et la reconstruction d’un groupe profondément déchiré.
Le Real Madrid, club le plus titré de l’histoire de la Ligue des champions, traverse l’une des crises internes les plus graves de ces dernières décennies. La direction merengue, qui a enchaîné les choix coûteux sur le banc comme dans le vestiaire, devra prendre des décisions structurantes dès la fin de saison si elle veut reconstruire une équipe compétitive en Europe.
Au-delà du résultat du Clasico, c’est l’âme du Real Madrid qui semble en jeu. Bagarre entre coéquipiers, clans irréconciliables, entraineur contesté : la maison blanche n’a jamais autant ressemblé à un chantier. La reconstruction sera longue.
Source : L’Equipe
