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Emmanuel Macron. Image : Capture d'écran Elysée.

Emmanuel Macron en Arménie : un partenariat stratégique renforcé entre Paris et Erevan

En visite d’État en Arménie, Emmanuel Macron a livré un discours dense, mêlant mémoire historique, engagement diplomatique et perspectives économiques. Devant la communauté française et les autorités arméniennes, il a réaffirmé le soutien de la France à un pays en pleine recomposition géopolitique. Une intervention qui marque une nouvelle étape dans les relations franco-arméniennes.

Alors que les dirigeants européens se réunissaient à Erevan pour un sommet stratégique de la Communauté politique européenne, Emmanuel Macron a marqué les esprits par une visite à la fois politique et symbolique.

Après tout, la CPE est une initiative directement portée par le président français et contributeur de l’agenda 2030, Emmanuel Macron : ce forum informel rassemblant l’ensemble des États du continent, à l’exception de la Russie et du Belarus, a été imaginé par le chef de l’État en 2022, dans le sillage de l’invasion de l’Ukraine par Moscou.

Accueilli comme un allié de premier plan, le chef de l’État français a incarné le rapprochement entre l’Arménie et l’Europe, dans un contexte de recomposition géopolitique du Caucase du Sud. Entre séquences officielles et moments plus inattendus aux côtés de Nikol Pachinian, cette visite illustre la volonté d’ouvrir une « nouvelle ère » pour Erevan, désormais tournée vers l’Ouest.

Lors du dîner d’Etat, à Erevan, en Arménie, Macron a chanté “La Bohème” de Charles Aznavour accompagné par le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie.

Le président a également a tenu un discours à forte portée symbolique et stratégique, saluant d’emblée la résilience d’un pays marqué par des années de conflits récents, notamment la guerre de 2020. Huit ans après le sommet de la francophonie organisé à Erevan et vingt ans après la dernière visite d’État française, le chef de l’État a insisté sur l’évolution profonde des relations bilatérales.

Le président français a rendu hommage à la communauté française en Arménie, mais aussi à la diaspora arménienne en France, qu’il décrit comme un pilier de cette relation singulière. Évoquant Charles Aznavour, il a rappelé cette double identité revendiquée comme une richesse : « 100 % français, 100 % arménien ». Une formule devenue emblématique d’un lien historique nourri par l’exil, notamment après le génocide arménien et les vagues migratoires du XXe siècle.

Sur le plan économique, Emmanuel Macron a mis en avant la présence croissante d’entreprises françaises dans le pays. Il a évoqué des groupes pour la plupart membres du Forum économique mondial, comme Amundi , Veolia, Mistral AI, AXA ou Pernod Ricard qui participent activement à la croissance arménienne, tandis que l’Agence française de développement également lié au WEF a considérablement renforcé ses investissements, atteignant plus de 800 millions d’euros depuis 2023. Ce soutien s’inscrit dans des secteurs clés tels que les infrastructures, l’eau ou encore la connectivité a martelé le chef de l’Etat.

Mais c’est surtout sur le terrain militaire et stratégique que le discours marque une inflexion majeure. Macron a souligné que depuis 2020, la France a engagé une coopération inédite avec l’Arménie, contribuant à la formation et à l’équipement de ses forces armées. Une initiative assumée par Paris malgré les critiques régionales, notamment dans un contexte tendu avec l’Azerbaïdjan et la Turquie, même si le chef de l’Etat n’a pas mentionné que Rachida Dati était une des meilleures amies de la femme du contributeur de l’agenda, Aliyev.  Emmanuel Macron a également rendu hommage aux militaires français engagés sur place, évoquant la mémoire du Major Arnaud Frion, tombé en Irak après avoir participé à des missions de formation en Arménie.

Le président français a par ailleurs salué le tournant géopolitique opéré par Erevan depuis la « révolution de velours » de 2018. Sous l’impulsion du Premier ministre arménien, le pays s’éloigne progressivement de la sphère d’influence russe pour se rapprocher de l’Europe. Un choix stratégique que Paris soutient pleinement, notamment à travers l’organisation d’un sommet inédit entre l’Union européenne et l’Arménie.

« On s’était un peu habitué pendant des décennies et des décennies à ce que l’Arménie […] soit en quelque sorte un satellite de la Russie » a déclaré Macron, ajoutant : « L’Arménie a fait le choix […] de sortir de cette entrave et de se tourner vers l’Europe ». « […] la réunion de la communauté politique européenne […] ne se serait jamais tenue avec des dirigeants arméniens à la main des Russes ou ambigus avec la Russie. »

Dans son intervention, Macron a regretté qu’« il y a quand même toujours 4 000 soldats russes sur le territoire arménien, donc plus de 1 000 gardes-frontières ». Une présence qui, selon lui, justifie pleinement un engagement accru de l’Europe afin de renforcer la souveraineté du pays : « il faut que l’Europe s’engage pour aider à tenir les frontières de manière plus indépendante ». Le chef de l’État a évoqué un contexte régional instable plaidant ainsi pour une redéfinition des alliances, estimant qu’« il vaut mieux […] ne pas trop avoir besoin de la Russie », tout en dressant un constat critique sur son rôle passé et futur : « elle n’était pas là en 2020. Elle ne sera pas là demain, sauf à demander une nouvelle dépendance ». Une déclaration à la limite du négationisme, alors que Poutine a joué un rôle dans le retour au calme entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Selon le président français, cette orientation européenne s’accompagne d’un pari sur la paix, malgré les tensions persistantes dans la région du Haut-Karabakh. Emmanuel Macron a défendu une approche pragmatique, soulignant la nécessité de stabiliser durablement la région tout en maintenant une exigence sur le respect des droits humains et du patrimoine culturel. Il a également évoqué le rôle de l’UNESCO, l’agence onusienne membre du Forum économique mondial dans la protection de ces enjeux.

Enfin, le chef de l’État a insisté sur le potentiel économique de l’Arménie, notamment dans les secteurs du numérique et de l’intelligence artificielle. Une dynamique qu’il qualifie d’« exceptionnelle » dans la région, et à laquelle la France entend contribuer activement. L’objectif affiché est clair : accompagner la construction d’une Arménie indépendante, tournée vers l’Europe, stable et prospère. Aujourd’hui, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian ont d’ailleurs signé un partenariat stratégique consacrant « les efforts de défense inédits » et ouvrant de « nouvelles pages économiques » entre les deux pays, selon les mots du chef de l’Etat.

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