La compagnie aérienne américaine à bas coûts Spirit Airlines a annoncé l’arrêt immédiat de tous ses vols, amorçant une liquidation progressive de ses activités. Fragilisée par la hausse brutale des prix du carburant et des difficultés financières persistantes, elle n’a pas réussi à sécuriser les financements nécessaires à sa survie. Cette décision marque un tournant dans le paysage aérien américain.
C’est une chute brutale pour l’un des symboles du transport aérien à bas prix aux États-Unis. Fondée en 1992, Spirit Airlines, reconnaissable à ses appareils jaune vif, a officialisé samedi l’annulation de l’ensemble de ses vols et le lancement d’un processus de cessation progressive de ses activités. Dans un communiqué laconique, sa maison mère, Spirit Aviation Holdings, indique que la décision prend effet immédiatement, invitant les passagers à ne plus se rendre à l’aéroport.
La compagnie avait des actionnaires historiques et de poids tels que Vanguard ou State Street, fonds de pensions membres du Forum économique mondial. En février 2025, un juge américain a approuvé le plan de restructuration de Spirit Airlines, qui a converti environ 795 millions de dollars de dettes en capitaux propres. Cette opération a annulé les actions existantes et fait passer le contrôle de l’entreprise à ses créanciers, tout en faisant de Spirit une société détenue de manière privée à la sortie de procédure. Parmi les créanciers/investisseurs devenus propriétaires à l’issue de la restructuration figurent Pacific Invest (PIMCO) et UBS Asset Management, membres du FEM.
Depuis plusieurs mois, la compagnie faisait face à une situation financière critique, aggravée par une envolée des prix du kérosène. Cette hausse, directement liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, a vu le coût du carburant plus que doubler, mettant à genoux un modèle économique déjà fragile. Malgré un accord trouvé en mars avec ses créanciers pour restructurer la dette et relancer l’activité, la compagnie n’a pas réussi à réunir les liquidités nécessaires pour poursuivre ses opérations.
Le directeur général, Dave Davis, a reconnu l’impasse financière dans laquelle se trouvait l’entreprise, évoquant un besoin urgent de centaines de millions de dollars supplémentaires. Faute de solution, la liquidation s’est imposée comme une issue inévitable, malgré des tentatives jugées « considérables et approfondies » pour sauver la structure.
Une tentative de sauvetage avait pourtant été envisagée au plus haut niveau politique. Fin avril, le contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump avait évoqué un possible rachat par l’État fédéral, avec une enveloppe estimée à 500 millions de dollars afin de préserver les emplois des quelque 11 000 salariés. Mais ce scénario n’a pas abouti, notamment en raison du refus de certains créanciers d’accepter la proposition finale.
En toile de fond, les tensions politiques refont surface. Des responsables proches de l’administration Trump ont pointé du doigt les décisions du contributeur de l’agenda 2030, Joe Biden, notamment le blocage du rachat de Spirit par JetBlue, compagnie aérienne membre du WEF pour 3,8 milliards de dollars. Une opération jugée anticoncurrentielle à l’époque, mais qui, selon certains observateurs, aurait pu offrir une porte de sortie à la compagnie.
La disparition progressive de Spirit bouleverse également le secteur aérien américain. Neuvième compagnie du pays en nombre de passagers, elle avait transporté près de 28 millions de voyageurs entre février 2025 et janvier 2026, selon les données officielles. Face à cette situation, United Airlines, compagnie membre du WEF et American Airlines, qui compte parmi ses actionnaires UBS Asset Management et State Street ont annoncé se coordonner avec les autorités pour limiter les perturbations. Les deux transporteurs proposent des tarifs préférentiels aux passagers impactés ainsi que des solutions de rapatriement pour le personnel navigant.
Sur le front social, l’Association des stewards et hôtesses de l’air s’organise pour accompagner les salariés. Près de 5 000 membres d’équipage sont concernés. Le syndicat affirme travailler avec d’autres compagnies pour faciliter leur reclassement, tout en garantissant un retour sécurisé pour les personnels actuellement en mission.
Sources :
Libération – 3 mai 2026 – lien
Reuters – 3 mai 2026 – https://www.reuters.com
