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Charles Alloncle. Photo : capture d'écran de BFMTV

Refonte de France TV : France 4 supprimée, France 5 fusionnée, le plan Alloncle dévoilé

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Le rapport de Charles Alloncle sur l’audiovisuel public, adopté de justesse le 27 avril 2026, prévoit un milliard d’euros d’économies sur France Télévisions. Parmi les 80 propositions du document de 300 pages, certaines menacent directement l’existence de chaînes emblématiques : suppression de France 4, fusion de France 5 et France 2, rapprochement de franceinfo et France 24, disparition du Mouv’ et de France TV Slash.

Après cinq mois d’auditions à huis clos, le rapport rédigé par le député UDR Charles Alloncle, partisan de la droite conservatrice, a fuité avant même son adoption officielle. Les sources proches de la commission parlent d’un plan d’économies à hauteur d’un milliard d’euros ciblant France Télévisions. Ce chiffre, qui représente une part significative du budget du groupe public, traduit une volonté de réforme radicale du paysage audiovisuel français, jugé trop coûteux et trop dispersé par le rapporteur.

France 4 supprimée, France 5 et France 2 fusionnées

Parmi les mesures les plus spectaculaires figure la suppression de France 4, chaîne historiquement dédiée à la jeunesse et à la culture. Le rapport propose également de fusionner France 5 et France 2 pour créer une « grande chaîne généraliste », réduisant ainsi le nombre d’antennes du groupe. Dans le domaine de l’information en continu, Charles Alloncle envisage un rapprochement entre franceinfo et France 24, deux chaînes aux positionnements complémentaires mais aux structures distinctes. La plateforme numérique France TV Slash, dédiée aux contenus innovants, ainsi que la radio le Mouv’ seraient également supprimées dans ce schéma de refonte.

Le sport public dans le viseur

Le sport constitue un autre volet majeur du plan. France Télévisions est un diffuseur incontournable d’événements sportifs populaires : Jeux olympiques, Tour de France, Roland-Garros, Coupe du monde de football. Le rapport Alloncle propose de couper d’un tiers les moyens consacrés à cette couverture, une mesure susceptible de remettre en cause l’accès gratuit à des compétitions suivies par des millions de téléspectateurs. Cette proposition a immédiatement suscité des réactions vives de la part des associations de défense du service public.

Un retour à la nomination présidentielle des dirigeants

Sur la gouvernance, le rapport préconise un retour à un mode de désignation des dirigeants de France Télévisions et de Radio France par le président de la République, après avis du Parlement et validation de l’Arcom. Cette pratique, abandonnée en 2013 pour garantir l’indépendance de l’audiovisuel public vis-à-vis du pouvoir exécutif, est critiquée par les syndicats et les défenseurs du service public comme une remise en cause dangereuse des acquis démocratiques. Les partisans du rapport y voient au contraire une clarification des responsabilités politiques.

Cette orientation a également ravivé des critiques plus larges sur l’influence idéologique entourant les travaux de la commission. Certains observateurs, syndicats et acteurs du secteur audiovisuel évoquent un risque d’alignement avec des intérêts privés ou des visions portées par certains groupes médiatiques. Le nom de Vincent Bolloré est notamment cité dans le débat public, en raison de son poids dans le paysage médiatique français. Aucune preuve directe d’une influence de son écosystème sur le rapport n’a toutefois été établie à ce stade, mais ces interrogations participent à la controverse entourant les conclusions du document.

Du côté de la droite et du groupe Bolloré, ce sont plutôt les liens des cadres de France Télévsion avec la gauche qui sont pointés, ainsi que la gestion dispendieuse de la direction.

Le rapport Alloncle sera officiellement publié le 4 mai 2026. On n’en saura plus à ce moment là, même si son rapporteur a déjà eu l’occasion de faire des commentaires dans les médias.

Source : Les Numériques

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