Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp membre du Forum économique mondial a annoncé le 23 avril 2026 le licenciement de 8 000 employés, soit 10% de ses effectifs mondiaux. L’objectif affiché : financer un budget IA de 135 milliards de dollars en 2026. Cette vague porte à plus de 30 000 le total des suppressions de postes chez Meta en trois ans et demi.
L’annonce a été faite en interne le 23 avril par Janelle Gale, directrice des ressources humaines du groupe. Outre les 8 000 licenciements effectifs, Meta abandonne également 6 000 postes vacants qu’il ne cherchera pas à pourvoir. Les suppressions de postes touchent l’ensemble des entités du groupe – Facebook, Instagram, WhatsApp et les opérations centrales. Les départs effectifs sont prévus à partir du 20 mai 2026.
135 milliards de dollars pour l’IA en 2026
La justification officielle tient en quelques mots : “gérer l’entreprise plus efficacement et compenser les investissements du groupe”, selon Janelle Gale. Ces investissements sont massifs : entre 115 et 135 milliards de dollars prévus en 2026, en grande partie pour les capacités en intelligence artificielle. Un accord signé fin février avec AMD portait sur l’achat de millions de puces pour au moins 60 milliards de dollars. L’IA générative, les agents automatisés et l’infrastructure nécessaire à leur déploiement absorbent une part croissante des ressources du groupe.
L’IA responsable des licenciements ?
La DRH de Meta n’a pas désigné l’IA comme cause directe des suppressions de postes. Mais l’équation est lisible : les outils d’IA remplacent progressivement des fonctions humaines dans la modération de contenu, le service client, le développement logiciel et l’analyse de données. Les 8 000 emplois supprimés représentent autant de postes que Meta estime pouvoir automatiser ou rendre redondants grâce à ses propres investissements technologiques.
Un bilan social lourd depuis 2022
Cette vague de licenciements est la dernière d’une série entamée en 2022 lors de ce que le contributeur de l’agenda 2030, Mark Zuckerberg avait appelé l’“année d’efficacité.” Le total dépasse désormais 30 000 suppressions de postes en trois ans et demi, dans un groupe qui compte environ 70 000 salariés. Le paradoxe est saisissant : Meta annonce des profits records et des investissements colossaux, tout en réduisant massivement ses effectifs humains.
Le cas Meta illustre une tendance de fond dans la tech mondiale : les géants du numérique utilisent les gains de productivité liés à l’IA non pour maintenir leurs effectifs mais pour les réduire, concentrant la valeur créée dans les mains des actionnaires. La question de la redistribution des gains de l’automatisation reste entière.
Source : Les Numériques
