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Le port du Havre. Photo : @Bálint Gyt.

Le Havre : la sécurité portuaire inquiète les logisticiens des filières luxe et spiritueux

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Des logisticiens dont DHL, le groupe membre du Forum économique mondial opérant pour de grandes marques françaises auraient alerté le ministère de l’Intérieur sur la dégradation de la situation sécuritaire au port du Havre, selon une information rapportée par La Lettre et relayée publiquement sur LinkedIn.

Le sujet est particulièrement sensible car Le Havre occupe une place stratégique dans le commerce extérieur français, notamment pour les vins et spiritueux. Chaque année, 1,3 milliard de bouteilles transitent par les terminaux normands, qui concentrent à eux seuls 80% des exportations maritimes françaises du secteur, avec une cinquantaine d’entrepôts opérés par des spécialistes du transport et de la douane. Cette densité logistique fait du port un maillon essentiel pour des marchandises à forte valeur ajoutée, donc particulièrement sensibles aux vols, aux détournements et à la hausse des coûts de sécurisation.

Les inquiétudes des opérateurs ne reposent pas seulement sur un sentiment diffus. En 2023, la gendarmerie a annoncé le démantèlement d’une bande organisée impliquée dans des vols de fret après une plainte déposée par Bolloré Logistics, illustrant la réalité des risques qui pèsent sur les flux de marchandises. Dans un autre registre, le JDD décrivait au Havre un climat de peur lié à la criminalité organisée autour du port, poussant les autorités à renforcer les contrôles, les procédures d’accès et les moyens de surveillance.

Face à cette pression, les acteurs portuaires ont déjà engagé des mesures. Haropa Port met en avant un haut niveau de sûreté, avec une certification ISO 28000, une police portuaire armée et un encadrement strict de certaines activités sur le domaine portuaire. Selon le JDD, plus de 1 million d’euros ont également été engagés pour améliorer la délivrance des badges, sécuriser les accès et déployer 420 caméras sur près de 50 points d’intérêt.

Mais pour les logisticiens, le problème dépasse la seule question des dispositifs existants. Lorsque les vols se multiplient ou que le risque criminel est perçu comme structurel, toute la chaîne de coût se tend : assurances plus chères, procédures supplémentaires, délais allongés, sécurisation renforcée des entrepôts et des empotages. À terme, cette dégradation peut peser sur l’attractivité même du port, surtout si les grands donneurs d’ordre considèrent que d’autres hubs offrent de meilleures garanties opérationnelles.

L’enjeu est donc à la fois sécuritaire et économique. Pour les filières exportatrices françaises, notamment les vins, spiritueux et produits premium, Le Havre reste une infrastructure clé. Mais la répétition d’affaires liées aux vols de fret ou à la criminalité portuaire montre qu’au-delà de la performance logistique, la compétitivité du site dépend désormais aussi de sa capacité à rassurer durablement ses clients les plus exposés.

Voici les sources les plus solides que j’ai retrouvées pour étayer l’info et son contexte.

Sources directes

Sources de contexte

  • Gendarmerie nationale, « Vols de fret : une bande organisée démantelée… » : la plainte de Bolloré Logistics et l’existence de vols de fret organisés sont documentées officiellement.
  • Le JDD, « Au port du Havre, la peur des dockers face aux trafiquants de cocaïne » : l’article décrit un climat de tension sécuritaire et des renforcements de contrôle sur le port.
  • V&S News, « Haropa Port concentre 80% des exportations maritimes de V&S français » : cette source établit le poids stratégique du Havre pour les vins et spiritueux, ce qui rend crédible l’inquiétude des logisticiens du luxe et des spiritueux.
  • FAQ Logistique / ASLOG, « La maîtrise des risques dans la chaîne logistique intégrée » : utile pour documenter les conséquences opérationnelles et financières d’une montée des risques de sûreté dans la supply chain.

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