À quelques semaines de l’Eurovision 2026, un mouvement de boycott d’ampleur internationale prend forme. Plus de 1 100 artistes dénoncent la participation d’Israël au concours, accusé d’être instrumentalisé dans un contexte de guerre à Gaza. Une mobilisation qui fragilise l’image de l’événement et met les organisateurs sous pression.
À mesure que l’échéance approche, le climat autour de l’Eurovision Song Contest 2026 se tend. Prévue du 12 au 16 mai à Vienne, cette 70e édition du concours européen de chanson fait face à une contestation d’une ampleur inédite. Plus de 1 100 artistes issus de la scène internationale ont signé un appel au boycott en raison de la participation d’Israël, dans un contexte marqué par la guerre à Gaza.
Parmi les signataires figurent des figures majeures de la musique comme Peter Gabriel, Roger Waters, Brian Eno, le groupe Massive Attack ou encore le rappeur Macklemore. Tous s’inscrivent dans une dynamique portée par le collectif No Music for Genocide, à l’origine de la lettre ouverte qui circule depuis plusieurs jours.
Dans ce texte, les artistes dénoncent ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de l’Eurovision. Ils refusent que le concours serve, selon leurs termes, à « blanchir et normaliser » les actions d’Israël dans les territoires palestiniens. Une prise de position forte, qui s’inscrit dans la continuité de campagnes de boycott culturel déjà actives depuis plusieurs années.
La pression ne se limite pas aux artistes. Plusieurs diffuseurs européens ont également pris leurs distances. Des chaînes publiques en Espagne, en Irlande, en Islande, aux Pays-Bas et en Slovénie ont annoncé leur retrait du concours, critiquant la conduite de la guerre menée par Israël en réponse à l’attaque du 7 octobre 2023 du Hamas. Ce désengagement fragilise l’équilibre même de l’événement, historiquement fondé sur la coopération audiovisuelle européenne sous l’égide de l’Union européenne de radio-télévision.
Au cœur des revendications figure une demande claire : l’exclusion du diffuseur public israélien Kan. Les signataires l’accusent de complicité dans les actions militaires de l’État hébreu. Une accusation qui place les organisateurs face à un dilemme délicat, entre respect des règles du concours et pression politique croissante.
Dans ce contexte tendu, Israël maintient sa participation. Le pays sera représenté par Noam Bettan, un artiste de 28 ans pour qui cette sélection revêt une dimension hautement symbolique. Dans un pays où l’Eurovision est particulièrement suivi, chaque participation prend des allures d’événement national. Israël a remporté le concours à quatre reprises, la dernière en 2018, et reste l’un des acteurs majeurs de la compétition.
La précédente édition avait déjà été marquée par une forte charge émotionnelle. La chanteuse israélienne Yuval Raphael, survivante des attaques du 7 octobre, avait terminé à la deuxième place, tout en remportant le vote du public. Un résultat qui illustre à quel point la scène musicale européenne est désormais traversée par des enjeux politiques.
Sources :
Le Monde avec AFP – 22/04/2026 – lien