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Jacques Attali à Davos 2013. Photo : @Moritz Hager/WEF

Jacques Attali : « L’augmentation du prix du pétrole est une bonne nouvelle »

Alors que la flambée des prix du pétrole suscite inquiétudes et tensions, le contributeur de l’agenda 2030, Jacques Attali défend une position à rebours du consensus : cette hausse pourrait constituer une opportunité stratégique majeure pour engager plus rapidement la transition écologique.

Dans une vidéo publiée ce matin dans Les Échos, l’économiste et chroniqueur affirme que l’augmentation du prix du pétrole peut être « une bonne nouvelle », à condition de repenser en profondeur la réponse politique qui y est apportée.

Cinquante ans de réponses jugées inefficaces

Depuis les chocs pétroliers des années 1970, les gouvernements ont adopté une approche relativement constante : amortir l’impact des hausses sur les consommateurs. Subventions, boucliers tarifaires, baisses de taxes… autant de dispositifs destinés à contenir les effets immédiats de la volatilité des prix.

Mais pour Jacques Attali, cette stratégie constitue une erreur de fond. En cherchant à neutraliser les signaux économiques, les pouvoirs publics retardent les ajustements nécessaires.

Selon lui, la hausse du prix des énergies fossiles n’est pas un accident conjoncturel, mais une tendance structurelle. À la fois pour des raisons écologiques et économiques, leur consommation est appelée à diminuer fortement.

Un levier pour accélérer la transition

Plutôt que de compenser systématiquement les hausses, l’économiste plaide pour une autre logique : utiliser ces moments de tension comme des leviers d’accélération.

La hausse des prix pourrait ainsi inciter à investir davantage dans les alternatives, qu’il s’agisse des énergies renouvelables ou du nucléaire. Elle agirait comme un signal fort, encourageant les États, les entreprises et les particuliers à réduire leur dépendance aux énergies fossiles.

Une opportunité, selon lui, qui n’a « jamais été suffisamment exploitée ».

Une condition essentielle : la justice sociale

Jacques Attali insiste toutefois sur un impératif : cette transition ne peut être acceptée que si elle est socialement équitable.

Certaines catégories de population, notamment celles qui utilisent le pétrole dans un cadre professionnel, ne disposent pas d’alternatives immédiates. Il est donc indispensable de mettre en place des dispositifs ciblés pour garantir leur accès à l’énergie.

L’enjeu n’est pas de supprimer toute aide, mais de la rendre plus juste et plus efficace, en évitant les mécanismes généralisés qui atténuent l’effet incitatif de la hausse des prix.

Une compétition mondiale déjà engagée

Dans cette perspective, Jacques Attali souligne que certains pays ont déjà pris de l’avance. Il cite notamment la Chine, qui investit massivement dans les énergies non fossiles et prépare ainsi une moindre dépendance aux fluctuations du pétrole.

Ce positionnement stratégique pourrait, à terme, lui offrir un avantage économique et géopolitique significatif, selon Attali.

Au fond, la thèse défendue par Jacques Attali repose sur un changement de regard. Là où la hausse des prix est traditionnellement perçue comme une menace à contenir, elle pourrait devenir un outil de transformation, estime-t-il. Reste à voir ce qu’en pensent les consommateurs.

Jacques Attali est un habitué de ce genre de déclaration. En 2021? il avait déclaré sur le plateau de BFM Businness : “Une inflation brutale, ça protège davantage ceux qui empruntent que ceux qui épargnent […] Si c’est bien gérée, ça peut être un facteur de renouveau formidable”

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