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Patrick Balkany. Photo : @Lélapine31

Balkany : trois ans de prison dont 18 mois ferme requis à Nanterre

Le parquet de Nanterre a requis mercredi 8 avril 2026 une peine de trois ans de prison dont 18 mois ferme à l’encontre de Patrick Balkany, l’ancien maire de Levallois-Perret jugé pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts. Une amende de 350 000 euros et dix ans d’inéligibilité ont également été demandés. Le délibéré est attendu pour le 28 mai prochain.

La procureure de la République a dressé un réquisitoire particulièrement circonstancié avant de réclamer une peine ferme. Après avoir, non sans ironie, salué la longévité politique de l’ancien édile, elle a détaillé les infractions qu’elle lui reproche d’avoir commises “durant toutes ces années”. Pour la magistrate, il existerait bien un véritable “système Balkany”, voire un “écosystème”, caractérisé par une omerta institutionnelle et par l’utilisation des deniers publics à des fins personnelles. C’est au sein de ce cadre qu’aurait été mis en place un emploi de complaisance au bénéfice de Renaud Guillot-Corail, un ancien collaborateur de la mairie.

Un emploi de complaisance au coeur de l’affaire

Renaud Guillot-Corail, décédé en 2020 et donc jamais interrogé dans le cadre de l’enquête, avait pris la direction d’une association satellite de la mairie de Levallois-Perret après son départ en retraite en 2012. Sa rémunération à ce poste s’élevait à 5 447 euros par mois pendant six ans. Combinée à sa retraite, cette somme lui procurait un revenu mensuel d’environ 11 500 euros. La procureure a passé plus d’une heure à démontrer, chiffres et documents à l’appui, que cet homme n’avait pas réellement exercé les fonctions pour lesquelles il était rémunéré, et que la structure avait été taillée sur mesure pour lui. Elle a également listé de nombreux avantages en nature financés par la carte bleue de l’association, parmi lesquels des voyages en République dominicaine, en Guadeloupe et à Cuba, sans lien apparent avec l’activité associative.

Balkany conteste avec véhémence

Face à ces accusations, Patrick Balkany a maintenu une ligne de défense intransigeante. A la barre, il a vivement contesté la qualification d'”ami” attribuée à Renaud Guillot-Corail, lui préférant celle de “collaborateur”. Lors de ses derniers mots, l’ancien édile, visiblement amaigri, a déclaré être “très serein” et “totalement innocent”. Il a rappelé avoir exercé ses fonctions de maire pendant 31 ans sans jamais recourir à un emploi fictif pour ses proches. Son avocat, Robin Binsard, a plaidé en faveur d’une relaxe totale dans une plaidoirie énergique. La décision du tribunal correctionnel de Nanterre est attendue le 28 mai 2026 à 13h30.

Un autre procès dans la foulée

L’affaire jugée cette semaine n’est pas la seule qui occupe Patrick Balkany devant le tribunal de Nanterre. L’ancien maire devait également comparaître dans une seconde procédure, portant cette fois sur l’utilisation d’agents municipaux comme chauffeurs personnels, également qualifiée de détournement de fonds publics. L’audience a toutefois été suspendue jusqu’au jeudi matin suivant, après que Balkany a indiqué ne plus être en état de “poursuivre les débats”. Une formulation qui illustre l’état de fatigue et de pression dans lequel se trouve l’ancien élu, coutumier des prétoires depuis plusieurs années.

Cette nouvelle affaire s’ajoute à un lourd casier judiciaire. Patrick Balkany avait déjà été condamné dans l’affaire dite des “avoirs mal déclarés”, purgé une peine de prison et obtenu certaines révisions en appel. L’issue du délibéré du 28 mai dira si la justice confirme ou invalide la lecture du parquet sur ce nouveau volet de ce que la procureure n’hésite pas à appeler le “système Balkany”.

Source : BFM TV

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