Cécile Kohler et Jacques Paris ont quitté l’Iran ce mardi, mettant fin à plus de trois ans et demi de détention. Ces deux enseignants français, arrêtés le 7 mai 2022 lors d’un voyage touristique, avaient été accusés d’espionnage par Téhéran. Leur libération marque l’aboutissement d’un combat diplomatique et familial acharné, salué comme une victoire par leurs proches et les autorités françaises.
Cécile Kohler, 41 ans, agrégée de lettres modernes, et Jacques Paris, 72 ans, agrégé de mathématiques et retraité, partageaient une passion commune pour la littérature, la poésie et les voyages. C’est animés de ce désir d’explorer le monde qu’ils s’étaient envolés pour l’Iran au printemps 2022. Leur arrestation, le 7 mai, survient au dernier jour de ce périple touristique. Les autorités iraniennes les accusent d’espionnage, un chef d’inculpation régulièrement utilisé par Téhéran contre des ressortissants étrangers, notamment occidentaux.
Incarcérés dans la sinistre prison d’Evine, établissement réputé pour ses conditions d’emprisonnement dures et sa population de détenus politiques, Cécile Kohler et Jacques Paris ont vécu plus de trois années dans des conditions éprouvantes. Cécile, privée de livres pendant une grande partie de sa détention, a fêté son 41e anniversaire le 25 septembre 2025 derrière les barreaux – le quatrième dans ce pays qu’elle rêvait de visiter depuis des années, comme le confiait sa soeur Noémie à l’AFP.
Une famille mobilisée, une diplomatie discrète
Libérés de la prison d’Evine en novembre 2025 après trois ans et demi de captivité, les deux enseignants n’étaient pas encore sortis d’affaire : ils demeuraient assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran depuis. C’est depuis ce refuge diplomatique qu’ils ont finalement pu prendre leur envol ce mardi pour retrouver la France.
Deux enseignants engagés, une arrestation instrumentalisée
Au-delà de leur métier, Cécile Kohler et Jacques Paris étaient tous deux des militants syndicaux reconnus au sein de Force Ouvrière. Cécile occupait encore au moment de son arrestation le poste de responsable des relations internationales pour la Fédération de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle (FNEC FP-FO). Les autorités iraniennes ont utilisé cet engagement pour alimenter leurs accusations, affirmant que le couple avait rencontré des syndicalistes iraniens lors de leur séjour – une version fermement contestée par leur entourage.
Un dénouement qui interroge sur les prises d’otages diplomatiques
La libération de Cécile Kohler et Jacques Paris intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la France et l’Iran, où plusieurs ressortissants occidentaux ont été retenus ces dernières années dans des conditions similaires. Les organisations de défense des droits humains qualifient régulièrement ces pratiques de “prise d’otages diplomatique”, un levier utilisé par Téhéran dans ses négociations avec les puissances occidentales. Leur retour en France clôt trois années et demie d’angoisse pour leurs familles et leurs proches.
Cécile Kohler avait prévu de rejoindre Nantes en septembre 2022 pour se rapprocher de Jacques Paris. C’est finalement à une rentrée bien différente qu’ils vont désormais faire face – celle d’une vie retrouvée, loin des murs de la prison d’Evine.