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Liban : l’offensive israélienne ouvre une nouvelle phase de guerre au sud du pays

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L’armée israélienne accélère son avancée au Liban-Sud, gagnant du terrain à un rythme inédit depuis l’automne 2024. En quelques semaines, ses forces ont pénétré profondément dans plusieurs secteurs stratégiques, avec un objectif annoncé : isoler et encercler le Hezbollah. Une stratégie militaire progressive qui s’appuie sur la prise de hauteurs et la destruction d’infrastructures clés.

L’offensive israélienne au Liban-Sud s’inscrit désormais dans une dynamique de guerre ouverte, bien au-delà des échanges de tirs sporadiques observés ces derniers mois. Depuis le début du mois de mars, l’armée israélienne a engagé une opération terrestre d’envergure, soutenue par des frappes aériennes intensifiées, visant les positions du Hezbollah dans le sud du Liban, mais également dans des zones plus en profondeur, y compris la banlieue sud de Beyrouth.

Sur le terrain, la progression israélienne est rapide et méthodique. En l’espace de trois semaines, les forces israéliennes ont avancé jusqu’à près de huit kilomètres à l’intérieur du territoire libanais dans le secteur est, notamment dans le caza de Marjeyoun. Une avancée notable, bien plus rapide que lors de l’offensive terrestre de l’automne 2024, qui n’avait pas permis d’atteindre une telle profondeur stratégique en deux mois de combats.

Cette progression s’appuie sur une doctrine militaire claire : s’emparer des hauteurs, notamment des collines, afin de contrôler les axes environnants, avant de descendre vers les vallées, où les combattants du Hezbollah disposent de positions plus diffuses. Le front ne se limite toutefois pas à l’est. Dans les cazas de Bint Jbeil et de Tyr, les opérations s’intensifient également, dessinant une manœuvre d’encerclement progressive destinée à isoler les unités du Hezbollah et à rompre leurs lignes logistiques.

Les combats se sont notamment durcis autour de localités stratégiques proches de la frontière, comme Khiam, où le Hezbollah affirme avoir mené des affrontements directs avec les forces israéliennes. Cette évolution marque un tournant : le conflit glisse d’une guerre d’usure à des engagements terrestres plus frontaux, traduisant une montée en intensité assumée par les deux camps.

En parallèle, Israël met en œuvre une stratégie de « défense avancée », visant à repousser la menace loin de ses localités du nord. L’objectif, tel que relayé par plusieurs sources concordantes, serait la création d’une zone tampon au-delà de la frontière, susceptible de s’étendre sur plusieurs kilomètres en territoire libanais. Cette ambition s’accompagne d’ordres d’évacuation massifs adressés aux populations civiles, sur une profondeur pouvant atteindre 40 kilomètres, notamment au nord du fleuve Litani.

La destruction ciblée des infrastructures constitue un autre pilier de cette offensive. Les ponts enjambant le Litani ainsi que plusieurs axes de circulation ont été frappés, dans le but manifeste de perturber les mouvements du Hezbollah et de freiner l’acheminement de combattants et d’équipements. Une stratégie classique de guerre de mobilité, qui vise à désorganiser l’adversaire tout en consolidant l’emprise territoriale.

Cette intensification militaire suscite une vive inquiétude sur le plan international. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a indiqué le 4 mars dernier avoir observé des mouvements militaires israéliens dans plusieurs secteurs, notamment près d’El Khiam, Beit Lif, Yaroun, Houla, Kfar Kila et Kfar Shouba, tout en rappelant que ces opérations violaient la résolution 1701 du Conseil de sécurité ainsi que la souveraineté territoriale du Liban.

La veille déjà, la FINUL avait rapporté que des soldats israéliens avaient franchi la Ligne bleue près de Markaba, Al-Adeisse, Kfar Kela et Ramyah avant de regagner le sud de la frontière, et souligné qu’Israël maintenait depuis le précédent conflit cinq positions et deux zones tampons à l’intérieur du territoire libanais, également en violation de la résolution 1701 . Dans le même temps, l’ONU a également recensé des dizaines de roquettes et missiles tirés depuis le Liban vers Israël, attribués au Hezbollah, ainsi que plusieurs frappes aériennes et des centaines d’incidents de tirs transfrontaliers en l’espace de deux jours .

L’état-major israélien justifie cette offensive par la nécessité de neutraliser durablement les capacités militaires du Hezbollah et de protéger les populations du nord d’Israël. Mais au-delà de cet objectif sécuritaire, plusieurs responsables évoquent une transformation durable de la zone frontalière, alimentant les craintes d’une occupation prolongée ou d’un redécoupage militaire de facto du sud du Liban.

Pour le Liban, le coût humain et matériel ne cesse de s’alourdir. Près de 900 morts avaient déjà été recensés à la mi-mars selon des chiffres relayés par France 24, un bilan appelé à évoluer à mesure que les opérations s’intensifient et que les zones civiles sont de plus en plus exposées aux combats.

De plus, des vidéos de drones semblant émaner du Hezbollah tendent à démontrer la violence des combats.

Cette séquence ravive le spectre d’une guerre longue, destructrice et difficilement contenable. Il ne s’agit plus pour Israël de répondre ponctuellement à des tirs, mais d’imposer une profondeur sécuritaire par la force, quitte à transformer durablement l’équilibre militaire le long de la frontière. En face, le Hezbollah cherche à maintenir sa capacité de riposte et à démontrer qu’il demeure un acteur militaire incontournable.

Reste une inconnue majeure : jusqu’où cette escalade peut-elle aller ? Car l’offensive israélienne au Liban dépasse désormais le cadre strictement bilatéral. Elle s’inscrit dans une confrontation régionale plus large, où s’entremêlent rivalités entre Israël et l’Iran, tensions au Moyen-Orient et risque d’embrasement généralisé.

Sources :
L’Orient-Le Jour – 27 mars 2026 – https://www.lorientlejour.com
Le Monde – mars 2026 – https://www.lemonde.fr
France 24 – mars 2026 – https://www.france24.com

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