Lors de son passage sur BFMTV et RMC ce matin, David Lisnard n’a pas seulement annoncé son départ des Républicains, il a livré une charge frontale contre la ligne et le fonctionnement du parti. Entre critiques politiques, accusations internes et appel à une recomposition de la droite, le maire de Cannes acte une rupture qu’il juge désormais inévitable.
Invité de la matinale, David Lisnard a confirmé son intention de quitter LR, tout en précisant vouloir en informer d’abord Bruno Retailleau, qu’il doit rencontrer dans la journée. Mais au fil de l’entretien, l’ambiguïté s’est dissipée. « Oui, je pense », a-t-il reconnu, avant d’affirmer plus clairement encore qu’il n’avait « plus rien à faire chez LR ».
Cette décision s’inscrit dans un désaccord de fond avec la ligne du parti. Lisnard dénonce un manque de cap, martelant une formule devenue centrale dans son argumentaire : « aucune lisibilité, aucune cohérence, aucune constance ». Il cite notamment le vote de confiance à François Bayrou, l’abandon de la réforme des retraites et les hésitations sur la participation au gouvernement.
Une attaque directe contre le fonctionnement interne
Au-delà des divergences politiques, c’est le fonctionnement même des Républicains que David Lisnard met en cause. Il accuse le parti d’avoir organisé un « vote biaisé », allant jusqu’à parler de « vote truqué » concernant les modalités de désignation du futur candidat à la présidentielle.
Selon lui, le dispositif proposé mélange des questions de nature différente, entre choix de primaire fermée, primaire ouverte et désignation directe d’un candidat. Une méthode qu’il juge « pas honnête » et incohérente. « Une primaire, c’est forcément ouvert », insiste-t-il, rejetant les formulations intermédiaires avancées par la direction du parti.
Cette critique va au-delà d’un simple désaccord technique. Elle traduit une défiance plus profonde vis-à-vis des instances dirigeantes et de la transparence interne.
Une stratégie de recomposition de la droite
La sortie de David Lisnard s’inscrit aussi dans une vision plus large. Depuis plusieurs mois, il plaide pour une refondation de la droite française. Lors de son intervention, il a de nouveau défendu l’idée d’une « grande primaire ouverte », dépassant le cadre des Républicains et incluant l’ensemble des forces de droite, y compris Reconquête.
Cette proposition vise à recréer une dynamique politique, mais elle souligne aussi son isolement au sein de LR. En quittant le parti, Lisnard se donne les moyens de porter cette ligne de manière autonome.
Une légitimité renforcée sur le plan local
Le timing de cette annonce n’est pas anodin. Réélu largement à Cannes dès le premier tour, David Lisnard bénéficie d’une assise politique solide. Cette position lui permet de prendre ses distances avec Les Républicains sans fragiliser sa crédibilité.
Désormais identifié à son mouvement « Nouvelle Énergie », tout en restant président de l’Association des maires de France, il amorce un repositionnement qui pourrait peser dans les recompositions à venir.
Un symptôme des fractures de la droite
Au fil de son intervention, une idée s’impose : pour David Lisnard, les difficultés des Républicains ne sont pas circonstancielles mais structurelles. L’absence de ligne claire, les tensions internes et les choix stratégiques contestés traduisent, selon lui, une incapacité à incarner une alternative politique cohérente.
Son départ constitue ainsi un signal fort dans un paysage politique déjà fragmenté. Il pourrait accélérer les recompositions à droite, à l’approche des prochaines échéances nationales.
Source : BFM