Le gouvernement néo-zélandais a officiellement refusé les amendements du Règlement sanitaire international proposés par l’OMS, l’agence onusienne membre du Forum économique mondial. Une décision politique forte, portée par le ministre des Affaires étrangères Winston Peters, qui relance le débat sur l’équilibre entre coopération mondiale et souveraineté nationale en matière de santé. Ce choix intervient dans un contexte international marqué par les leçons encore vives de la pandémie de Covid-19.
La Nouvelle-Zélande a tranché. Le 17 mars 2026, Wellington a officiellement notifié à l’Organisation mondiale de la santé son refus d’adopter les amendements au Règlement sanitaire international (RSI), cadre juridique central de la coopération mondiale en matière de prévention et de gestion des pandémies. Une décision assumée au plus haut niveau de l’État, qui marque un tournant dans la position du pays vis-à-vis des mécanismes multilatéraux de santé publique.
À l’origine de cette orientation, le ministre des Affaires étrangères Winston Peters, figure clé de la coalition au pouvoir, a revendiqué une ligne claire : maintenir la souveraineté nationale sur les décisions sanitaires. Dans un message publié sur X, il affirme que les choix concernant « la santé des Néo-Zélandais doivent être pris à Wellington, et non à Genève ».
Une formule directe, presque brutale, qui résume la philosophie politique sous-jacente à ce rejet alors que de nombreuses personnalités telles que le journaliste américain, James Roguski, le Dr German Velasquez, ancien cadre de l’OMS ou encore Elon Musk dénoncent un traité menaçant la souveraineté des nations.
Le RSI, adopté en 2005 et révisé en 2024, constitue pour l’instant le principal instrument international destiné à encadrer la gestion des crises sanitaires transfrontalières. La modification a déjà renforcer le rôle de l’OMS au sein de l’architecture sanitaire mondiale Les amendements récents visaient notamment à renforcer la réactivité des États face aux menaces émergentes. Ils introduisent une définition formalisée de « l’urgence pandémique » et imposent aux pays signataires de notifier rapidement tout événement sanitaire potentiellement grave, souvent dans un délai de 24 heures. Dans le cadre du plan « Une seule santé », l’OMS peut également donner des directives aux Etats.
Le traité pandémique prévoit également un rôle accru pour le directeur général de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030, Tedros Adhanom Ghebreyesus, déjà tout puissant au sein de l’organisation onusienne, puisqu’il est habilité à déclarer des situations d’urgence internationale et nomme les experts chargés de le conseiller. Une telle déclaration entraînerait des obligations pour les États, allant de la mise en œuvre de mesures sanitaires — isolement, quarantaine, vaccination — à l’adaptation de leurs dispositifs législatifs nationaux. En contrepartie, les pays bénéficieraient d’un appui technique et d’une coordination renforcée à l’échelle mondiale.
C’est précisément ce mécanisme que critique une partie de la classe politique néo-zélandaise, qui y voit une forme d’ingérence potentielle. Le rejet des amendements figurait d’ailleurs parmi les conditions posées par le parti nationaliste, New Zealand First, pour rejoindre la coalition gouvernementale formée en 2023 avec le Parti national de centre droit et l’ACT qui représente la droite libertarienne. Une promesse électorale désormais concrétisée.
L’ancienne Première ministre néo-zélandaise de gauche, Jacinda Ardern, issue du programme Young Leaders du Forum économique mondial, qui vise à former des dirigeants capables de mettre en œuvre l’Agenda 2030 des Nations unies et du Forum, avait déclaré lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2022 qu’elle soutenait les efforts pour élaborer « un nouvel instrument juridique mondial en santé » ainsi que le renforcement du Règlement sanitaire international. Ardern a été l’une des premières dirigeantes mondiales à plaider pour que les leçons de la pandémie ne soient pas oubliées. Une note d’information officielle du ministère de la Santé de Nouvelle-Zélande daté de juillet 2022 évoque d’ailleurs les prochaines étapes de l’engagement du pays dans la création d’un futur traité international sur les pandémies.
La décision de la nouvelle coalition divise néanmoins les milieux scientifiques et médicaux. Certaines organisations, comme NZ Doctors Speaking Out with Science, saluent une victoire pour l’indépendance nationale. À l’inverse, plusieurs experts en santé publique contestent l’interprétation politique du traité. Helen Petousis-Harris, professeure associée à l’Université d’Auckland, par laquelle sont passés de nombreux contributeur de l’agenda 2030, tels que Alistair Woodward, Amanda Yates ou Sergei Gulyaev pour ne citer qu’eux, rappelle que le texte « réaffirme explicitement le contrôle des États sur leurs décisions sanitaires » et ne constitue pas une délégation de souveraineté.
Mais le débat dépasse largement les frontières néo-zélandaises. Dans ce contexte, la décision de Wellington pourrait faire école ou, à tout le moins, nourrir les débats dans d’autres démocraties, même si la plupart des pays sont dirigés par des contributeurs de l’agenda 2030, comme Emmanuel Macron, Keir Starmer, Pedro Sánchez…
Sources :
The Epoch Times – New Zealand Formally Rejects WHO Pandemic Treaty – lien
OMS – Amendements au Règlement sanitaire international 2024 – https://www.who.int
Reuters – Informations générales sur les politiques de santé mondiale – https://www.reuters.com