Au premier tour des élections métropolitaines à Lyon, les listes de droite soutenues par Jean-Michel Aulas et menées par Véronique Sarselli prennent l’avantage. Elles arrivent en tête dans neuf des quatorze circonscriptions et remportent déjà quatre territoires dès le premier tour. Face à elles, la gauche conduite par l’écologiste Bruno Bernard conserve plusieurs bastions mais devra compter sur d’éventuelles alliances pour espérer l’emporter au second tour.
Les Lyonnais et Grands Lyonnais ont déjoué tous les pronostics. Alors que la plupart des observateurs voyaient Jean-Michel Aulas s’emparer de la mairie de Lyon et l’écologiste, Bruno Bernard conserver la Métropole, c’est un autre scénario qui se dessine à l’issue de ce premier tour des municipales et des métropolitaines.
La bataille pour le contrôle de la Métropole de Lyon s’annonce en effet particulièrement serrée après le premier tour du scrutin métropolitain. Selon les résultats complets communiqués par la préfecture du Rhône, les listes de droite et du centre réunies derrière Véronique Sarselli et soutenues par l’ancien président de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas arrivent en tête dans neuf des quatorze circonscriptions de la collectivité.
La coalition « Grand Cœur lyonnais » décroche même quatre circonscriptions dès le premier tour : Porte des Alpes, Ouest, Val de Saône et Plateau Nord-Caluire, s’octroyant un nombre important de sièges au conseil métropolitain. À l’issue de ce premier tour, Véronique Sarselli dispose déjà de 30 sièges, contre seulement 4 pour Bruno Bernard et 2 pour Tiffany Joncour, candidate Union des droites et députée RN. Cette dernière valide même son accession au conseil métropolitain, se présentant dans la circonscription Porte des Alpes en tête de liste.
Ces résultats apparaissent comme un signal politique fort pour la droite locale qui ambitionne de reprendre les commandes de cette institution stratégique. Ils apparaissent également comme un désaveu qui était difficile à imaginer pour le président de la Métropole qui était a crédité d’une bonne gestion de la collectivité.
Ce rejet de la gauche semble s’être cristallisé dans les circonscriptions les plus éloignées du centre de Lyon, mais elle conserve toutefois un ancrage solide à Lyon. Ses listes arrivent en tête dans cinq circonscriptions, dont quatre situées à Lyon intra-muros et une à Villeurbanne. Ces résultats maintiennent donc un véritable suspense avant le second tour.
Un second tour sous tension
Le paysage politique pour le prochain tour s’annonce particulièrement fragmenté. Dans onze circonscriptions, les listes de La France insoumise ont franchi la barre des 10 % nécessaire pour se maintenir. Les listes du Rassemblement national ou de son allié UDR dépassent ce seuil dans sept circonscriptions.
Dans ces conditions, la plupart des territoires pourraient connaître des triangulaires, voire des quadrangulaires lors du second tour. Une configuration qui rend l’issue finale encore très incertaine.
La question des alliances pourrait s’avérer déterminante. Bruno Bernard a déjà indiqué qu’il n’excluait pas des accords avec La France insoumise afin de consolider le camp de la gauche. Une perspective vivement critiquée par la candidate de droite Véronique Sarselli, qui a dénoncé ce qu’elle qualifie d’« alliance de la honte entre les écologistes et LFI », une rhétorique déjà employé par Jean-Michel Aulas et par d’autres personnalités de droite east d’autres villes.
La maire de Sainte-Foy-lès-Lyon, réélue parallèlement dans sa commune avec 77 % des suffrages, s’est félicitée de la « dynamique » de son camp.
De son côté, Bruno Bernard reconnaît un second tour incertain mais estime que la victoire reste possible pour son camp.
Une collectivité stratégique
Créée en 2015, la Métropole de Lyon occupe une place centrale dans l’organisation territoriale française. Unique en son genre, cette collectivité regroupe 58 communes et près de 1,4 million d’habitants. Contrairement aux autres intercommunalités, son assemblée est élue directement au suffrage universel.
Dotée de compétences étendues — développement économique, voirie, collèges ou encore action sociale — elle dispose d’un budget annuel avoisinant les 4 milliards d’euros, bien supérieur à celui de la ville de Lyon elle-même.
Dans ce contexte, la conquête de la Métropole représente un enjeu politique majeur pour les forces locales. Si Jean-Michel Aulas a été devancé par l’écologiste Grégory Doucet dans la course à la mairie de Lyon, la bataille métropolitaine pourrait bien rebattre les cartes du pouvoir dans l’agglomération.
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