Le président et directeur général du Forum économique mondial, Borge Brende, a annoncé sa démission ce jeudi 26 février, après avoir été cité dans des documents liés à l’affaire Epstein. L’ancien ministre norvégien des Affaires étrangères affirme se retirer « après mûre réflexion ». Une enquête indépendante, diligentée par l’institution, conclut qu’aucun autre élément problématique n’a été identifié.
Coup de tonnerre dans les hauteurs feutrées de Davos. Le Forum économique mondial (WEF) a annoncé, jeudi 26 février, la démission de son président et directeur général, Borge Brende, cité dans des documents rendus publics dans le cadre de l’affaire Epstein. L’institution, organisatrice du rendez-vous annuel des élites politiques et économiques mondiales à Davos, précise que son dirigeant a choisi de « se retirer » et lui adresse sa « sincère reconnaissance » pour sa contribution.
Dans un communiqué, Borge Brende affirme avoir pris cette décision « après mûre réflexion ». L’ancien chef de la diplomatie norvégienne se dit « fier » du travail accompli à la tête du Forum, évoquant notamment l’accueil d’un « nombre record de nouveaux partenaires » et le succès de la dernière Assemblée annuelle. « Je suis reconnaissant de l’incroyable collaboration de mes collègues, partenaires et membres, et je suis convaincu que le Forum peut désormais poursuivre son travail essentiel en toute sérénité », écrit-il.
Des rencontres avec Jeffrey Epstein en 2018 et 2019
La décision intervient après la publication par la Maison Blanche d’une série de documents mentionnant des échanges entre Borge Brende et le financier américain Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels et retrouvé mort en 2019. Selon ces éléments, le dirigeant du WEF a rencontré Jeffrey Epstein à trois reprises en 2018 et 2019, et a échangé plusieurs courriels avec lui.
Dans l’un de ces messages, daté de septembre 2018, un assistant de Jeffrey Epstein écrit : « Bonjour Borge, j’espère que tu vas bien. Je te reconfirme que tu viendras dîner chez Jeffrey ce soir à 20h à son domicile : 9 East 71st Street, entre la 5e et Madison. » La réponse du patron du Forum est laconique : « Merci, j’ai hâte. » Un autre échange porte sur un repas organisé en juin 2019.
À la suite de ces révélations, le Forum économique mondial avait annoncé, début février, l’ouverture d’une enquête soit disent indépendante visant à examiner la nature des liens entre les deux hommes. « Notre objectif est de gérer cette question de manière réfléchie et efficace », indiquait alors l’organisation, même si de précédentes enquêtes, notamment celle qui visait le fondateur du WEF, Klaus Schwab ont été réalisé par des cabinets de conseils proches du Forum.
Un audit sans nouveaux éléments
Ce jeudi, le WEF précise d’ailleurs que l’audit indépendant, conduit par un cabinet d’avocats externe dont le nom n’a pas filtré, est désormais achevé. Ses conclusions indiquent qu’« aucun autre problème n’a été soulevé que ceux déjà divulgués ».
Dans l’immédiat, l’intérim à la présidence et à la direction générale sera assuré par Alois Zwinggi, dirigeant Suisse qui exerce des fonctions opérationnelles de longue date au sein du FEM. Le Conseil d’administration supervisera la transition et la mise en place d’un processus destiné à désigner un successeur permanent.
Sources :
Le Figaro – Article de Wladimir Garcin-Berson, 26 février 2026 – lien
Communiqué du Forum économique mondial – 26 février 2026 – https://www.weforum.org/