Après la mort de Quentin, militant nationaliste de 23 ans tué à Lyon, la tension politique monte à l’approche des municipales 2026. Jean-Michel Aulas a demandé que son portrait soit affiché sur l’hôtel de ville. Le maire écologiste Grégory Doucet a dénoncé une proposition « indécente » et « pas appropriée ».
La mort de Quentin, militant nationaliste de 23 ans lynché jeudi dernier à Lyon par plusieurs militants de l’ultragauche, continue de provoquer une onde de choc politique locale. Au-delà de l’enquête judiciaire, qui a conduit à la mise en examen de plusieurs personnes, dont l’assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, le drame s’est rapidement invité dans la campagne des municipales de 2026.
Dans une tribune publiée en exclusivité par actu Lyon, Jean-Michel Aulas, candidat déclaré à la mairie, a demandé à Grégory Doucet d’afficher le portrait du jeune homme sur le fronton de l’hôtel de ville. Une initiative qu’il présente comme un geste d’unité et d’hommage. Mais la réponse du maire écologiste ne s’est pas fait attendre.
Invité sur le plateau de BFMTV Lyon le 19 février, Grégory Doucet a dénoncé une proposition « pas appropriée » et relevant, selon lui, de « l’indécence ». « Dans la ville de Jean Moulin, la proposition de Jean-Michel Aulas relève de l’indécence », a-t-il déclaré, rappelant que Lyon est « la capitale de la Résistance ». Le maire a insisté sur la nécessité de respecter « le deuil de la famille », estimant qu’afficher le portrait d’un militant nationaliste sur l’hôtel de ville ne saurait constituer un geste rassembleur.
En coulisses, selon plusieurs sources locales, la majorité écologiste voit dans cette demande une tentative de récupération politique dans un contexte particulièrement sensible. À gauche, on dénonce une instrumentalisation électoraliste du drame, tandis que l’opposition assume vouloir poser un acte symbolique fort.
Tensions autour de la marche d’hommage
Le climat demeure tendu dans la capitale des Gaules. Une marche d’hommage à Quentin est prévue samedi. Grégory Doucet a réitéré sa demande d’interdiction de cette manifestation pour des raisons de sécurité. « Il n’est pas encore le moment de réunir des milliers de personnes à Lyon avec les risques de troubles à l’ordre public. Les commerçants et habitants sont très inquiets. Soyons prudents, le temps est à l’apaisement », a-t-il déclaré.
La décision finale revient à la préfète, qui n’avait pas encore tranché jeudi soir. Le dossier a été mis en arbitrage au ministère de l’Intérieur à Paris. Ce vendredi matin, Laurent Nunez a annoncé la tenue de cette manifestation.
Dans une ville marquée par son histoire résistante et régulièrement secouée par des tensions entre mouvances radicales, l’affaire dépasse désormais le cadre judiciaire. Elle s’impose comme l’un des premiers marqueurs politiques majeurs de la campagne municipale, où mémoire, ordre public et stratégie électorale s’entremêlent dans un climat déjà électrique.
Sources :
actu Lyon – 19 février 2026 – lien