Dans un entretien accordé à Radio J, le président ferancçais et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron a estimé que La France insoumise relève de « l’extrême gauche » et dénoncé en son sein des « expressions antisémites » contraires aux principes républicains. Le chef de l’État a également confirmé un projet de loi instaurant une peine d’inéligibilité obligatoire pour les élus condamnés pour propos ou actes antisémites. Des déclarations qui ont suscité de vives réactions dans l’opposition.
En qualifiant La France insoumise d’« extrême gauche », Emmanuel Macron a relancé le débat sur la cartographie politique française. Dans un entretien accordé à Radio J et diffusé le 15 février, le chef de l’État a estimé qu’« il n’y a pas tellement de mystère » sur le positionnement du mouvement, récemment classé ainsi par le ministère de l’intérieur, une catégorisation que conteste Jean-Luc Mélenchon et ses proches.
Le président de la République a surtout pointé des prises de position de La France insoumise en matière d’antisémitisme. « Je constate que, dans les positions qu’ils prennent, en particulier sur l’antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République », a-t-il déclaré, évoquant « des expressions antisémites qui émergent » et qui « doivent être combattues, d’où qu’elles soient ». Il a précisé que des propos contraires aux principes républicains existent également au sein du Rassemblement national.
La réaction de LFI n’a pas tardé. Son coordinateur, Manuel Bompard, a jugé qu’« il n’est pas au président de la République de classer ses opposants politiques », accusant Emmanuel Macron de « faire du Donald Trump » en qualifiant d’extrémistes ceux qui s’opposent à lui. Il a par ailleurs contesté toute accusation d’antisémitisme visant son mouvement, affirmant qu’aucun militant n’a été condamné pour de tels faits.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par la recrudescence des actes antisémites en France. La veille de l’entretien, vendredi 13 février, lors d’un hommage à Ilan Halimi, jeune homme juif séquestré et assassiné en 2006, Emmanuel Macron avait dénoncé « l’hydre antisémite » qui s’immisce « dans chaque interstice » de la société. Il a annoncé la présentation prochaine d’un texte prévoyant une peine d’inéligibilité obligatoire pour les élus reconnus coupables « d’actes et de propos antisémites, racistes et discriminatoires », affirmant sa volonté de voir cette loi adoptée et appliquée avant 2027.
Alors qu’i24 News, média de Patrick Drahi avait révélé le jour même que la nationalité française était la deuxième nationalité étrangère la plus représentée dans les rangs de Tsahal, Macron a balayé d’un revers de la main l’idée que les soldats franco-israéliens soient jugés en France pour leurs crimes commis à Gaza. « Nous ne devons JAMAIS accepté qu’un de nos enfants soit accusé d’être génocidaire », a-t-il déclaré.
Interrogé également sur les propos de Bruno Retailleau, candidat Les Républicains pour 2027, évoquant des « dérives de l’État de droit », le chef de l’État a appelé à la prudence institutionnelle. « Il faut faire très attention à l’État de droit », a-t-il insisté, estimant que les défis actuels doivent être relevés « en respectant les contre-pouvoirs ». Sans avoir écouté précisément les déclarations de son opposant, il a mis en garde contre toute tentation de « mettre en l’air la Constitution » pour répondre aux difficultés du pays.
La réplique de Bruno Retailleau est venue rapidement sur les réseaux sociaux, accusant le président d’incarner « une France immobile » et plaidant pour une rupture politique. Dans ce climat préélectoral, à un peu plus d’un an de la présidentielle de 2027, les lignes de fracture idéologiques se durcissent. La question de l’antisémitisme, érigée en priorité par l’exécutif, devient ainsi un marqueur politique central, au croisement des débats sur la liberté d’expression, la responsabilité des élus et la solidité de l’État de droit.
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