Mardi 10 février, l’Espace 101 dans le 8e arrondissement de Lyon a accueilli plus de 110 habitants et une vingtaine de candidats aux élections municipales et métropolitaines de 2026 pour la deuxième étape du pacte porté par le collectif Lyon Respirable. Cette rencontre participative entend peser sur les programmes électoraux en plaçant la question des discriminations et de l’égalité concrète au centre du débat local. Les équipes de Georges Képénékian et de Jean-Michel Aulas étaient absentes.
Pour Karima, porte-parole et cofondatrice du collectif, l’initiative part d’un vécu partagé par une partie des habitants. Elle évoque des discriminations, des obstacles administratifs et un sentiment d’injustice empêchant certains citoyens de vivre dignement dans la métropole. Le collectif souhaite ainsi faire de Lyon une ville d’accueil égalitaire, indépendamment de l’origine, du genre, de la religion, de l’orientation sexuelle ou du statut administratif. Son outil principal est un pacte d’une cinquantaine de mesures proposé aux candidats, accompagné d’un comité citoyen et d’un baromètre destiné à vérifier concrètement l’application des engagements.
Khadija, également cofondatrice et porte-parole du mouvement, décrit une lassitude face aux campagnes électorales successives où certains habitants seraient tour à tour présentés comme une menace ou comme un simple réservoir de voix sans véritable écoute. Elle souligne aussi une inquiétude liée à la progression des idées d’extrême droite dans le débat public, raison pour laquelle ces formations n’ont pas été invitées. Le collectif souhaite désormais que la participation des candidats présents débouche sur des décisions concrètes.
La soirée reposait sur un format inhabituel. Au lieu d’un meeting classique, les responsables politiques ont participé à un speed meeting où ils se trouvaient en position d’écoute face aux habitants. Témoignages, interventions associatives et expressions artistiques ont rythmé les échanges. Aurélie Maras, colistière pour l’Union de la gauche et des écologistes dans le 8e arrondissement, souligne l’intérêt de ce dialogue direct. Selon elle, les discussions ont porté notamment sur l’antiracisme, le logement et l’accès à l’alimentation, avec un retour d’expérience autour de la sécurité sociale alimentaire expérimentée dans l’arrondissement.
Parmi les candidats présents figurait également Florestan Groult pour la France Insoumise. Il se réjouit que l’événement remette la lutte contre le racisme et les discriminations au cœur de la campagne métropolitaine, un thème important pour son partie. Parmi ses promesses électorales, la création d’une délégation dédiée, un réseau associatif financé dans la durée, une équipe d’accompagnement juridique pour les victimes et une ligne de veille territoriale. Les échanges ont notamment fait remonter des contrôles jugés discriminatoires, des difficultés d’accès aux transports et des inégalités sociales persistantes dans certains quartiers. Il défend plus largement un programme axé sur la justice sociale comprenant la gratuité des transports, le développement du sport et de la vie associative, le renforcement du logement social et de l’hébergement d’urgence.
Le pacte présenté par le collectif couvre plusieurs champs de politiques publiques, de l’accès égal aux services municipaux à la protection des personnes précaires, en passant par la création d’un observatoire des pratiques policières, la transformation de l’espace public et la participation citoyenne permanente. L’objectif est d’obtenir des signatures formelles puis d’en suivre l’application dans les futurs mandats.
La feuille d’émargement de la soirée confirme la présence majoritaire de candidats issus de la gauche et de l’écologie politique, notamment de la France Insoumise avec Adrien Lopes Benedito, Naïka Benarab Attou, Claire Grunwald, Tamimouz Al-Douri, Alexis Dorier, Cyriack Arrambourg, Arthur Thian, Sandrine Asselah et Anas Kournif. Étaient également présents Dina Aliteri pour le Parti socialiste, Aurélie Maras et Lila Basri pour les écologistes, Laurence Boffet pour L’Après, Faten Kaboosch, ainsi que Sylvie Tomic pour Generation.s Jean-François Auzal pour le PRG, Jean-Marie Marciliente, Michèle Ledily et Khéira Boukhatfa.
Au-delà de la mobilisation ponctuelle, le collectif veut désormais transformer cette démarche en repère durable pour la campagne de 2026. En plaçant la parole des habitants au centre et en exigeant des engagements mesurables, l’initiative illustre une volonté croissante de participation directe à l’élaboration des politiques locales. Reste désormais à voir quels candidats intégreront ces propositions dans leur programme et surtout les appliqueront une fois élus.