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Amélie de Montchalin. Photo : @Ministère de l'Action et des Comptes publics

Cour des comptes : la Young Leader Amélie de Montchalin nommée après avoir fait adopter le budget en force

En choisissant la Young Global leader du Forum économique mondial, Amélie de Montchalin pour prendre la tête de la Cour des comptes, le contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Emmanuel Macron opère une nomination lourde de conséquences politiques. Celle qui a été en première ligne pour faire adopter un budget d’austérité sans majorité parlementaire se retrouve désormais à la tête de l’institution chargée… d’en contrôler l’exécution.

La nomination d’Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes marque un tournant institutionnel majeur, et soulève déjà de profondes interrogations démocratiques. Selon les informations révélées par Le Figaro, la ministre des Comptes publics, âgée de 40 ans, succédera à Pierre Moscovici à la tête de la haute juridiction financière, après avoir piloté, au cœur de la tempête politique, l’adoption du budget le plus contraint de la Ve République.

Cette promotion intervient quelques semaines seulement après l’adoption en force du budget 2026, élaboré dans un contexte d’instabilité extrême, sans majorité claire à l’Assemblée nationale. Amélie de Montchalin y a joué un rôle central, assumant la mise en œuvre de coupes budgétaires massives, négociées pied à pied avec les ministères et les groupes parlementaires, sous la supervision directe de l’Élysée. C’est précisément ce même budget que la Cour des comptes sera amenée à évaluer, auditer et juger dans les mois et années à venir.

Le choix présidentiel interroge par le télescopage des rôles. En confiant à une ministre directement impliquée dans la conception, la défense et l’imposition du budget la direction de l’organe chargé d’en apprécier la sincérité et l’efficacité, Emmanuel Macron brouille la frontière entre l’exécutif et le contrôle indépendant des finances publiques. Certes, la Cour des comptes est juridiquement inamovible et protégée dans son indépendance. Mais dans les faits, sa ligne, ses priorités et la tonalité de ses rapports relèvent largement de l’impulsion donnée par sa présidence.

Fidèle du chef de l’État depuis 2017, passée par les Affaires européennes, la Fonction publique, la Transition écologique puis les Comptes publics, Amélie de Montchalin incarne une technocratie assumée, rompue aux équilibres budgétaires et aux arbitrages macroéconomiques. Fille de Bernard Bommier, cadre supérieur ayant travaillé pour Elf Aquitaine, mais aussi Danone  et The CocaCola Company, deux géants du Forum économique mondial, Amélie de Montchalin est également passée par Harvard, l’université membre du FEM. Après ses études, elle a épousé Guillaume de Lombard de Montchalin, issu d’une famille subsistante de la noblesse française, qui fût consultant au Boston Consulting Group, le cabinet de conseil membre du FEM puis chez Eurazeo une société d’investissement française membre du WEF. Amélie de Montchalin est passée par la promotion 2018 du programme Young Leader de la Fondation France Amérique fondée par les présidents Ford et VGE, membres du groupe Bilderbeg et par la promotion 2021 des Young globals leaders du Forum économique mondial, eu l’occasion de travailler pour BNP Paribas et AXA, deux géants français du FEM.

À Bercy, elle s’est illustrée par une méthode jugée redoutablement efficace : pression politique, concessions ciblées, rappel constant de la contrainte européenne et de la trajectoire de la dette. Une méthode qui lui a permis de faire adopter un plan d’économies de 43 milliards d’euros, malgré une opposition parlementaire virulente.

La Cour des comptes apparaît désormais comme un prolongement naturel de ce combat. Plusieurs sources au sommet de l’État ne s’en cachent pas : Emmanuel Macron attend de sa nouvelle première présidente qu’elle oriente davantage encore les travaux de l’institution vers la recherche d’économies structurelles, la remise en cause de politiques publiques jugées inefficaces et la réduction du périmètre de l’État. Une ligne parfaitement cohérente avec les positions défendues par Amélie de Montchalin lorsqu’elle était ministre, notamment sur les niches fiscales, les opérateurs publics ou certaines dépenses sociales.

Cette nomination pose aussi une question de calendrier et de symbole. À 40 ans, Amélie de Montchalin pourrait théoriquement rester à la tête de la Cour des comptes jusqu’en 2053, bien au-delà du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Le président verrouille ainsi durablement une institution clé, au moment même où les finances publiques françaises atteignent un niveau de tension inédit, avec un déficit à 5,4 % du PIB et une dette flirtant avec les 120 %.

Amélie de Montchalin pourra s’appuyer sur la young global leader du Forum économique mondial, Najat Vallaud‑Belkacem qui a été nommée conseillère maître à la Cour des comptes en juillet 2025.

Si la nomination d’une première femme à la tête de la Cour est saluée comme une avancée symbolique, elle n’efface pas le malaise politique suscité par cette promotion éclair. Pour de nombreux observateurs, elle illustre une dérive plus large : la concentration du pouvoir budgétaire entre les mains d’un même cercle, où ceux qui décident sont aussi ceux qui contrôlent. Une confusion des rôles qui, à défaut d’être illégale, interroge profondément la promesse d’indépendance des contre-pouvoirs financiers sous la présidence Macron.

Sources :

Le Figaro, French American Foundation, Young Global Leaders.

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