La publication de nouveaux documents judiciaires américains liés à l’affaire Epstein continue de produire des répercussions en France. Caroline Lang, fille de l’ancien ministre Jack Lang et petite fille du franc maçon Roger Lang a annoncé sa démission du Syndicat des producteurs indépendants, invoquant le souci de ne pas fragiliser l’institution. Cette décision intervient après des révélations sur des échanges et une structure financière la liant au financier américain aujourd’hui décédé.
L’onde de choc provoquée par la déclassification massive de documents liés à Jeffrey Epstein atteint désormais le paysage culturel français. Lundi 2 février, Caroline Lang a annoncé sa démission de ses fonctions de déléguée générale du Syndicat des producteurs indépendants, à peine trois semaines après sa prise de poste.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, Caroline Lang explique avoir pris cette décision afin que la situation actuelle ne puisse « nuire au syndicat ». Son nom, ainsi que celui de son père, apparaît dans plusieurs échanges figurant parmi les documents rendus publics vendredi par le ministère américain de la Justice, relançant l’attention médiatique autour des relations entretenues par diverses personnalités avec le financier américain.
Selon une enquête publiée par Mediapart, s’appuyant sur des archives judiciaires américaines, Caroline Lang aurait fondé en 2016 une société offshore avec Jeffrey Epstein. Cette structure était présentée comme un fonds destiné à favoriser l’acquisition d’œuvres d’art. Dans son communiqué, elle décrit Epstein comme une « connaissance » rencontrée en 2012 et comme un « mécène généreux », soulignant que le projet lui avait alors semblé « pertinent » et juridiquement conforme.
Caroline Lang affirme n’avoir perçu « aucune rémunération ni aucun bénéfice » de ce fonds et précise avoir quitté toute fonction liée à cette entité dès la révélation des agissements criminels de Jeffrey Epstein. Elle insiste sur le caractère strictement légal du dispositif envisagé à l’époque, tout en reconnaissant la gravité du contexte actuel.
La fille de Jack Lang figurerait toutefoi sur un testament financier signé par Epstein 2 jours avant sa mort (août 2019), avec 5 M$ promis. Et de nombreux proches de l’ancien ministre de la Culture dont Christophe Degruelle, son ancien chef de cabinet au ministère de l’Education aurait présidé l’association qui a reçu in don d’Epstein. Le trésorier n’étant autre que Jacques Renard, directeur adjoint et chef de cabinet du ministre de la Culture.
Plus tôt dans la journée, Jack Lang a lui aussi pris la parole dans un communiqué adressé à l’AFP. L’ancien ministre de la Culture, aujourd’hui président de l’Institut du monde arabe, a déclaré assumer « pleinement les liens » qu’il avait pu nouer avec Jeffrey Epstein, à une période où, selon lui, rien ne laissait présager l’ampleur des crimes commis par le financier.
Jack Lang explique avoir fait la connaissance d’Epstein il y a une quinzaine d’années par l’intermédiaire du réalisateur Woody Allen. Il décrit un homme alors bien introduit dans les cercles culturels parisiens, réputé pour son mécénat, son érudition et sa curiosité intellectuelle. Dans son communiqué, il évoque également la bienveillance dont Epstein aurait fait preuve lors du décès de sa fille Valérie Lang, un élément personnel qu’il met en avant pour contextualiser leur relation passée.
L’ancien ministre de la Culture s’était rendu en mars 2019 à une cérémonie marquant les 30 ans de la pyramide du Louvre.
La démission de Caroline Lang illustre la portée internationale et différée de l’affaire Epstein, dont les ramifications continuent de toucher des institutions culturelles et politiques plusieurs années après les faits. Elle intervient dans un climat de forte sensibilité médiatique, où la publication brute de correspondances et de documents anciens suscite interrogations, prises de distance et repositionnements rapides.
Si aucune procédure judiciaire n’est engagée en France à ce stade à l’encontre de Caroline ou de Jack Lang, l’épisode met en lumière les effets collatéraux d’un dossier tentaculaire, dont chaque nouvelle révélation alimente le débat public sur les responsabilités morales, les liens passés et la gestion des héritages compromettants.
À noter que Roger et Albert Lang, respectivement père et grand père de Jack Lang étaient franc-maçons et que sa mère était la fille d’Émile Bouchet et de Berthe Boulanger, également membres de la franc-maçonnerie.
Sources :
AFP – Dépêche sur la démission de Caroline Lang – 2 février 2026
Mediapart – Enquête sur les liens financiers avec Jeffrey Epstein – février 2026