Invité surprise du Forum économique mondial de Davos, Elon Musk a livré une vision spectaculaire de l’avenir technologique. Devant un parterre de décideurs économiques et politiques, le patron de Tesla et SpaceX a évoqué l’arrivée rapide de milliards de robots humanoïdes, une intelligence artificielle omniprésente et une énergie solaire à très grande échelle, censées faire basculer l’humanité dans une ère d’abondance inédite.
Pour sa première apparition au Forum économique mondial, à Davos, Elon Musk a créé la surprise alors qu’il ne figurait sur aucun programme communiqué jusque-là par le WEF. Celui qui avait qualifié l’événement d’« ennui mortel » en 2023 est monté sur scène pour un échange d’une trentaine de minutes avec Larry Fink, coprésident du WEF et président de BlackRock. Une visite peut-être motivée par l’effondrement des ventes de Tesla en Europe suite aux nombreuses campagnes de dénigrements médiatiques qu’il a subi dans le cadre de sa croisade pour la liberté d’expression ainsi que par la mise en Bourse prochaine de SpaceX. Tee-shirt noir orné d’un Codex où un « Transformer » remplaçait l’homme de Vitruve qui annonçait la couleur de son discours, le milliardaire a déroulé une vision globale mêlant intelligence artificielle, robotique, énergie et conquête spatiale.
Alors que les standing ovations se sont multipliés à Davos lors de discours prononcés par des contributeurs de l’agenda 2030 du FEM, comme ce fut le cas pour Zelensky, par exemple, le milliardaire a été accueilli froidement. Lary Fink a même redemandé à l’auditoire de nouveaux applaudissements après une première salve discrète. Elon Musk n’en a pas moins livré un discours inspirant, même s’il s’est bien gardé de parler de ses ennuis avec l’UE et/ou de « free speech ». D’emblée, Musk a rappelé le fil conducteur de ses entreprises : maximiser les chances d’un futur prospère pour la civilisation humaine. La mission de SpaceX, a-t-il expliqué, reste d’étendre la vie et la conscience au-delà de la Terre, vers la Lune, Mars et, à terme, d’autres systèmes stellaires. Une nécessité, selon lui, tant la vie demeure rare et fragile dans l’univers, comparable à « une minuscule bougie dans une obscurité immense ».
Mais c’est surtout sur la robotique et l’IA que le discours a pris une tournure quasi messianique. Musk a prédit l’émergence, dans un futur proche, de milliards de robots humanoïdes, plus nombreux que les humains eux-mêmes. Leur généralisation permettrait, selon lui, de saturer l’ensemble des besoins matériels et de services, ouvrant la voie à une économie d’abondance sans précédent. Dans cette configuration, chacun pourrait disposer de son propre robot, capable de surveiller des enfants, de s’occuper d’animaux domestiques ou d’assister des parents âgés, dans un contexte de vieillissement démographique mondial.
Le fondateur de Tesla a reconnu les risques inhérents à une telle révolution, évoquant la nécessité d’une vigilance extrême pour éviter les dérives dignes de « Terminator ». Mais il s’est montré résolument optimiste : une intelligence artificielle quasi gratuite et des robots omniprésents entraîneraient, selon lui, une expansion économique mondiale « au-delà de tout précédent historique ».
Cette explosion de productivité suppose toutefois une condition essentielle : l’énergie. Musk a identifié l’électricité comme principal goulot d’étranglement du déploiement massif de l’IA. À ce titre, il a longuement vanté le potentiel du solaire, citant la capacité chinoise de production et de déploiement à très grande échelle. Selon ses calculs, une surface d’environ 160 kilomètres sur 160 suffirait à alimenter l’ensemble des États-Unis en électricité.
Plus encore, l’entrepreneur a esquissé un avenir où l’énergie solaire serait captée directement dans l’espace. SpaceX travaillerait ainsi, à moyen terme, au lancement de satellites solaires alimentant des centres de calcul d’IA en orbite, bénéficiant à la fois d’une exposition permanente au soleil et d’un refroidissement naturel. Une solution qui rendrait l’espace, paradoxalement, plus attractif économiquement que la Terre pour héberger les infrastructures numériques de demain.
Sur le calendrier, Musk s’est montré fidèle à son style volontariste. Il estime que l’IA pourrait dépasser l’intelligence humaine individuelle dès cette année, et l’intelligence collective de l’humanité d’ici cinq à six ans. Quant aux robots humanoïdes de Tesla, encore cantonnés à des tâches simples en usine, ils pourraient être commercialisés auprès du grand public dès l’an prochain, une fois les standards de sécurité atteints.
Interrogé sur ses sources d’inspiration, Elon Musk a évoqué ses lectures d’enfance, la science-fiction et les comics, avec une ambition constante : transformer la fiction en réalité. Avant de conclure par un appel à l’optimisme, estimant qu’il vaut mieux, pour la qualité de vie, « avoir tort en étant optimiste que raison en étant pessimiste ».
Sources :
Chaine YouTube du Forum économique mondial – Intervention d’Elon Musk à Davos – lien