Un collectif se revendiquant de la gauche lyonnaise annonce son ralliement à la candidature de Jean-Michel Aulas en vue des élections municipales à Lyon. Baptisé « Peuple Lyonnais », ce groupe rassemble d’anciens adhérents socialistes et des acteurs du monde syndical et associatif, invoquant un dépassement des clivages traditionnels au nom de l’intérêt local.
Le mouvement se veut symbolique autant que politique. Soixante-deux Lyonnaises et Lyonnais, se présentant comme issus de la gauche, ont officialisé leur entrée dans le « Cœur Lyonnais », structure de campagne portée par Jean-Michel Aulas pour les municipales à Lyon. Le collectif, qui a choisi le nom de « Peuple Lyonnais », réunit des profils variés, mêlant syndicalistes, associatifs et anciens membres du Parti socialiste du Rhône.
Parmi ces signataires figurent trente ex-adhérents socialistes, en rupture assumée avec leur formation d’origine. Un chiffre encore difficile à établir précisément tant la frontière reste floue entre déclarations politiques et sorties administratives effectives du parti, mais dont la portée symbolique n’échappe à personne. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de tensions internes au PS local, marqué récemment par l’annonce du départ potentiel de 113 de ses membres.
Romain Blachier, ancien cadre du PS lyonnais, fait partie de ces figures identifiées. Sa présence confère à l’initiative une visibilité accrue, tant il incarne une génération d’élus et de militants désormais critiques à l’égard de la ligne suivie par leur ancien parti. À ses côtés, le collectif met en avant des parcours issus de la société civile, à l’image de Zahera Taguine, conseillère en insertion professionnelle et porte-parole du groupe, ou de Nordine Belhout, co-inventeur avec son frère Habib du tacos lyonnais, devenu emblématique de la gastronomie urbaine locale.
D’autres profils illustrent cette diversité revendiquée, comme l’entrepreneur Cyril Momer, créateur d’une marque de bière développée à Taïwan, dont le parcours international est présenté comme un atout pour penser le rayonnement économique et culturel de la métropole. Tous affirment partager une même lecture du moment politique lyonnais, estimant nécessaire de dépasser les logiques partisanes classiques.
Dans un texte commun, les membres de « Peuple Lyonnais » revendiquent explicitement leur héritage politique. « Nous sommes des enfants de la gauche », écrivent-ils. Face aux « défis immenses » auxquels serait confrontée la métropole, ils estiment que « l’heure n’est plus au sectarisme, mais à la grandeur », et justifient ainsi leur ralliement à Jean-Michel Aulas par une « passion dévorante pour cette ville, son rayonnement et sa fierté ».
Le collectif entend également apporter à la campagne une « sensibilité sociale », revendiquant un ancrage dans les luttes locales et les préoccupations populaires. Un positionnement qui, surprend alors qu’Aulas était jusqu’ici essentiellement soutenu par la droite et des cadres de la Macronie, comme Gabriel Attal. Quand on se rappelle que celui-ci avait commencé au PS et que Macron lui-même avait été soutenu par François Hollande, plus rien ne nous étonne.
Sources :