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Yoon Suk-yeol. Photo : @대한민국 대통령실

Corée du Sud : la peine de mort requise contre l’ex-président Yoon Suk-yeol pour tentative d’instauration de la loi martiale

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La justice sud-coréenne a franchi un seuil historique en requérant la peine capitale contre l’ancien président Yoon Suk-yeol, accusé d’avoir tenté d’imposer la loi martiale en décembre 2024. Le parquet dénonce une insurrection visant à renverser l’ordre constitutionnel. Le verdict est attendu en février 2026.

Le parquet sud-coréen a requis ce mardi 13 janvier la peine de mort à l’encontre de l’ancien chef de l’État Yoon Suk-yeol, poursuivi pour avoir tenté d’instaurer la loi martiale à la fin de l’année 2024. Une sanction d’une sévérité extrême, rarissime dans l’histoire judiciaire récente du pays, mais que les procureurs estiment proportionnée à la gravité des faits reprochés.

Selon l’accusation, l’ex-président conservateur qui s’était rendu à Davos 2023 aurait mené une véritable « insurrection », motivée par une « soif de pouvoir » et une volonté d’instaurer un régime autoritaire. Les magistrats soulignent l’absence totale de remords de l’ancien dirigeant, aujourd’hui âgé de 65 ans, pour des actes jugés comme une menace directe contre l’ordre constitutionnel et les fondements démocratiques de la Corée du Sud. « Aucune circonstance atténuante ne saurait être retenue », ont insisté les procureurs, rappelant que la peine capitale demeure inscrite dans le droit sud-coréen, même si aucune exécution n’a été menée depuis 1997.

L’audience finale du procès principal s’est ouverte ce mardi à Séoul. Elle doit permettre à Yoon Suk-yeol de prononcer une dernière déclaration avant la mise en délibéré. Le verdict est attendu le mois prochain, dans un climat politique encore marqué par les répliques de cette crise institutionnelle majeure.

Les faits remontent à la soirée du 3 décembre 2024. Ce soir-là, le président surprend la nation en annonçant à la télévision l’imposition de la loi martiale. Des troupes sont déployées autour du Parlement afin d’en empêcher le fonctionnement. Quelques heures plus tard, face à la mobilisation d’un nombre suffisant de députés parvenant à pénétrer dans l’hémicycle et à voter la suspension du décret, le chef de l’État est contraint de reculer.

Procureur de carrière, Yoon Suk-yeol est jugé depuis février 2025 aux côtés de sept autres personnes, parmi lesquelles figurent son ancien ministre de la Défense, Kim Yong-hyun,  et l’ex-chef de la police nationale, Cho Ji-ho. La défense a tenté, lors de l’audience, une comparaison audacieuse avec des figures historiques telles que Galilé ou Giordano Bruno, présentés comme des symboles de condamnations injustes, un parallèle qui a suscité de vives réactions dans l’opinion publique.

En janvier 2025, l’ancien président était devenu le premier chef d’État sud-coréen en exercice à être arrêté et incarcéré. Retranché durant plusieurs semaines dans sa résidence de Séoul sous la protection de sa garde rapprochée, il avait même réussi à faire échouer une première tentative d’arrestation. Officiellement destitué en avril 2025 par la Cour constitutionnelle, après des mois de manifestations massives et de paralysie politique, il avait justifié son recours à la loi martiale par le blocage du budget par un Parlement dominé par l’opposition.

Dans une allocution télévisée, Yoon Suk-yeol affirmait alors vouloir protéger le pays contre des « forces communistes nord-coréennes » et éliminer des « éléments hostiles à l’État ». Remis en liberté en mars 2025 pour vice de procédure, il avait été de nouveau incarcéré en juillet, les autorités redoutant une destruction de preuves.

S’il est reconnu coupable, l’ancien président deviendrait le troisième ex-dirigeant sud-coréen condamné pour insurrection, après les généraux Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo, jugés pour leur rôle dans le coup d’État de 1979. Un précédent lourd de symboles pour une démocratie marquée par le souvenir encore vif des dictatures militaires des années 1980.

Sources :
CNEWS / AFP – 13 janvier 2026 – https://www.cnews.fr
Agence France-Presse – Dépêche du 13 janvier 2026 – https://www.afp.com

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