Alors que François Bayrou tente de sauver son gouvernement avant le vote de confiance du 8 septembre, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est clairement positionné comme une alternative.
En clôture des universités d’été du PS à Blois, vendredi 29 août, Olivier Faure a confirmé que son parti voterait contre la confiance au gouvernement Bayrou et s’est dit prêt à prendre les rênes :
« Nous sommes volontaires pour être les suivants. »
Le patron du PS a promis une gouvernance différente, reposant sur l’engagement de ne jamais utiliser le 49-3, obligeant ainsi à rechercher des compromis « texte par texte ». Une perche tendue directement à Emmanuel Macron, seul décisionnaire de la nomination du Premier ministre.
Le spectre d’une dissolution écarté
Ce scénario s’inscrit dans un contexte où Emmanuel Macron a répété qu’il n’envisageait pas sa démission, tout en jugeant qu’une dissolution serait de la « politique-fiction ». Le chef de l’État continue de soutenir François Bayrou, malgré des oppositions croissantes, et estime qu’un compromis budgétaire reste « possible » d’ici au 8 septembre.
La gauche veut incarner « un autre chemin »
Le PS présentera samedi ses propres propositions budgétaires, axées sur une contribution accrue des grandes entreprises et des plus riches, loin des 44 milliards d’euros d’économies défendus par François Bayrou. Le parti espère entraîner avec lui Écologistes, communistes, ex-Insoumis et Générations.
Marine Tondelier (EELV) répète déjà qu’Emmanuel Macron « n’a pas d’autre choix que de nous nommer », tandis que Raphaël Glucksmann (Place publique) privilégie sa trajectoire présidentielle de 2027. LFI, en revanche, reste sceptique. Jean-Luc Mélenchon doit donner le ton ce vendredi soir à Paris.
Bayrou en campagne de survie
De son côté, François Bayrou multiplie les interventions, dénonçant un pays « réduit en esclavage par la dette ». Il doit encore défendre son budget dimanche soir lors d’une interview télévisée. Mais l’opposition est large : outre le PS, écologistes, communistes et Rassemblement national voteront contre.
Avec une rentrée sociale explosive (mobilisation « Bloquons tout » le 10 septembre, puis manifestation syndicale le 18), la crise politique pourrait rapidement basculer en crise de régime, comme l’a averti Bernard Cazeneuve.
Source : Huff Post.