Zohran Mamdani : le maire de New York admet ne pas avoir l’autorité juridique pour arrêter Benyamin Netanyahou

Le maire de New York, Zohran Mamdani, a reconnu que sa ville ne disposait d’aucune base juridique lui permettant de faire arrêter le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors d’une éventuelle visite aux États-Unis. Cette déclaration intervient après plusieurs jours de controverse autour de ses précédentes prises de position et relance le débat sur la portée des mandats de la Cour pénale internationale ainsi que sur les limites des pouvoirs des autorités locales américaines.

Le maire de New York, Zohran Mamdani, est revenu sur l’une des promesses les plus controversées de sa récente carrière politique. Le mardi 21 juillet 2026, l’édile de la plus grande ville des États-Unis a reconnu publiquement que son administration ne disposait pas de « l’autorité juridique indépendante » nécessaire pour faire arrêter le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou si celui-ci venait à New York dans les prochains mois.

Cette déclaration marque un revirement important. Durant sa campagne municipale puis dans plusieurs interviews accordées ces derniers jours, Mamdani avait laissé entendre qu’il souhaitait étudier toutes les possibilités légales permettant de faire appliquer le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre le dirigeant israélien. Après un examen juridique mené par ses services, le maire affirme désormais que la municipalité ne possède aucun pouvoir lui permettant d’exécuter un tel mandat.

« Mon administration a examiné toutes les voies prévues par la loi afin de déterminer si la ville de New York pouvait exécuter le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. Il est clair que nous ne disposons pas de cette autorité juridique indépendante », a déclaré Zohran Mamdani dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Il a toutefois estimé que le gouvernement fédéral américain disposerait, selon lui, des moyens nécessaires pour agir, tout en appelant Washington à rejoindre officiellement la Cour pénale internationale.

Une polémique née d’un mandat d’arrêt historique

Cette affaire trouve son origine dans une décision prise le 21 novembre 2024 par la Cour pénale internationale, installée à La Haye. Les juges de la CPI avaient délivré des mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour des accusations liées à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité présumés commis durant le conflit dans la bande de Gaza.

La juridiction internationale évoque notamment l’utilisation présumée de la famine comme méthode de guerre ainsi que des attaques dirigées contre des populations civiles. Israël rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de politiquement motivées et contestant la compétence de la Cour dans ce dossier.

Les États-Unis, quant à eux, ne sont pas signataires du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale. Washington ne reconnaît donc pas la compétence obligatoire de cette juridiction sur son territoire, ce qui limite considérablement les possibilités d’application des décisions de la CPI par les autorités américaines.

Un changement de ton après plusieurs jours de débats

La séquence politique s’est accélérée au cours de la semaine précédant cette déclaration. Dans un entretien accordé au New York Times, Zohran Mamdani avait expliqué être en discussion avec les juristes de la ville afin d’étudier si le New York Police Department (NYPD) pouvait être mobilisé pour procéder à une éventuelle arrestation de Benyamin Netanyahou lors de son déplacement attendu à New York en septembre, à l’occasion de la 81e Assemblée générale des Nations unies.

Ces déclarations avaient immédiatement suscité de nombreuses réactions. Plusieurs spécialistes du droit international avaient rappelé qu’un maire américain ne dispose pas de la compétence nécessaire pour appliquer un mandat de la Cour pénale internationale, d’autant que les questions relatives à la politique étrangère relèvent exclusivement du gouvernement fédéral américain. Après consultation de ses services juridiques, Zohran Mamdani a finalement reconnu cette limite institutionnelle tout en maintenant ses critiques à l’encontre du chef du gouvernement israélien.

La controverse a rapidement dépassé le cadre municipal. Le président américain Donald Trump est intervenu publiquement le 20 juillet 2026 pour affirmer que Benyamin Netanyahou « ne sera arrêté d’aucune manière » durant un éventuel séjour aux États-Unis. Le locataire de la Maison-Blanche a réaffirmé son soutien au Premier ministre israélien et assuré que celui-ci serait accueilli sans risque judiciaire sur le territoire américain. Cette prise de position souligne la différence d’approche entre certains responsables locaux démocrates et l’administration fédérale américaine sur les questions liées au conflit israélo-palestinien.

Une visite de Netanyahou attendue à New York

Benyamin Netanyahou est susceptible de se rendre à New York en septembre 2026 pour participer à l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, un rendez-vous diplomatique majeur réunissant les chefs d’État et de gouvernement du monde entier.

Cette perspective avait ravivé les interrogations sur l’application éventuelle du mandat d’arrêt de la CPI. Toutefois, la combinaison de plusieurs facteurs absence d’adhésion des États-Unis à la Cour pénale internationale, compétence fédérale en matière de politique étrangère et immunités dont peuvent bénéficier certains dirigeants en exercice dans le cadre de leurs fonctions diplomatiques rend une telle hypothèse particulièrement complexe sur le plan juridique.

Une déclaration qui illustre les limites du pouvoir municipal

En reconnaissant publiquement ne pas disposer des moyens juridiques nécessaires, Zohran Mamdani met fin, au moins provisoirement, à une séquence politique qui avait alimenté de nombreuses réactions aux États-Unis comme à l’international.

Le maire continue néanmoins d’affirmer que Benyamin Netanyahou devrait répondre des accusations portées contre lui devant la justice internationale, tout en appelant le gouvernement américain à modifier sa position vis-à-vis de la Cour pénale internationale. À ce stade, aucune indication ne laisse toutefois penser que Washington envisage une telle évolution.

Cette affaire rappelle enfin la distinction fondamentale entre les compétences des collectivités locales américaines et celles du gouvernement fédéral. Si les maires disposent d’importantes prérogatives en matière de sécurité publique sur leur territoire, les questions diplomatiques, les relations internationales et l’exécution d’éventuels engagements internationaux relèvent exclusivement de l’État fédéral.

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