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Véronique Sarselli. Photo : @Greg Fiori

Zéro-to-One : Véronique Sarselli veut faire de Lyon un leader européen de l’innovation

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À l’ouverture de la cinquième édition du salon Zero-to-One, la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, a dessiné ce matin les contours d’une stratégie offensive pour positionner Lyon parmi les grandes métropoles européennes de l’intelligence artificielle et de l’innovation numérique. Face au retard européen dans la course mondiale à l’IA, l’élue appelle à un changement d’échelle, mêlant attractivité économique, soutien aux start-up et souveraineté technologique.

Dans l’ancienne chaudronnerie industrielle devenue emblème de l’innovation lyonnaise, le ton était donné dès les premiers instants. Ce matin, à H7, devant les entrepreneurs, investisseurs et acteurs de l’écosystème numérique réunis pour l’ouverture du salon Zero-to-One, Véronique Sarselli a livré un discours à forte portée économique et stratégique.

Pour sa première prise de parole officielle devant l’écosystème numérique lyonnais depuis son élection à la présidence de la Métropole de Lyon, l’élue a voulu inscrire son mandat dans une dynamique claire : faire de Lyon un territoire capable de rivaliser avec les grandes places européennes de l’innovation et de l’intelligence artificielle appliquée.

Le symbole du lieu n’a d’ailleurs pas échappé à la présidente. H7, incubateur installé dans une ancienne friche industrielle du quartier de la Confluence, incarne selon elle le dialogue entre « l’histoire productive de Lyon » et « la ville de demain ». Une manière d’ancrer l’ambition numérique dans une continuité industrielle et territoriale.

Durant son intervention, Véronique Sarselli s’est longuement attardée sur les enjeux mondiaux liés à l’intelligence artificielle. Elle a notamment évoqué l’audition récente d’Arthur Mensch, dirigeant de Mistral AI, devant une commission parlementaire consacrée à la dépendance numérique de la France. Un échange qu’elle juge à la fois « passionnant » et « préoccupant », estimant que certains responsables politiques n’ont pas encore pleinement mesuré l’ampleur des défis technologiques en cours.

Dans son analyse, la présidente de la Métropole de Lyon considère que la France et l’Europe accusent désormais un retard sérieux face aux États-Unis et à la Chine dans la compétition mondiale autour de l’IA. Besoins massifs de financement, accès aux données, puissance de calcul, énergie, formation ou encore simplification réglementaire : autant de sujets qu’elle estime désormais centraux pour préserver une forme de souveraineté technologique européenne.

Face à cette situation, Véronique Sarselli appelle à bâtir un « récit » lyonnais puissant autour du numérique. Un récit qui assume pleinement les notions d’attractivité, de rayonnement, de création de valeur et de croissance économique. « Ce ne sont pas des gros mots », a-t-elle insisté devant les professionnels du secteur.

L’ambition affichée repose autant sur le développement des entreprises locales que sur la capacité du territoire à attirer capitaux, centres de décision et talents internationaux. La présidente a rappelé le poids économique déjà considérable de la filière numérique lyonnaise, avec près de 58 000 emplois, environ 2 000 entreprises et un millier de start-up, faisant de Lyon le deuxième écosystème numérique français.

Au cœur de cette stratégie, H7 apparaît comme une pièce maîtresse. Depuis 2017, plus de 350 start-up y ont été accompagnées. Mais pour Véronique Sarselli, l’enjeu dépasse désormais le simple accompagnement à la création. Il s’agit désormais de permettre aux jeunes pousses de grandir, se financer et s’industrialiser sur le territoire lyonnais plutôt que de partir chercher ailleurs les moyens de leur développement.

Pour atteindre cet objectif, trois leviers majeurs ont été identifiés.

Le premier concerne les talents. L’élue a salué la force de frappe universitaire lyonnaise, citant notamment l’INSA Lyon, Centrale Lyon, l’EM Lyon ou encore les laboratoires de recherche du territoire. Selon elle, la capacité de Lyon à faire collaborer chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs et industriels constituera l’un des principaux moteurs de sa compétitivité.

Le second levier touche au financement. Dans un secteur où les levées de fonds conditionnent souvent le passage à l’échelle, Véronique Sarselli plaide pour un écosystème financier plus mature et plus audacieux. Elle estime que les investissements réalisés dans les start-up technologiques ne relèvent pas uniquement de la spéculation, mais participent directement à l’avenir industriel, scientifique et écologique du territoire.

Enfin, le troisième axe repose sur la recherche et le transfert technologique. Pour la présidente de la Métropole, Lyon possède tous les outils nécessaires pour transformer la recherche scientifique en innovations industrielles concrètes. Une vision qui s’inscrit dans une logique de réindustrialisation technologique et de transition écologique.

L’intelligence artificielle constitue évidemment le fil rouge de cette édition 2026 de Zero-to-One. Véronique Sarselli estime que Lyon ne doit pas chercher à reproduire les modèles américains des géants mondiaux de la tech, mais au contraire développer une « signature lyonnaise » de l’IA appliquée.

Cette approche passerait notamment par des usages industriels, médicaux, éducatifs et urbains. L’IA pourrait ainsi contribuer à optimiser les chaînes de production, réduire les consommations énergétiques, améliorer les parcours de soins ou encore accompagner la transformation des services publics métropolitains.

Au-delà des enjeux économiques, l’élue a également insisté sur les dimensions philosophiques et démocratiques de l’intelligence artificielle. Selon elle, cette révolution technologique modifie profondément notre rapport au savoir, au travail et à la décision. Une réflexion qui devra associer les acteurs de la tech, les chercheurs en sciences humaines et les institutions publiques.

Dans cette stratégie, la Métropole de Lyon entend jouer un rôle de facilitateur plutôt que de planificateur. « Nous n’avons pas vocation à créer l’innovation par décret », a rappelé Véronique Sarselli. L’objectif assumé consiste plutôt à créer les conditions favorables au développement économique, à l’installation des talents et à l’attractivité du territoire.

La présidente a enfin promis un renforcement progressif des dispositifs de soutien aux start-up et à l’écosystème numérique local. Une manière de préparer Lyon à une compétition mondiale qui, selon ses mots, « ne nous attendra pas ».

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