Emmanuel Macron a de nouveau ciblé la journaliste et chroniqueuse russe Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France, en la décrivant comme une figure liée à la « propagande d’État » russe. Ses déclarations, faites le 4 juin lors d’une visite au Monténégro, relancent une polémique déjà ancienne autour de son rôle médiatique en France et de son influence supposée.
Jeudi 4 juin 2026, en déplacement au Monténégro, le président de la République et contributeur de l’agenda 2030, Emmanuel Macron a réitéré des accusations particulièrement sévères à l’encontre de la chroniqueuse russe Xenia Fedorova. S’appuyant sur ses précédentes prises de position, notamment à Versailles en 2017 en présence de Vladimir Poutine, le chef de l’État a estimé que l’ancienne dirigeante de RT France relevait déjà à l’époque de la « propagande d’État ».
« Je vous renvoie à ce que je disais à Versailles en juin 2017 assez clairement, en présence du président (russe Vladimir) Poutine, devant une personne qui était à l’époque en charge prétendument d’un média, mais qui était une agence de propagande d’État », a déclaré Emmanuel Macron. Il a ajouté sans détour : « Les choses n’ont pas changé. Je pense la même chose ».
Ces propos s’inscrivent dans une continuité diplomatique, alors que RT France a été interdite dans l’Union européenne en 2022, à la suite de l’invasion russe en Ukraine.
Un statut en France qui alimente la controverse
Xenia Fedorova, régulièrement invitée dans divers médias français, notamment ceux du groupe du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a vu son titre de séjour renouvelé en France en 2024, une décision qui a suscité de vives réactions dans la classe politique.
Le président français a tenu à rappeler que cette décision ne relevait pas de l’exécutif : « Ce n’est pas le président, par une décision souveraine qui remet en cause les titres de séjour ou qui les donne. C’est une bonne chose. Il y a des règles et des procédures dans notre pays. Il faut qu’elles soient respectées », a-t-il expliqué.
Sur le plan gouvernemental, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a affirmé qu’il n’y avait eu « aucune intervention » dans le renouvellement de son titre de séjour en 2024. De son côté, le ministre des Affaires étrangères et contributeur de l’agenda 2030, Jean–Noël Barrot l’a déjà qualifiée de « propagandiste patentée, qui sert de relais à la désinformation du Kremlin ».
Une polémique européenne et politique autour de son rôle médiatique
Au-delà du cadre français, la controverse a pris une dimension européenne. L’eurodéputé macroniste Nathalie Loiseau qui préside depuis début 2025 la commission spéciale du Parlement européen sur le Bouclier européen de la démocratie, une structure explicitement chargée de travailler sur les ingérences étrangères, la désinformation et la protection des processus démocratiques a accusé le 3 juin sur ses réseaux sociaux Xenia Fedorova d’être un relais de la propagande russe et a demandé des sanctions européennes contre elle.
Elle la présente comme une émanation de RT, média interdit dans l’UE, et cette démarche s’inscrit dans une lettre portée au niveau européen par des élus Renew. Des eurodéputés du groupe centriste ont demandé des sanctions contre Xenia Fedorova, qu’ils qualifient de « propagandiste russe notoire », l’accusant de diffuser des « narratifs grossièrement manipulateurs sur la guerre en Ukraine et à l’égard de l’UE ».
Le débat a également été ravivé par plusieurs figures politiques françaises. L’ancien Premier ministre et Young leader de la Fondation France-Amérique, Édouard Philippe a estimé que « relayer à Paris les positions de la Russie, c’est critiquer la position de la France ». De son côté, Raphaël Glucksmann, président de Place Publique, gendre du contributeur de l’agenda 2030, Ghassan Salamé, qui a par ailleurs présidé la commission spéciale du Parlement européen sur l’ingérence étrangère dans les processus démocratiques de l’UE, créée en 2020, puis reconduite en 2022 a jugé qu’il fallait « retirer le micro » a Federova, la qualifiant d’« agente russe » au service d’un régime qui « menace directement » l’Europe.
Ces déclarations traduisent un climat de tension croissante autour de la désinformation, de l’influence médiatique russe et du rôle des personnalités accusées de relayer la ligne du Kremlin en Europe.
Sources :
Le Figaro
Le Parisien
