La société de transferts d’argent Wise Europe est visée par une enquête pour blanchiment en Belgique, selon le parquet de Bruxelles le 1er juin 2026. Les investigations portent sur l’utilisation potentielle de ses services par des réseaux criminels pour des transactions suspectes estimées à plus de 500 millions d’euros.
Le 1er juin 2026, le parquet de Bruxelles a confirmé l’ouverture d’une enquête visant Wise Europe, filiale continentale de la société britannique spécialisée dans les transferts d’argent Wise. Les autorités belges soupçonnent des faits de blanchiment d’argent impliquant l’utilisation des services de l’entreprise.
Selon les éléments communiqués par la justice belge, l’enquête est désormais à un stade avancé et « touche à sa fin », même si aucune conclusion judiciaire définitive n’a encore été rendue publique.
Plus de 500 millions d’euros de transactions suspectes examinées
D’après les informations judiciaires citées le 1er juin 2026, les investigations portent sur des flux financiers représentant plus de 500 millions d’euros.
Les enquêteurs cherchent à déterminer si les services de Wise ont pu être utilisés par des organisations criminelles, y compris internationales, pour effectuer des transactions suspectes.
Le parquet de Bruxelles évoque notamment des manquements potentiels à la réglementation anti-blanchiment, liés à une absence d’identification suffisante des clients et de leurs activités, selon les éléments repris par la presse européenne.
Des infractions sous-jacentes multiples évoquées par la justice
Les soupçons ne se limitent pas au seul blanchiment d’argent. Selon les éléments communiqués par la justice belge et relayés le 1er juin 2026, l’enquête porte également sur plusieurs infractions sous-jacentes possibles. Les autorités évoquent notamment des faits d’escroquerie, des actes de corruption ainsi que des activités liées au trafic de stupéfiants.
Ces éléments s’inscrivent dans un ensemble plus large d’investigations visant à déterminer si des réseaux criminels ont pu utiliser les services de transfert d’argent de Wise pour faire transiter des fonds issus d’activités illégales.
Wise évoque une enquête encore non concluante
Dans une réaction officielle, Wise a affirmé que les investigations en cours ne constituent pas en elles-mêmes la preuve d’un manquement.
La société souligne qu’ « aucune conclusion précise » ne lui a été communiquée à ce stade et rappelle que l’enquête est toujours en cours.
L’entreprise insiste également sur l’ampleur de ses dispositifs de conformité, affirmant qu’environ un tiers de ses effectifs mondiaux est consacré à la lutte contre la criminalité financière.
Une entreprise sous pression dans un secteur surveillé
Wise, qui revendique plus de 19 millions de clients actifs dans le monde et environ 4,7 millions de transactions quotidiennes, évolue dans un secteur particulièrement exposé aux risques de blanchiment et de fraude financière.
En mai 2026, la société a également fait son entrée sur le marché boursier américain via le Nasdaq, une opération destinée à renforcer sa base d’investisseurs.
L’entreprise avait déjà été sanctionnée en 2022 aux Émirats arabes unis par une amende de 360 000 dollars, pour des manquements liés à ses dispositifs de contrôle anti-blanchiment.
Une enquête aux enjeux financiers et réglementaires majeurs
Cette procédure judiciaire intervient dans un contexte de durcissement des contrôles financiers en Europe, où les plateformes de transferts d’argent sont de plus en plus surveillées par les régulateurs.
L’affaire pourrait avoir des conséquences importantes pour Wise Europe, tant sur le plan juridique que sur la confiance des marchés, alors que l’enquête belge continue de progresser.
Sources :
Le Monde
Le Figaro
20 Minutes
