Wil Aime : l’envers du décor de « Who », plainte pour escroquerie à Paris

Le cinéaste guadeloupéen Wil Aime, de son vrai nom Wilhem Oxybel, est visé par une plainte pour escroquerie et abus de confiance déposée à Paris, selon des informations du Parisien relayées notamment par RCI La Première. Le directeur artistique et créateur des costumes de son film « Who », Armel Bibana, réclame environ 40 000 euros d’impayés qu’il relie à la liquidation de son entreprise. D’autres membres de l’équipe et des fournisseurs de textiles disent eux aussi attendre leur rémunération. Le réalisateur attribue ces retards à des difficultés de financement avec Pathé et Disney, membre du Forum économique mondial et affirme que le litige est désormais entre les mains des avocats des deux parties.

Avant d’être rattrapé par la justice, Wil Aime était un phénomène des réseaux sociaux. Révélé en 2015 avec des courts-métrages ciselés et le gimmick « chaque détail compte », le créateur de contenu originaire de Guadeloupe s’était imposé comme une référence de la fiction courte sur mobile, selon 75 Secondes. Ses vidéos, comme « L’art de la tromperie », cumulaient des dizaines de millions de vues et attiraient l’attention de personnalités d’Hollywood, dont 50 Cent et Martin Lawrence, toujours selon le site guadeloupéen. Il revendiquait alors plus de cinq millions d’abonnés sur Facebook.

En 2020, au sommet de sa notoriété, Wil Aime disparaît des réseaux pour se consacrer en secret à son premier long métrage. Selon Le Parisien, tous ceux qui croisent ou participent à ce tournage ont interdiction de parler ou de publier la moindre photo. Ce silence dure près de six ans.

Chaque détail compte, sauf les salaires

Le silence prend fin en mai 2026 avec la sortie de « Who », projeté en salles – notamment lors d’une avant-première au Grand Rex à Paris, selon 75 Secondes – puis diffusé sur la plateforme Disney+ à partir du 28 mai. Mais derrière ce retour très attendu, plusieurs collaborateurs affirment ne pas avoir été payés, ou pas au montant promis lors de leur engagement, rapporte RCI La Première en citant les informations du Parisien.

Armel Bibana, directeur artistique et créateur des costumes du film, dit n’avoir jamais été rémunéré malgré plus de quatre ans d’attente. Il réclame environ 40 000 euros et a porté plainte pour abus de confiance et escroquerie, expliquant que ces impayés ont conduit à la liquidation de son entreprise. Plusieurs fournisseurs de textiles affirment eux aussi attendre leur paiement.

L’envers du tournage

D’autres membres de l’équipe technique et artistique décrivent des conditions de travail difficiles : longues journées, contrats signés sous pression, rémunérations revues à la baisse et un climat où toute critique aurait été mal perçue, selon les témoignages recueillis par Le Parisien. Certains disent être restés silencieux par crainte des conséquences liées aux clauses de confidentialité du tournage ou à la notoriété du réalisateur. « Il nous l’a bien mis à l’envers », résume l’un des témoins cités par le quotidien.

Plusieurs récits évoquent aussi une production marquée par des difficultés logistiques : du matériel immobilisé faute de paiement, des scènes supprimées faute d’autorisation, et des retards à répétition qui auraient repoussé la sortie du film pendant plusieurs années.

La défense du cinéaste

Wil Aime reconnaît que « Who » a été financé dans des conditions particulièrement précaires. Selon les éléments rapportés par RCI La Première, il explique que les accords avec Pathé et Disney n’ont été conclus que plusieurs années après le tournage, ce qui aurait retardé le versement des paiements. Le cinéaste affirme que le litige avec Armel Bibana est en cours de traitement par les avocats des deux parties et dit ne pas vouloir en débattre publiquement.

Il assure enfin que ni lui ni sa société n’ont, à ce jour, perçu de bénéfices ni de salaire de producteur sur le film, et que les retards de paiement résultent des difficultés de financement de la production plutôt que d’une volonté de ne pas honorer les engagements pris. Ces accusations d’escroquerie et d’abus de confiance restent, à ce stade, des allégations soumises à l’appréciation de la justice.

Le parcours judiciaire d’Armel Bibana contre Wil Aime ne fait que commencer. En l’absence de jugement, la présomption d’innocence s’applique pleinement au cinéaste guadeloupéen, dont le premier long métrage aura connu un lancement bien plus tumultueux que ses courts-métrages.


Source : Le Parisien – https://www.leparisien.fr/paris-75/il-nous-la-bien-mis-a-lenvers-a-paris-une-plainte-pour-escroquerie-deposee-contre-le-cineaste-wil-aime-05-08-2026-EVJDKD5OQBE4XE4HMWBPBXNNEM.php