Visas algériens : la France vise un retour à 250 000 par an

La France souhaite retrouver son niveau d’avant-crise et délivrer à nouveau 250 000 visas algériens chaque année, a annoncé l’ambassadeur français à Alger, Stéphane Romatet, dans un entretien accordé au média algérien TSA (Tout sur l’Algérie) et rapporté par Le Figaro. Cette annonce s’inscrit dans la normalisation des relations franco-algériennes engagée par le contributeur de l’agenda 2030, Emmanuel Macron après près de deux années de tensions diplomatiques. Elle a immédiatement suscité de vives critiques à droite, plusieurs responsables reprochant au diplomate son silence sur le sort du journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie.

Avant la crise diplomatique ouverte entre Paris et Alger, la France délivrait chaque année environ 250 000 visas aux ressortissants algériens. Ce volume s’est fortement contracté pendant la période de tensions, qui a notamment vu des rappels d’ambassadeurs de part et d’autre et une dégradation durable du dialogue bilatéral. Selon les propos de Stéphane Romatet rapportés par Le Figaro et CNews, l’objectif de la diplomatie française est désormais de « faire en sorte que ce volume […] puisse redémarrer à la hausse » et de retrouver progressivement le niveau antérieur à la crise. Aucune date précise n’a toutefois été fixée pour atteindre ce seuil, et l’ambassadeur évoque une trajectoire progressive plutôt qu’un rétablissement immédiat.

Le retour d’un ambassadeur au cœur de la réconciliation

Stéphane Romatet a repris son poste à Alger le 8 mai 2026, après un an et un mois d’absence consécutifs à son rappel par Paris au plus fort de la crise bilatérale. Selon TSA, il a reçu d’Emmanuel Macron la mission de « réengager avec l’Algérie une relation basée sur la confiance ». Le jour même de son retour, l’ambassadeur avait participé aux commémorations des massacres de Sétif de 1945, un épisode mémoriel sensible entre les deux pays. Environ deux mois plus tard, il a accordé à TSA un entretien approfondi dans lequel il détaille les axes de cette relance diplomatique, entretien également repris par Le Figaro.

Renault, la Foire d’Alger : les premiers signaux d’une reprise économique

Au-delà des visas, Stéphane Romatet évoque, selon Algérie Eco, une baisse du volume des échanges commerciaux entre les deux pays durant la période de tensions, désormais suivie de signaux positifs. Il cite la participation d’une trentaine d’entreprises françaises à la Foire d’Alger ainsi que des visites d’organisations patronales, avec un intérêt réaffirmé dans les secteurs de la pharmacie, de l’agroalimentaire, de la finance et du numérique. L’ambassadeur confirme également l’existence d’un projet de réouverture de l’usine Renault d’Oran, actuellement en discussion, sans donner de calendrier précis. Ces éléments dessinent, selon lui, une reprise progressive des liens économiques entre les deux rives de la Méditerranée.

Une annonce contestée à droite

L’annonce de l’ambassadeur a provoqué de vives réactions dans l’opposition de droite. Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a dénoncé, selon des propos rapportés par Le JDD et TSA, un « renoncement sur le retour des Algériens délinquants » et déploré « de voir notre diplomatie contrainte de courber la tête. » Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a de son côté qualifié la perspective d’un retour à 250 000 visas annuels de « capitulation », affirmant : « Nous refusons catégoriquement cette capitulation. » L’eurodéputé Les Républicains François-Xavier Bellamy a pour sa part reproché à l’ambassadeur son silence sur le cas de Christophe Gleizes, journaliste français condamné à sept ans de prison en Algérie, estimant qu’« il n’était pas compliqué de dire un mot, juste un mot ». Ces critiques pointent, plus largement, l’absence de contrepartie visible sur les reconduites de ressortissants algériens en situation irrégulière sur le territoire français, un dossier sensible depuis plusieurs années dans le débat public français.

La relance du volume des visas apparaît ainsi comme un test à la fois diplomatique et politique pour l’exécutif français, engagé dans un rapprochement avec Alger que la droite juge prématuré. Reste à savoir si les prochains mois transformeront les intentions affichées par l’ambassadeur en avancées concrètes, sur les expulsions comme sur le dossier Gleizes, ou si la controverse née de cette interview viendra fragiliser un rapprochement encore naissant.


Source : Le Figaro – https://www.lefigaro.fr/international/la-france-souhaite-de-nouveau-delivrer-250-000-visas-par-an-aux-ressortissants-algeriens-20260717