Passeport ouvert avec tampons de voyage, illustration visa Etats-Unis

Visa américain : Washington étend le contrôle des réseaux sociaux

L’administration Trump étend le contrôle obligatoire des réseaux sociaux aux journalistes étrangers ainsi qu’aux ressortissants canadiens et mexicains sollicitant un visa américain. Le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, justifie la mesure par une formule sans détour : « avoir un visa est un privilège et non un droit ». Les approbations de visas étudiants ont déjà chuté de 62 % pour les Indiens et de 34 % pour les Chinois sur la période concernée.

Les demandeurs de visas F-1 (études académiques ou linguistiques), M-1 (formations professionnelles ou techniques) et J-1 (échanges culturels et professionnels) devaient déjà rendre publics les paramètres de confidentialité de leurs comptes sur les réseaux sociaux pour espérer obtenir leur document. L’administration Trump étend désormais cette obligation aux journalistes étrangers et à certains ressortissants du Canada et du Mexique. Le département d’Etat justifie la mesure par la nécessité de garantir que les demandeurs « remplissent les conditions légales et ne représentent pas un risque pour la sûreté ». Marco Rubio a résumé la philosophie du dispositif : « avoir un visa est un privilège et non un droit. »

Les journalistes, nouvelle cible

Les correspondants étrangers sont désormais limités à 240 jours de séjour aux Etats-Unis, soit environ huit mois. Plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent une atteinte sans précédent à l’exercice du métier de journaliste sur le sol américain.

Des algorithmes croisés avec le FBI et la NSA

L’examen des profils repose sur des outils de traitement automatique du langage, chargés de repérer des mots-clés associés au terrorisme ou à la violence politique. Les données ainsi collectées sont croisées avec les bases du FBI, de la NSA et du département de la Sécurité intérieure. Cette extension s’inscrit dans un durcissement engagé depuis avril 2025, lorsque l’administration avait déjà étendu ses vérifications aux demandeurs ayant séjourné à Gaza depuis janvier 2007.

Chute des visas étudiants, tensions diplomatiques

Les chiffres illustrent l’ampleur du tour de vis. Les approbations de visas étudiants F-1 ont chuté de 62 % pour les ressortissants indiens et de 34 % pour les ressortissants chinois. Pour New Delhi, partenaire jugé stratégique dans la politique américaine face à Pékin dans l’Indopacifique, le traitement réservé à ses étudiants ressemble à un camouflet diplomatique. Les universités américaines, elles, voient fondre des revenus considérables liés aux frais de scolarité des étudiants étrangers. L’extension aux voisins canadiens et mexicains tranche par ailleurs avec l’esprit de l’accord commercial nord-américain (AEUMC), alors que les échanges trilatéraux atteignent 1 300 milliards de dollars par an.

Le passeport ne suffit plus à franchir la frontière américaine. Il faudra désormais aussi montrer patte blanche sur son fil Instagram.


Source : BFMTV — www.bfmtv.com