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Photo : Tournasol7 / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Viol par soumission chimique : un Lyonnais jugé, lié à Pelicot

Un Lyonnais de 39 ans est jugé jeudi et vendredi devant la cour criminelle du Rhône pour viol par soumission chimique sur sa compagne. Selon les enquêteurs, l’accusé souhaitait bénéficier de « l’expérience » de Dominique Pelicot pour endormir sa conjointe avant d’abuser d’elle. Il encourt vingt ans de réclusion criminelle et conteste désormais les faits.

L’affaire avait été révélée par Le Progrès en octobre 2025. Garde du corps de profession, l’homme est accusé d’avoir drogué et violé sa compagne à plusieurs reprises alors qu’elle était endormie, et de l’avoir filmée à son insu pour diffuser les images en ligne, ce qu’il conteste. D’après les conclusions des enquêteurs, citées par Le Progrès et l’AFP, il était « désireux de bénéficier de l’expérience de M. Pelicot » dans le but d’endormir sa conjointe.

Son avocat, M e Gabriel Versini-Bullara, estime que l’enjeu du dossier sera de déterminer s’il a réellement existé des liens nourris entre les deux hommes, laissant penser que l’un aurait été le mentor de l’autre. Dominique Pelicot, qui purge une peine de vingt ans de réclusion pour avoir drogué et livré son ex-épouse Gisèle Pelicot à des dizaines d’inconnus, ne sera pas présent devant la cour, selon son avocate Béatrice Zavarro.

Des sédatifs et des vidéos tournées à son insu

L’enquête remonte à l’arrestation de Dominique Pelicot, le 12 septembre 2020, dans un supermarché de Carpentras. Les enquêteurs ont alors découvert dans son téléphone des échanges avec un homme lui proposant de venir à Lyon pour droguer et violer sa compagne. Le Lyonnais a été placé en garde à vue le 13 juin 2023. Lors de la perquisition, de nombreuses images de sa compagne dénudée auraient été retrouvées dans son téléphone, certaines tournées à l’aide d’une caméra cachée dans leur chambre depuis le début de leur relation, en 2015.

Sur certaines vidéos, la victime apparaît inconsciente. De son côté, la plaignante a indiqué aux enquêteurs avoir connu une période de grande fatigue entre 2020 et 2023, ponctuée de vertiges et de plusieurs « trous noirs » après s’être endormie, sans en comprendre l’origine. De puissants sédatifs ont été retrouvés dans un coffre-fort auquel elle n’avait pas accès.

Un « jeu sexuel » invoqué par l’accusé

Lors de sa première audition devant le juge d’instruction, l’homme avait reconnu un viol et une agression sexuelle après avoir drogué sa conjointe avec un somnifère. Il est depuis revenu sur ses aveux et clame son innocence, évoquant désormais un « jeu sexuel ». Sur l’une des vidéos, il interrompt toutefois brusquement ses gestes alors que la victime esquisse un bref réveil. Pour les magistrats instructeurs, « l’endormissement profond » de la jeune femme « exclut toute forme de consentement ».

L’instruction a établi que l’accusé échangeait en ligne avec d’autres hommes pour comprendre comment droguer sa compagne afin de la violer ou de « l’offrir » à son insu. Parmi ses interlocuteurs figurait l’ex-mari de Gisèle Pelicot, avec lequel il affirme avoir cessé toute correspondance en comprenant qu’il « n’était pas seulement dans le fantasme ».

Des chefs d’accusation qui s’accumulent

Au-delà du viol sous soumission chimique, l’accusé est soupçonné d’avoir créé de faux profils au nom de sa compagne sur le site de rencontres Coco, fermé depuis par la justice, et d’y avoir publié des images volées d’elle. La plaignante a rapporté que des hommes se sont présentés à plusieurs reprises devant son lieu de travail, croyant avoir rendez-vous. La cour devra également examiner des contenus pédopornographiques détenus par l’accusé, qui a tour à tour évoqué une « curiosité mal placée » et des « moments d’égarement ».

La victime a accepté que le procès se tienne sans huis clos, mais ne souhaite pas s’exprimer publiquement, précise son avocate M e Julia Studient. Le verdict est attendu vendredi en fin de journée. Au-delà de ce dossier, l’affaire illustre la manière dont le procès Pelicot a fait émerger la question des viols par soumission chimique dans le débat judiciaire français.

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Source : Le Progrès (avec AFP) – leprogres.fr

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