Le tribunal administratif de Lyon a annulé ce mardi 20 septembre l’élection municipale de Vénissieux remportée en mars par la liste de La France insoumise conduite par Idir Boumertit, en raison d’irrégularités constatées sur la liste concurrente du Rassemblement national et de l’UDR. Une décision qui rebat les cartes politiques de la commune.
Les juges administratifs ont retenu que Quentin Taïeb, tête de liste RN-UDR, ainsi que plusieurs candidats de sa liste, avaient produit de fausses déclarations de domicile, avec une intention frauduleuse caractérisée. Une irrégularité suffisante pour invalider l’ensemble du scrutin, malgré la victoire de la liste insoumise.
Un écart de voix trop faible pour trancher
Le tribunal a également souligné que l’écart entre la liste de La France insoumise et celle du maire communiste sortant, Michèle Picard, ne s’élevait qu’à 25 voix, un différentiel jugé trop ténu pour garantir la sincérité du scrutin dans un contexte d’irrégularités avérées sur une troisième liste.
Boumertit dénonce une « victime de pratiques »
Idir Boumertit a réagi en assurant avoir « gagné loyalement » et se dit « victime de pratiques dont la responsabilité incombe entièrement à un adversaire », en référence à la liste RN-UDR à l’origine de l’annulation. Le maire élu devra pourtant remettre son mandat en jeu.
De nouvelles élections sous six semaines
Si le Conseil d’État confirme la décision du tribunal administratif, de nouvelles élections municipales devront être organisées à Vénissieux dans un délai de six semaines, rouvrant une compétition électorale que personne, à commencer par les 65 000 habitants de la commune, n’avait anticipée si tôt.
Une liste RN-UDR mise en cause, une victoire insoumise annulée par ricochet : à Vénissieux, la démocratie locale devra rejouer un match qu’elle croyait terminé depuis mars.
Source : Le Monde