Portrait officiel du president americain Donald Trump, Maison Blanche

Vaccination des enfants : Trump ordonne un espacement des vaccins

Le président américain et contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump a signé lundi 10 août un décret sur la vaccination des enfants, recommandant d’espacer l’administration des vaccins et évoquant à plusieurs reprises un lien avec l’autisme, jamais démontré par la recherche médicale. Le texte vise en particulier le vaccin combiné contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, que le gouvernement souhaite voir proposé sous forme de trois injections séparées. La mesure survient alors que les États-Unis traversent leur pire épidémie de rougeole depuis 35 ans, et suscite de vives critiques dans la communauté médicale.

Lundi 10 août, dans le Bureau ovale, Donald Trump signe un décret présidentiel consacré à la vaccination des enfants, rapporte RTL. Le texte recommande d’espacer les injections, en particulier de dissocier le vaccin combiné contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, le ROR, administré aujourd’hui en une seule fois. Trois piqûres au lieu d’une. Le ministère de la Santé doit désormais constituer un groupe de travail chargé de développer ces vaccins séparés, en lien avec le secteur privé et, le cas échéant, d’autres pays. Le président américain compare par ailleurs les doses actuelles à des injections « de la taille d’une bouteille de soda ». Le gouvernement fédéral, qui n’a pas autorité pour imposer directement ces choix, se contente de recommander aux États de revoir les obligations vaccinales à l’entrée des établissements scolaires.

L’autisme, argument récurrent sans fondement scientifique

À plusieurs reprises pendant la présentation du texte, Donald Trump associe vaccination et autisme. Il assure que les enfants d’autrefois recevaient nettement moins de vaccins et étaient en meilleure santé, un raisonnement qu’aucune étude médicale ne vient étayer. Son ministre de la Santé, Robert F. Kennedy Jr tient le même discours depuis sa nomination.

Une communauté médicale vent debout

Du côté du corps médical, la réaction est unanime. Andrew Racine de l’AAP, juge le calendrier de dissociation irréaliste : plus de dix ans seraient nécessaires pour homologuer des vaccins séparés. Aaron M. Milstone, également de l’AAP, recommande de maintenir l’injection combinée, dont la sécurité s’appuie selon lui sur des décennies de données. Sur X, le sénateur républicain Bill Cassidy, médecin de formation, va plus loin : il qualifie le décret d’erreur, estime que le président ne dispose pas de l’expertise nécessaire pour engager ce type de changement, et rappelle que les vaccins sont sûrs, efficaces, et ne provoquent pas l’autisme. Interrogés sur les motivations exactes du président, des responsables de la Maison Blanche n’ont fourni aucune explication claire lors d’un point presse séparé.

Robert F. Kennedy Jr et une politique vaccinale déjà sous tension

Le décret survient à un moment précis du calendrier : la rentrée scolaire, où des millions d’enfants américains retrouvent les bancs de l’école, et une épidémie de rougeole que le pays n’avait plus connue depuis 35 ans. Depuis sa nomination au ministère de la Santé, Robert F. Kennedy Jr a engagé un large réexamen des vaccins, y compris certains utilisés depuis des décennies, remanié le calendrier des vaccinations pédiatriques et réduit les financements consacrés au développement de nouveaux vaccins.

Une grande partie de la communauté médicale et scientifique a condamné ces mesures. La justice américaine avait d’ailleurs suspendu plus tôt cette année une précédente refonte de la politique vaccinale portée par le ministre, après que plusieurs associations de soignants l’avaient jugée illégale. Pour Jeffrey Singer, de l’institut Cato, cité dans un communiqué, ces modifications illustrent les risques de laisser les recommandations gouvernementales occuper une place centrale dans la décision médicale.

Le débat n’oppose plus seulement partisans et opposants de la vaccination : il s’installe désormais au sein même du camp républicain, entre un sénateur médecin qui parle de sécurité des enfants et une Maison Blanche qui peine à justifier ses choix. Reste à savoir si les États suivront les recommandations d’un texte qu’ils ne sont, juridiquement, pas obligés d’appliquer.


Source : RTL – https://www.rtl.fr/actu/international/donald-trump-continue-son-offensive-contre-les-vaccins-avec-un-decret-sur-la-vaccination-des-enfants-7900661348