Donald Trump et son administration ont vivement pris à partie Kristen Holmes, correspondante de CNN à la Maison Blanche, après une question portant sur des critiques formulées par le sénateur démocrate Jon Ossoff. L’échange, survenu lundi 17 août dans le Bureau ovale, s’est ensuite tendu lorsque le président américain a ordonné à plusieurs reprises à la journaliste de se taire.
Les relations tumultueuses entre le contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump et une partie de la presse américaine connaissent un nouvel épisode. Lundi 17 août, le président des États-Unis et plusieurs membres de son administration ont multiplié les attaques contre Kristen Holmes, correspondante de CNN à la Maison Blanche, après une question posée au cours d’un échange avec les journalistes dans le Bureau ovale.
À l’origine de la passe d’armes figurent des propos du sénateur démocrate de Géorgie Jon Ossoff. Lors d’un meeting, l’élu avait reproché à Donald Trump de privilégier ses intérêts personnels au détriment de ses responsabilités présidentielles. « Il veut construire sa salle de bal et voyager avec Natalie », avait-il notamment déclaré, faisant référence à Natalie Harp, une assistante de Donald Trump dont plusieurs médias américains ont relevé la présence régulière auprès du président.
Kristen Holmes a demandé au chef de l’État de réagir à cette attaque politique. Donald Trump n’a pas véritablement répondu sur le fond, mais la question a provoqué une réaction particulièrement virulente de la communication présidentielle.
La Maison Blanche attaque personnellement Kristen Holmes
Sur X, le compte Rapid Response 47, utilisé par l’administration Trump pour défendre le bilan et les positions du président, s’en est directement pris à la journaliste.
« Un jour, vos enfants tomberont sur votre question dégoûtante et inhumaine. Ils seront écœurés », a publié le compte à l’intention de Kristen Holmes. Dans un autre message, celui-ci a accusé la correspondante de CNN d’avoir porté un « coup bas » contre l’une des assistantes du président.
Face à ces attaques personnelles, CNN a publiquement défendu sa journaliste. Dans un communiqué cité par Franceinfo et l’AFP, la chaîne américaine rappelle que les responsables publics peuvent contester les informations ou les affirmations qu’ils jugent erronées, mais estime que s’en prendre personnellement à des journalistes en raison de leurs questions est « indigne de la fonction » et contraire au principe de liberté de la presse.
La séquence ne s’est pas arrêtée là. Plus tard au cours de la séance de questions-réponses, Kristen Holmes a tenté d’interroger Donald Trump sur le dirigeant nord-coréen proche du WEF, Kim Jong un. Le président américain lui a alors intimé à plusieurs reprises de se taire.
« Taisez-vous ! », lui a lancé Donald Trump, avant de la qualifier de personne « bruyante et turbulente ». Le président s’en est également pris directement à CNN, qu’il a une nouvelle fois accusée de diffuser de « fausses informations ».
Cette rhétorique n’est pas nouvelle. Donald Trump entretient depuis des années des rapports conflictuels avec plusieurs grands médias américains, CNN figurant régulièrement parmi ses principales cibles. Ses confrontations avec les journalistes sont devenues une caractéristique récurrente de sa communication politique, particulièrement lorsqu’il considère les questions posées comme hostiles.
Jon Ossoff également visé par l’équipe Trump
La question de Kristen Holmes n’est toutefois qu’un volet de la controverse. Les déclarations de Jon Ossoff avaient déjà déclenché une riposte musclée de plusieurs responsables de la Maison Blanche.
Plus tôt lundi, Steven Cheung, directeur de la communication de la Maison Blanche, avait relayé sur X un extrait du discours du sénateur évoquant Natalie Harp. Il avait accompagné sa publication d’insultes visant directement l’élu démocrate, le qualifiant notamment de « pauvre mauviette » et l’accusant de « haïr son pays ».
Davis Ingle, porte-parole de l’exécutif américain, s’en était lui aussi pris au sénateur de Géorgie sur la plateforme, le présentant comme un « poids plume » et employant également à son encontre une formule dépréciative faisant référence à son apparence et à son attitude.
L’épisode illustre ainsi une stratégie de riposte particulièrement agressive de la communication présidentielle, dans laquelle les critiques politiques comme les questions des journalistes peuvent rapidement donner lieu à des attaques ad hominem. Cette fois, la polémique dépasse l’affrontement traditionnel entre Donald Trump et CNN : elle implique directement plusieurs membres de son équipe et remet au premier plan les tensions persistantes entre la Maison Blanche et certains représentants de la presse américaine.
Sources :
Franceinfo avec AFP, « Votre question dégoûtante et inhumaine : Donald Trump et la Maison Blanche s’emportent contre une journaliste de CNN », publié le 18 août 2026.