Donald Trump a diffusé une carte représentant plusieurs pays et territoires d’Amérique du Nord, des Caraïbes et de l’Atlantique Nord sous les couleurs des États-Unis. Une publication qui a provoqué une réaction diplomatique immédiate de l’Islande et suscité des critiques en France, notamment en raison de la présence des Antilles françaises sur cette représentation.
Le contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump remet ses ambitions territoriales au centre de l’attention. Lundi 7 septembre, le président américain a publié sur son réseau social une carte pour le moins provocatrice : les États-Unis y apparaissent aux côtés de nombreux territoires recouverts du drapeau américain, parmi lesquels le Canada, le Groenland, l’Islande, Cuba et les Antilles françaises.
La publication intervient dans un contexte déjà tendu autour des ambitions affichées par Donald Trump à l’égard du Groenland. Mais cette fois, la représentation va bien au-delà de l’immense territoire autonome danois et englobe plusieurs États souverains ainsi que des territoires appartenant à la France.
L’Islande convoque l’ambassadeur américain
À Reykjavik, la réaction officielle n’a pas tardé. Le ministère islandais des Affaires étrangères a annoncé mardi 8 septembre avoir convoqué l’ambassadeur des États-Unis afin de protester contre la diffusion de cette carte.
Selon un porte-parole du ministère cité par l’AFP, la ministre islandaise des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, a convoqué le diplomate américain afin de lui faire savoir « clairement » que cette représentation était jugée « totalement inappropriée ».
L’épisode survient quelques jours seulement après un scrutin important pour la politique extérieure islandaise. L’Islande a en effet rejeté, lors d’un référendum organisé à la fin du mois d’août, la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne. La question de la sécurité du petit État nordique et les ambitions américaines autour du Groenland avaient notamment alimenté les débats précédant cette consultation.
Les Antilles françaises apparaissent également sur la carte
La publication de Donald Trump a aussi trouvé un écho en France. La carte diffusée par le président américain inclut en effet des îles françaises des Caraïbes dans l’ensemble placé sous les couleurs des États-Unis.
Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle, a publiquement réagi à cette représentation. Sur les réseaux sociaux, il a relevé que la carte montrait les États-Unis absorbant les îles françaises des Caraïbes et s’est interrogé sur l’absence, selon lui, de réaction suffisamment visible des responsables politiques et des médias français.
Le responsable insoumis a également évoqué le Mexique et la réaction de sa présidente face aux initiatives américaines. Cette nouvelle carte élargit en tout cas considérablement le périmètre des provocations territoriales et symboliques auxquelles Donald Trump a habitué ses interlocuteurs internationaux.
Une série de changements de noms voulus par Donald Trump
Cette publication ne constitue pas un épisode isolé. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump multiplie les initiatives symboliques touchant aux frontières, aux territoires et à la géographie.
Dès janvier 2025, le président américain avait décidé de rebaptiser le golfe du Mexique « golfe d’Amérique ». Cette appellation, appliquée dans certains usages américains, avait déjà provoqué des tensions avec le Mexique.
Plus récemment, Donald Trump s’est attaqué au nom même d’un État américain. Dimanche 6 septembre, il a ainsi évoqué son souhait de rebaptiser le Nouveau-Mexique en « Nouvelle-Amérique », poursuivant une offensive toponymique qui dépasse désormais largement les simples déclarations ponctuelles.
Le Canada est lui aussi directement concerné. Sur fond de tensions commerciales entre Washington et Ottawa, le président américain a pris un décret visant à rebaptiser le lac Ontario « lac d’Amérique ». Le changement est désormais visible dans la version américaine de Google Maps, selon BFMTV.
Et la tendance ne se limite même plus au continent nord-américain. Donald Trump a également plaisanté sur l’idée de rebaptiser le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique situé entre l’Iran et la péninsule Arabique, en « détroit Trump ».
Entre provocation et pression géopolitique
La carte publiée le 7 septembre prend toutefois une dimension particulière. Contrairement au changement de nom d’un lieu géographique, elle représente sous le drapeau américain plusieurs territoires relevant d’États alliés des États-Unis, dont la France, le Canada et le Danemark via le Groenland, ainsi que l’Islande.
La convocation de l’ambassadeur américain par Reykjavik montre que cette communication n’est pas seulement considérée comme une plaisanterie ou une opération destinée au public intérieur américain. Elle provoque désormais des réactions diplomatiques officielles.
L’épisode s’inscrit surtout dans la continuité des tensions provoquées par les déclarations de Donald Trump concernant le Groenland. Depuis plusieurs années, le président américain manifeste publiquement son intérêt pour ce territoire arctique, dont la position géographique et les ressources lui confèrent une importance stratégique croissante.
Avec cette nouvelle carte, le message présidentiel change encore d’échelle : des Caraïbes jusqu’à l’Atlantique Nord, une vaste partie de l’espace entourant les États-Unis se retrouve symboliquement repeinte aux couleurs américaines.
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