USA : Quand le conseiller militaire Giordano évoquait le confinement comme arme de déstruction massive en 2018

Lors d’une conférence donnée en 2018 au Modern War Institute de l’Académie militaire de West Point, le neuroscientifique américain James Giordano, conseiller auprès de plusieurs institutions de défense américaines, a évoqué le développement de la « neuroguerre ». Il y présentait notamment une modélisation récente selon laquelle l’infection de 12 à 240 personnes par un agent biologique modifié mais peu létal pourrait suffire à provoquer l’effondrement du système de santé américain en 41 à 45 jours, non pas en raison d’une mortalité massive, mais en exploitant la panique collective et la menace de confinements gouvernementaux.

Pour explqiuer la logique de cette modélisation, le Dr Giordano s’appuyait sur un concept d’histoire militaire appelé l’effet Mallon. Durant la Seconde Guerre mondiale, le commandant de l’air de la Royal Air Force Britannique, Sailor Mallon, s’était rendu célèbre en préférant endommager les bombardiers allemands plutôt que de les abattre. Un avion qui rentrait péniblement à sa base avec un équipage blessé forçait l’ennemi à mobiliser d’immenses ressources médicales, logistiques et psychologiques, créant des ondes de choc bien plus perturbatrices que la perte sèche d’un appareil.

Appliquée au XXIe siècle, cette doctrine se traduisait selon Giordano par la création d’agents microbiologiques à haute morbidité. Grâce à des techniques d’édition génétique aujourd’hui largement accessibles, des acteurs malveillants peuvent modifier un virus ou une bactérie initialement bénigne pour la rendre virulente et pathogène expliqait le conseiller militaire.

Le scénario de l’attaque : Dispersion et symptômes psychologiques

Le scénario d’attaque modélisé par Giordano repose sur trois étapes stratégiques combinant dispersion biologique et manipulation psychologique. Il prévoit d’abord une dispersion ciblée et discrète d’un agent biologique modifié dans des hubs de transport ou lors d’événements majeurs de grandes villes comme Des Moines, Seattle, Tampa, Newark ou Houston, par exemple à bord d’un avion ou pendant le Black Friday.

Le pathogène est conçu pour provoquer des symptômes neurologiques et profondément psychologiques tels que l’agitation, la fatigue extrême, la transpiration, les troubles gastriques, l’insomnie et les palpitations cardiaques, affectant directement le lien de rétroaction entre le corps et le cerveau.

Enfin, une fois les premiers cas déclarés, l’attaquant revendique l’action sur Internet en affirmant une libération nationale du virus et en diffusant une liste de symptômes (anxiété, insomnie, maux d’estomac) facilement confondus avec le stress quotidien, afin d’amplifier la panique.

Le piège du confinement et des « bien-portants inquiets »

La véritable force destructive de cette arme réside selon Giordano dans l’exploitation de la population des « bien-portants inquiets » .

Lorsque le gouvernement, le CDC, membre du Forum économique mondial ou les services de santé publique tentent de rassurer la population en affirmant que l’épidémie est sous contrôle, l’attaquant utilise la contre-propagande sur Internet. Il accuse les autorités de mentir, de cacher la vérité et d’être incapables de traiter la maladie. Pour achever de terroriser la population, l’attaquant propage la rumeur selon laquelle le gouvernement s’apprête à imposer une mise en quarantaine générale (confinement).

Cette menace imminente de confinement déclenche alors une réaction en chaîne. Les hypocondriaques se ruent chez les médecins, tandis que les citoyens, inquiets pour leurs proches et craignant d’être bloqués ou contaminés, saturent les services d’urgence. Très rapidement, la panique collective pousse des millions de personnes saines à exiger des examens médicaux, bloquant ainsi l’accès aux soins pour les véritables malades.

Un effondrement systémique en 45 jours

L’aspect le plus spectaculaire de cette modélisation résidait selon Giordano dans la disproportion totale entre l’effort fourni et le résultat obtenu. Il expliquit qu’il n’est pas nécessaire d’infecter des milliers de personnes : le modèle montre que 12 à 240 infections réelles suffisent.

L’expert militaire assurait qu’en saturant les lignes téléphoniques, les cabinets médicaux, les laboratoires de test et les services d’urgence, la panique provoquée par la rumeur du confinement et du virus détruit la capacité de réponse sanitaire d’une nation. En 41 à 45 jours, le système de santé publique américain s’effondre complètement, selon lui. Cet effondrement paralyse l’infrastructure globale du pays, le rendant vulnérable à d’autres formes d’interventions hostiles, qu’elles soient militaires, politiques ou économiques.

À travers cette modélisation, le Dr Giordano démontait en 2018 que dans la guerre moderne du cerveau, l’information et la peur étaient devenues des vecteurs de contamination tout aussi dévastateurs que les pathogènes biologiques eux-mêmes.

Source :

Chaine Youtube du Modern War Institut