You are currently viewing Ukraine : l’OTAN condamne la Russie après la chute d’un drone sur un immeuble en Roumanie
La Roumanie affirme qu'un drone russe a touché un immeuble résidentiel sur son territoire. Photo : Capture d'écran de FranceInfo - Facebook.

Ukraine : l’OTAN condamne la Russie après la chute d’un drone sur un immeuble en Roumanie

La guerre en Ukraine a franchi un nouveau seuil de tension après la chute d’un drone russe sur un immeuble résidentiel de la ville roumaine de Galati, près de la frontière ukrainienne. Deux personnes ont été légèrement blessées dans ce qui constitue le premier impact confirmé d’un drone russe sur une infrastructure civile en Roumanie depuis le début de l’invasion russe. L’OTAN, l’Union européenne et plusieurs dirigeants occidentaux dénoncent une escalade jugée « irresponsable ».

Dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 mai 2026, un drone russe s’est écrasé sur un immeuble résidentiel de la ville de Galati, dans l’est de la Roumanie, provoquant un incendie et blessant légèrement deux habitants. La ville, située à moins de 20 kilomètres de la frontière ukrainienne et à proximité immédiate du Danube, vit depuis plusieurs mois sous la menace des frappes visant les infrastructures portuaires ukrainiennes.

Le ministère roumain de la Défense a indiqué dans un communiqué que les forces russes avaient mené « des attaques de drones contre des cibles civiles et des infrastructures en Ukraine, près de la frontière fluviale avec la Roumanie ». Selon Bucarest, « l’un de ces drones a pénétré dans l’espace aérien roumain, a été suivi par radar jusqu’à la partie sud de la ville de Galati, puis s’est écrasé sur le toit d’un immeuble d’habitation ».

L’impact a provoqué un départ de feu rapidement maîtrisé par les secours. Deux civils ont été blessés légèrement, sans que leur pronostic vital ne soit engagé. Des dizaines d’habitants ont été évacués pendant plusieurs heures. Les autorités roumaines ont ouvert une enquête militaire afin de déterminer précisément le type de drone utilisé et les circonstances exactes de son entrée dans l’espace aérien national.

Le ministère de la Défense roumain a dénoncé « un acte irresponsable » mettant « en danger non seulement la sécurité des citoyens roumains mais aussi la sécurité collective de l’OTAN ». Il s’agit de la première fois, depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022, qu’un drone russe touche officiellement une infrastructure civile habitée sur le territoire roumain.

Vers une consultation d’urgence de l’OTAN ?

Quelques heures après l’incident, l’OTAN a réagi publiquement. Allison Hart, porte-parole de l’Alliance atlantique, a déclaré sur le réseau social X : « Nous condamnons l’irresponsabilité de la Russie. » Elle a précisé que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, était « en contact permanent avec les autorités roumaines ».

Selon plusieurs sources diplomatiques citées vendredi 29 mai, la Roumanie étudie désormais la possibilité de demander l’activation de l’article 4 du traité de l’OTAN. Cet article prévoit des consultations entre les États membres lorsqu’un pays estime que « son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité » sont menacées.

L’activation de cet article ne signifie pas automatiquement une intervention militaire collective, contrairement à l’article 5 du traité, mais représenterait un signal politique extrêmement fort adressé à Moscou. Depuis le début du conflit, la Roumanie, membre de l’OTAN depuis 2004, joue un rôle stratégique majeur dans le soutien logistique apporté à l’Ukraine, notamment via les ports du Danube et les infrastructures militaires situées sur le flanc est de l’Alliance.

Le gouvernement roumain a également demandé à l’OTAN « d’accélérer le transfert de moyens de lutte contre les drones » vers son territoire. Depuis 2023, plusieurs fragments de drones russes avaient déjà été retrouvés dans le delta du Danube, sans faire de victimes ni toucher directement des bâtiments résidentiels.

L’Union européenne hausse le ton contre Moscou

Vendredi 29 mai, les réactions européennes se sont multipliées. La ministre roumaine des Affaires étrangères, Oana Toiu, a convoqué l’ambassadeur de Russie à Bucarest afin d’obtenir des explications officielles. Elle a qualifié l’incident « d’extrêmement grave » et affirmé que la Roumanie communiquerait « les conséquences que ce manque de responsabilité de la part de la Russie aura sur les relations diplomatiques entre nos deux pays ».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que la Russie avait franchi « une nouvelle limite » dans sa guerre contre l’Ukraine. « Nous sommes pleinement solidaires de la Roumanie et de son peuple », a-t-elle écrit sur X, ajoutant que l’Union européenne continuerait « d’accentuer la pression sur la Russie » à travers un nouveau paquet de sanctions actuellement en préparation à Bruxelles.

En France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé vendredi matin sur France Inter la convocation de l’ambassadeur russe à Paris. « Les frappes massives du week-end dernier contre les civils, les menaces qui pèsent sur les diplomates français et européens à Moscou ainsi que ces nouveaux actes irresponsables sont autant d’intimidations vaines », a déclaré le chef de la diplomatie française.

La présidente moldave Maia Sandu a également dénoncé un fait « grave ». « Je condamne fermement que des drones russes frappent les Roumains chez eux. La Russie est un danger pour tous et doit être stoppée », a-t-elle écrit.

Nouvelle montée des tensions en mer Noire

L’incident de Galati intervient dans un contexte de forte intensification des attaques russes contre les infrastructures ukrainiennes situées autour du Danube et de la mer Noire. Le même jour, vendredi 29 mai 2026, la marine ukrainienne a affirmé qu’un cargo turc avait été attaqué par un drone russe en mer Noire.

Selon Kiev, l’attaque a provoqué un incendie à bord du navire et blessé deux membres de l’équipage. Les autorités ukrainiennes accusent Moscou de chercher à perturber les routes commerciales maritimes utilisées pour les exportations agricoles et le transport de marchandises entre l’Ukraine et ses partenaires internationaux.

Depuis plusieurs mois, les ports ukrainiens d’Izmaïl et de Reni, situés le long du Danube face au territoire roumain, sont régulièrement ciblés par les frappes russes. Ces installations sont devenues essentielles pour les exportations ukrainiennes depuis la réduction drastique des activités dans certains ports de la mer Noire.

La proximité immédiate entre les zones bombardées et le territoire de l’OTAN nourrit désormais une inquiétude croissante parmi les chancelleries occidentales. Plusieurs responsables militaires européens craignent qu’un incident plus grave puisse entraîner une crise diplomatique majeure entre Moscou et l’Alliance atlantique.

Sources :
Le Monde
Franceinfo
Libération
France Inter

Laisser un commentaire