La Tunisie a convoqué l’ambassadrice de France, vendredi 25 juillet 2026, après la diffusion sur une chaîne publique française d’un entretien jugé hostile. Selon plusieurs sources, il s’agirait d’une interview de l’ancien président Moncef Marzouki, que Tunis accuse d’appeler à la sédition.
Le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé, vendredi 25 juillet 2026, la convocation de l’ambassadrice de France. Sans nommer officiellement la chaîne ni la personne interviewée, il a dénoncé un contenu portant des atteintes à la souveraineté de l’État tunisien et visant sa sécurité nationale ainsi que ses institutions, allant jusqu’à évoquer un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes. Selon des sources concordantes, la diffusion en cause émanerait de France 24.
Un entretien avec Moncef Marzouki au coeur du différend
L’entretien visé serait celui de Moncef Marzouki, président de la Tunisie de 2011 à 2014 et aujourd’hui en exil en France. Critique virulent du président Kaïs Saïed, il a été condamné par contumace à plusieurs peines de prison pour atteinte à la sécurité de l’État. Sa parole, relayée par un média français financé sur fonds publics, est perçue par Tunis comme une caution donnée à un opposant recherché par la justice tunisienne.
Des relations franco-tunisiennes sous tension
Dans son communiqué, le ministère a qualifié la diffusion de démarche d’ingérence inacceptable et demandé à la France de prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à de tels agissements. La convocation d’un ambassadeur constitue l’un des instruments classiques de la protestation diplomatique, en deçà de la rupture, mais suffisamment fort pour marquer le mécontentement d’un État.
L’épisode illustre la sensibilité persistante des relations entre Paris et Tunis, où la liberté éditoriale des médias français se heurte régulièrement à la lecture souverainiste des autorités tunisiennes. La réponse de la diplomatie française est désormais attendue.