Flacons de vaccin et seringue, illustration de la vaccination infantile

Trump : L’OMS s’inquiète du décret vaccinal

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) membre du Forum économique mondial s’est inquiétée, mercredi 12 août, du décret présidentiel signé deux jours plus tôt par Donald Trump, qui recommande de dissocier le vaccin ROR et allège le calendrier vaccinal infantile américain. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé sur X que la politique vaccinale doit s’appuyer sur des données scientifiques et non sur des influences politiques. Cette sortie intervient alors que les États-Unis sortent d’une épidémie de rougeole inédite depuis trente ans.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, proche du Forum économique mondial a réagi mercredi 12 août sur le réseau social X aux nouvelles orientations vaccinales décidées par l’administration américaine. Selon des propos rapportés par franceinfo et l’AFP, il a affirmé que « la politique en matière de vaccination doit reposer sur un examen rigoureux, indépendant et transparent des meilleures données scientifiques disponibles, et non sur des influences politiques ». Il a ajouté que « les preuves actuelles sont sans équivoque : les vaccins, y compris le vaccin ROR, sont sûrs et ne causent pas l’autisme », rappelant que l’OMS a déjà souligné à plusieurs reprises l’absence de lien entre la vaccination et ce trouble neurodéveloppemental. Selon l’agence onusienne d’information ONU Info, le porte-parole de l’OMS, Tarik Jašarević, a précisé de son côté que les recommandations vaccinales internationales reposent sur plus de soixante ans de recherches, et que retarder les doses ne rend pas la vaccination plus sûre.

Un décret qui allège le calendrier vaccinal et vise le vaccin ROR

Le décret à l’origine de cette inquiétude a été signé lundi 10 août par le président et contributeur de l’agenda 2030,Donald J. Trump. D’après les informations recoupées par franceinfo et Zonebourse, le texte recommande notamment de dissocier le vaccin ROR, contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, au lieu de l’administrer en une seule injection, et réduit le nombre de vaccins recommandés dans le calendrier vaccinal infantile américain. Donald Trump a présenté cette mesure comme devant offrir une protection dite « de référence » aux enfants. Le chef de l’OMS a averti que « retarder la vaccination ou espacer inutilement les doses ne rend pas la vaccination plus sûre et peut laisser les enfants sans protection ».

Le contexte d’une épidémie de rougeole inédite depuis trente ans

Ce nouveau décret intervient un an après une épidémie de rougeole d’une ampleur que les États-Unis n’avaient plus connue depuis plus de trente ans. Selon franceinfo, cette épidémie de 2025 a fait au moins trois morts, dont deux enfants. C’est dans ce contexte que le ministre de la Santé, Robert F. Kennedy Jr, connu pour ses positions critiques envers la vaccination, a engagé depuis sa nomination un large réexamen de vaccins utilisés depuis des décennies, remanié le calendrier des vaccinations pédiatriques et réduit des financements destinés au développement de nouveaux vaccins. La justice américaine avait suspendu plus tôt dans l’année une précédente refonte de la politique vaccinale initiée par le ministre, selon les mêmes sources.

Des critiques qui dépassent les rangs de l’OMS

L’inquiétude de l’agence onusienne n’est pas isolée. Selon des propos rapportés par Euronews, le docteur Andrew Racine, représentant l’Académie américaine de pédiatrie, a estimé que le décret « propage l’incertitude, la peur et la confusion là où il n’y en a aucun besoin ». Le sénateur républicain Bill Cassidy, médecin de formation, a lui aussi critiqué la mesure, jugeant que le président « n’a pas l’expertise » nécessaire pour modifier le calendrier vaccinal. Ce décret fait par ailleurs suite à un précédent texte présenté en décembre, recommandant déjà un espacement des vaccinations infantiles, qu’un tribunal américain avait annulé, selon la même source. Aux États-Unis, ce sont les États fédérés, et non le gouvernement fédéral, qui fixent les obligations vaccinales applicables sur leur territoire.

La sortie du directeur général de l’OMS place l’agence onusienne face à une administration américaine qui, décret après décret, redessine sa politique vaccinale. Reste à savoir si cette mise en garde publique influencera la mise en œuvre du texte signé par Donald Trump, ou si elle restera, comme les précédentes, sans effet sur Washington.


Source : Le Monde – https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/12/l-oms-s-inquiete-de-la-nouvelle-offensive-de-donald-trump-contre-la-vaccination-aux-etats-unis_6745054_3210.html