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Photo : @Patrick Mayon / Flickr

Tamarin lion doré : onze ans après son vol, le singe disparu retrouve enfin le ZooParc de Beauval

Volée lors d’un spectaculaire cambriolage au ZooParc de Beauval en 2015, une femelle tamarin lion doré est retournée en France après plus d’une décennie d’absence. Retrouvé en Slovaquie grâce à sa puce électronique d’identification, l’animal a été rapatrié au printemps 2026 après une longue procédure administrative. Une histoire exceptionnelle qui met en lumière les ravages du trafic d’espèces sauvages et l’importance des programmes de conservation.

Le destin de Zlatka, une femelle tamarin lion doré née au ZooParc de Beauval en juillet 2013, ressemble à celui d’un roman d’aventure. Pourtant, cette histoire est bien réelle. Le 28 mai 2026, le petit primate a fait son retour dans le parc zoologique du Loir-et-Cher, onze ans après avoir disparu lors d’un vol qui avait profondément marqué les équipes de Beauval et le monde zoologique français.

Pour comprendre l’émotion suscitée par ce retour, il faut remonter au mois de mai 2015. Dans la nuit du 9 au 10 mai, des individus s’introduisent dans l’enceinte du zoo et dérobent plusieurs animaux rares. Parmi eux figurent sept tamarins lions dorés, dix ouistitis ainsi que deux tortues d’Hermann. L’opération apparaît alors particulièrement organisée et laisse penser à un trafic ciblé d’animaux exotiques. Malgré une enquête menée durant plusieurs mois, aucune piste ne permet de retrouver les animaux disparus.

Pendant près de dix ans, le dossier semble définitivement enterré. Les soigneurs, vétérinaires et responsables du parc finissent par perdre l’espoir de revoir un jour les primates volés. Mais en 2023, un événement inattendu vient relancer l’affaire. Lors d’une saisie effectuée chez un particulier en Slovaquie, les autorités découvrent une femelle tamarin lion doré. L’animal attire rapidement l’attention des spécialistes chargés de vérifier son origine.

C’est finalement grâce à la puce électronique implantée sous sa peau lorsqu’elle vivait à Beauval que son identité est confirmée. Malgré une tentative de dissimulation, avec l’ajout d’une seconde puce en Allemagne selon les informations communiquées par le parc zoologique, les enquêteurs parviennent à établir avec certitude qu’il s’agit bien d’un des animaux dérobés en 2015. Cette identification constitue un exemple concret de l’importance des dispositifs de traçabilité utilisés dans les programmes de conservation des espèces menacées.

Après sa découverte, la femelle est placée dans un centre de sauvetage du zoo de Bojnice, en Slovaquie. Les soigneurs locaux lui donnent alors le nom de Zlatka, qui signifie « petit bout d’or » en slovaque, en référence à sa fourrure flamboyante caractéristique de l’espèce. Pendant plusieurs années, l’animal reste sous protection en attendant l’aboutissement des procédures administratives et judiciaires nécessaires à son retour en France.

Pour les équipes du ZooParc de Beauval, l’annonce du rapatriement provoque une vive émotion. Plusieurs soigneurs encore présents dans l’établissement avaient vécu le traumatisme du vol onze ans plus tôt. Retrouver vivant un animal disparu depuis aussi longtemps demeure un événement extrêmement rare dans le monde zoologique. Mais cette joie s’accompagne également d’une certaine amertume. Les autres animaux volés n’ont jamais été retrouvés et leur sort demeure inconnu.

Un retour délicat à Beauval

À son arrivée à Beauval, Zlatka a immédiatement fait l’objet d’examens vétérinaires approfondis. Les résultats se sont révélés rassurants. Malgré les années passées loin de son environnement d’origine, la femelle présente un bon état de santé général. Les équipes du parc s’intéressent désormais à un autre défi : son adaptation comportementale. Après plus de dix ans d’isolement relatif, la réintégration dans un groupe social pourrait s’avérer complexe. Les tamarins lions dorés vivent en effet dans de petites structures familiales très hiérarchisées où l’arrivée d’un nouvel individu est rarement simple.

Dans un premier temps, Zlatka a été installée dans un espace spécialement aménagé au sein de la serre des chimpanzés et orangs-outans du parc. Les soigneurs observent attentivement ses réactions afin d’évaluer les possibilités de cohabitation future avec d’autres primates. Selon son évolution, différentes solutions pourraient être envisagées pour lui offrir un environnement social adapté.

Au-delà de l’histoire individuelle de ce petit singe, cette affaire rappelle l’ampleur du trafic international d’espèces sauvages. Les primates exotiques figurent parmi les animaux les plus recherchés sur certains marchés illégaux. Cette criminalité contribue directement au déclin de nombreuses espèces déjà fragilisées dans leur habitat naturel. Le tamarin lion doré, originaire de la forêt atlantique brésilienne, fait d’ailleurs l’objet d’importants programmes de conservation internationaux destinés à préserver sa population. Selon les données relayées par Beauval, environ 4 800 individus subsisteraient encore à l’état sauvage.

Aujourd’hui, le retour de Zlatka représente bien davantage qu’une simple restitution. Il symbolise la persévérance des équipes de conservation, l’efficacité des systèmes d’identification animale et la coopération entre plusieurs pays européens dans la lutte contre le trafic d’espèces protégées. Onze ans après sa disparition, ce petit primate au pelage doré a retrouvé le lieu où son histoire avait commencé, offrant à Beauval l’un des dénouements les plus émouvants de son histoire récente.

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