Alegria Academy, spécialisée dans la formation à l’intelligence artificielle et au no-code, a organisé jeudi 17 septembre à Genève son premier événement No-Code Happ.IA Hours hors de France. Son fondateur, Francis LeLong, avait fait le déplacement depuis Paris. L’occasion d’afficher les ambitions internationales de l’école, mais aussi d’évoquer son prochain livre consacré à l’intelligence artificielle et à l’élection présidentielle de 2027.
Nous étions déjà présent à Lyon au mois de mars dernier pour le premier No-Code Happ.IA Hours organisé en province par Alégria, nous nous pouvions donc pas rater le premier évènement organisé à l’étranger par le leader européen de la formation IA et No Code.
Pour cette première édition, Alegria Academy a choisi Genève. Une étape symbolique pour l’organisme de formation, qui revendique désormais une communauté largement implantée au-delà de la France.
Une communauté transnationale
À l’origine de cet évènement, on retrouve notamment Jean-Pierre Viandaz, ambassadeur Alégria à Genève, fondateur de Viadata et président de l’association Pole IA Alpes Léman, côté français et Scott Caulwell, côté helvétique. Directeur artistique et spécialiste du design et de la communication, il a notamment travaillé pour l’UNICEF, l’UNESCO et l’UNDRR, le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe, dans le cadre d’un travail effectué pour The Content Engine, agence spécialisée dans la communication d’organisations engagées dans les Objectifs de développement durable de l’ONU. Caulwell a ensuite créée sa propre agence, DOG Design Organization Geneva.
Irlandais installé en France depuis 26 ans et travaillant à Genève depuis la même période, il a commencé sa formation chez Alegria à partir de janvier 2026 et est devenu apporteur d’affaires en septembre. Il envisage désormais de développer une communauté locale autour de l’IA et du no-code, avec un espace de coworking et des rencontres régulières gratuites consacrées au réseautage. « C’est pas juste McKinsey, PricewaterhouseCoopers qui va t’amener la solution. Donc, nous, on a besoin de le faire pour nous », nous a-t-il confié.
Jean-Pierre Viandaz évoque quant à lui la « grande communauté transfrontalière » qui est en train de se former dans la région, dont une cinquantaine de personne qui était présente au Qu’importe, à Carouge, ce soir là. Environ la moitié des participants présents lors de l’événement venaient du canton de Genève, les autres ayant notamment fait le déplacement depuis Lyon, Annecy, l’Ardèche ou le Pays de Gex.
Un évènement en présence de Francis Lelong, fondateur d’Alégria
Et pour cette première à l’étranger, le fondateur d’Alégria, Francis Lelong avait même fait le déplacement, précisant que Bruxelles aurait également pu accueillir cette première étape. Le fondateur promet d’ailleurs qu’un événement sera organisé à destination de la communauté belge.
Plus de 15 000 apprenants revendiqués
Alegria Academy revendique aujourd’hui plus de 15 000 apprenants. Selon Francis Le Long, la communauté s’étend à l’ensemble de la francophonie, avec une présence notamment en Suisse, en Belgique, au Canada, au Maroc ou encore au Sénégal.
Cette dimension internationale se traduit jusque dans les horaires des formations. « On a des gens de tous les fuseaux horaires », souligne le fondateur, évoquant une communauté allant de la Nouvelle-Écosse jusqu’à Tahiti.
Francis Le Long prépare dix propositions sur l’IA pour 2027
Au-delà du développement international d’Alegria Academy, Francis Lelong prépare également un livre consacré à l’intelligence artificielle et à la présidentielle française de 2027, dont la sortie est annoncée pour le 4 février.
L’ouvrage doit présenter dix propositions liées à l’IA à destination du débat présidentiel.
Selon lui, les conséquences de l’intelligence artificielle restent encore insuffisamment intégrées aux programmes politiques, à l’exception peut-être, selon lui de Gabriel Attal, alors qu’elles pourraient profondément transformer le travail, l’éducation, l’administration ou encore le financement du système social.
« Ça va être l’IA le sujet qui va le plus impacter la vie des Français dans les cinq prochaines années », estime-t-il.
Son objectif affiché est également d’inciter les citoyens à s’emparer du sujet afin de pousser les responsables politiques à présenter des propositions plus précises sur l’intelligence artificielle.
Retraites, travail et réforme de l’État
Francis Le Long estime notamment que l’arrivée de l’intelligence artificielle oblige à repenser certains grands équilibres économiques et sociaux.
Il cite la question des retraites, confrontée selon lui à la fois au vieillissement démographique et aux transformations du marché du travail susceptibles d’être provoquées par l’automatisation.
Parmi les autres thèmes qu’il souhaite mettre en avant figurent la réforme de l’État et de l’administration, l’éducation, le travail et la justice.
« Il faut renverser la table, mais avec des idées modernes, des idées qui sont inspirées de la réalité de ce qu’on peut faire aujourd’hui avec l’IA », affirme le fondateur d’Alegria Academy.
L’intelligence artificielle appliquée à la justice
La justice constitue justement l’un des sujets auxquels Francis Le Long entend consacrer une attention particulière.
« Je suis assez choqué de voir qu’on utilise sans problème l’IA à Bercy pour aller traquer les fraudeurs fiscaux […] et qu’on ne soit pas capable d’utiliser l’IA au ministère de la Justice pour arrêter des pédophiles », déclare-t-il.
Une prise de position qui pose également la question des limites juridiques et éthiques de l’utilisation de systèmes automatisés par l’État, notamment lorsque ceux-ci interviennent dans des domaines sensibles.
RGPD et AI Act : les entreprises face à la complexité réglementaire
La réglementation constitue d’ailleurs un autre axe de développement futur des formations d’Alegria Academy.
Francis Le Long cite notamment le règlement général sur la protection des données (RGPD) et l’AI Act européen. Selon lui, de nombreuses entreprises rencontrent des difficultés pour comprendre simultanément les enjeux liés à la cybersécurité, à la protection de leurs données et aux nouvelles obligations encadrant l’intelligence artificielle.
« Il y a un vrai besoin de formation, d’explication sur tout ça », souligne-t-il.
L’IA pourrait paradoxalement contribuer à simplifier une partie de ces démarches, notamment en facilitant certaines tâches administratives ou de mise en conformité.
Souveraineté et confidentialité au cœur des préoccupations
Cette question de la maîtrise des données est également au centre du travail de ViaData.
Jean-Pierre Viandal nous a expliqué accompagner des entreprises industrielles dans l’intégration de solutions d’automatisation et d’intelligence artificielle afin d’améliorer leurs performances.
Mais sur le terrain, les entreprises expriment selon lui des préoccupations récurrentes concernant la confidentialité et la souveraineté de leurs données.
ViaData indique avoir développé son propre environnement d’intelligence artificielle afin de répondre à ces problématiques. L’objectif est de permettre aux entreprises de faire fonctionner différents agents IA dans un environnement présenté comme souverain et sécurisé, tout en conservant la maîtrise de leurs actions.
La soirée genevoise illustre ainsi les deux dynamiques qui traversent actuellement Alegria Academy : l’élargissement d’une communauté francophone de professionnels et d’apprenants autour de l’IA, et la volonté de faire sortir ces technologies du seul débat technique pour les inscrire dans les grandes discussions économiques, sociales et politiques des prochaines années.