La justice sri-lankaise a condamné, le mardi 9 juin 2026 à Colombo, l’ancien vice-ministre Sarana Gunawardena à seize ans de prison pour corruption. L’affaire, liée à des contrats publics surfacturés, s’inscrit dans une vaste offensive anticorruption menée par le gouvernement d’Anura Kumara Dissanayake. Elle illustre la volonté des autorités de solder les dossiers hérités de l’ère Rajapaksa.
Le mardi 9 juin 2026, un tribunal de Colombo a prononcé une peine particulièrement sévère contre Sarana Gunawardena, ancien vice-ministre des Industries pétrolières sous la présidence de Mahinda Rajapaksa. L’ex-responsable politique a été condamné à un total de seize ans de prison, répartis en quatre peines de quatre ans cumulées, pour des faits de corruption liés à des marchés publics délibérément surévalués.
Selon les éléments retenus par la justice sri-lankaise, l’affaire porte sur des contrats de location de véhicules et de bâtiments ayant entraîné des surfacturations estimées à 11,5 millions de roupies sri-lankaises, soit environ 115 000 dollars au taux de l’époque. Les enquêteurs ont établi que des pots-de-vin avaient été perçus en échange de l’attribution de ces marchés gonflés.
Le tribunal a rejeté les demandes de clémence formulées par la défense, estimant que la sévérité de la peine était nécessaire pour dissuader les pratiques de corruption au sein de l’administration publique.
Une affaire emblématique de la lutte anticorruption
Sarana Gunawardena devient ainsi le troisième ancien ministre issu de l’administration Rajapaksa à être condamné à une peine de prison pour des faits financiers, après d’autres figures politiques également lourdement sanctionnées ces derniers mois.
Cette dynamique judiciaire intervient dans un contexte politique profondément renouvelé depuis l’élection en 2024 du président Anura Kumara Dissanayake. Son gouvernement a fait de la lutte contre la corruption un axe central de son action, en renforçant notamment les pouvoirs de la CIABOC, chargée des enquêtes sur les infractions financières.
Dans cette logique, plusieurs procédures visant d’anciens responsables politiques ont été relancées ou accélérées, traduisant une volonté affichée de rupture avec les pratiques du passé.
Une crise politique et économique encore en toile de fond
Cette affaire s’inscrit également dans l’héritage de la crise économique majeure de 2022, qui avait profondément déstabilisé le pays et provoqué la chute de Gotabaya Rajapaksa, frère de Mahinda Rajapaksa.
Les grandes manifestations populaires avaient alors dénoncé la corruption systémique et la mauvaise gestion des finances publiques, perçues comme des facteurs aggravants de l’effondrement économique.
Dans ce contexte, le Fonds monétaire international a accordé une aide d’urgence de 2,9 milliards de dollars au Sri Lanka, conditionnée à la mise en œuvre de réformes structurelles, notamment en matière de gouvernance et de transparence.
Au-delà du cas individuel de Sarana Gunawardena, condamné pour des faits qualifiés de détournement et de corruption dans plusieurs dossiers, cette décision judiciaire apparaît comme un nouvel épisode d’une recomposition politique où la justice occupe désormais une place centrale.
Sources :
Le Figaro
Macau Business
