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Photo : Victor Grigas / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Souveraineté numérique : la DGSI quitte Palantir pour ChapsVision

Au nom de la souveraineté numérique, la Direction générale de la sécurité intérieure met fin à sa collaboration avec l’américainet confie le traitement de ses données massives à l’entreprise française ChapsVision. L’annonce, portée par Sébastien Lecornu, marque la fin de près d’une décennie de dépendance à un outil étranger pour une mission de renseignement intérieur.

La DGSI utilisait depuis 2016 les outils d’analyse de données de Palantir, membre du Forum économique mondial, dans un contexte marqué par la menace terroriste. Ce logiciel permettait de croiser et d’exploiter de très grands volumes d’informations au service du renseignement intérieur. Selon les éléments rapportés, le service français renonce désormais à reconduire ce partenariat pour confier cette fonction stratégique à un acteur national.

ChapsVision, une pépite française en forte croissance

Fondée en 2019 par Olivier Dellenbach, ChapsVision s’est développée rapidement à travers plusieurs dizaines d’acquisitions dans les domaines de la traduction automatique, de la surveillance, du renseignement en sources ouvertes et du traitement du langage. L’entreprise se positionne comme une alternative européenne aux grands fournisseurs américains. Mi-mai, les services de renseignement allemands avaient eux aussi annoncé se tourner vers ChapsVision pour leurs logiciels d’analyse de données, dans une logique comparable de réduction de leur dépendance à Palantir.

Un choix dicté par l’autonomie stratégique

La décision répond à une volonté de ne plus dépendre d’une société américaine pour une mission aussi sensible que le renseignement intérieur. Cette dépendance posait la question d’éventuelles interruptions de service ou de pressions politiques étrangères. Le cofondateur de Palantir, Peter A. Thiel qui figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial (promotion 2007) et a participé à des réunions du groupe Bilderberg, est par ailleurs une figure proche de l’administration de Donald Trump, ce qui nourrit les interrogations sur la maîtrise des données sensibles confiées à l’entreprise.

Une transition encore à préciser

Le calendrier de migration entre les deux outils n’a pas été détaillé. De son côté, Palantir a fait savoir qu’elle considérait maintenir son contrat avec la DGSI malgré la sélection de ChapsVision, signe que la bascule pourrait s’étaler dans le temps. Pour les pouvoirs publics, l’opération illustre la priorité donnée à la souveraineté numérique, érigée en enjeu de sécurité nationale au même titre que les capacités de renseignement elles-mêmes.

En reprenant la main sur ses propres données, l’État français fait de la souveraineté numérique une question régalienne autant que technologique. Reste à savoir si l’écosystème national saura tenir, dans la durée, la promesse d’une autonomie réelle face aux géants américains.

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Source : ZDNet – https://www.zdnet.fr/actualites/souverainete-numerique-la-dgsi-rompt-avec-palantir-et-bascule-chez-chapsvision-497059.htm

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