Sophie Straat : la chanteuse au cœur d’une polémique après avoir demandé aux « hommes blancs » de reculer lors d’un concert

La chanteuse néerlandaise Sophie Straat fait l’objet d’une vive controverse après des propos tenus lors d’un festival en Belgique. En invitant les « hommes blancs » à quitter les premiers rangs pour laisser la place à d’autres spectateurs, l’artiste a suscité des centaines de signalements, sans pour autant faire l’objet de poursuites pour discrimination.

La chanteuse néerlandaise Sophie Straat se retrouve une nouvelle fois au centre d’une polémique. Lors de son concert donné le 21 juillet 2026 au festival Boomtown, organisé dans le cadre des Fêtes de Gand, en Belgique, l’artiste a invité les « hommes blancs » à se placer à l’arrière de la foule afin de laisser les premiers rangs aux femmes, aux personnes queer et aux personnes de couleur.

Juste avant d’interpréter son morceau De witte duif (« La colombe blanche »), Sophie Straat a lancé un appel qui a rapidement fait réagir. « Tous les hommes blancs à l’arrière ! C’est l’heure des filles, des queers, des personnes de couleur », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter qu’il n’y avait « plus de temps pour la nuance ». Une partie du public a applaudi cette initiative tandis que d’autres spectateurs ont exprimé leur incompréhension. Plusieurs femmes ont alors rejoint les premiers rangs devant la scène.

Il ne s’agit pas de la première controverse de ce type pour l’artiste. Quelques semaines auparavant, lors du festival Best Kept Secret aux Pays-Bas, elle avait déjà tenu un discours similaire. Cette séquence avait conduit à plusieurs centaines de plaintes déposées auprès de l’organisme néerlandais Discriminatie.nl, tandis que le parquet de West-Brabant avait ouvert une enquête afin d’évaluer si les faits pouvaient relever d’une infraction pénale.

Après examen, Discriminatie.nl avait toutefois estimé que les propos de la chanteuse ne constituaient pas une discrimination au sens du droit néerlandais. L’organisme avait notamment relevé que les hommes n’avaient pas été exclus du concert et que cette demande concernait uniquement un moment limité de la représentation.

En Belgique, la scène de Gand a également suscité de nombreuses réactions. Près de 200 signalements ont été adressés à Unia, le Centre interfédéral pour l’égalité des chances, ainsi qu’à l’Institut flamand des droits humains.

À l’issue de son analyse, Unia a estimé que les déclarations de Sophie Straat relevaient de la liberté d’expression artistique. L’organisme considère que, même si ces propos peuvent être perçus comme « polarisants » ou « blessants », ils s’inscrivent dans le cadre d’une performance artistique portant un message politique et sociétal. Selon Unia, aucun élément ne permet de démontrer que des hommes blancs ont été empêchés d’assister au concert ou d’y participer.

L’institution rappelle également que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme accorde une protection importante à la liberté d’expression artistique et politique, y compris lorsque certaines déclarations sont susceptibles de choquer ou de heurter une partie du public.

Face à l’ampleur de la controverse, Sophie Straat a expliqué qu’elle n’avait jamais eu l’intention d’exclure des spectateurs. Selon elle, son objectif était de permettre aux personnes qui se sentent habituellement moins en sécurité lors des concerts d’accéder plus facilement aux premiers rangs. À la fin de sa prestation à Gand, la chanteuse a appelé le public à « se mettre à la place des autres » et à privilégier « seulement de l’amour ». Sur son compte Instagram, elle affirme également avoir reçu de nombreux messages haineux, des insultes sexistes et antisémites ainsi que des menaces de mort depuis le début de cette polémique.

Sources :

Le Figaro : https://www.lefigaro.fr/

NOS (radiotélévision publique néerlandaise)

Unia (Centre interfédéral pour l’égalité des chances)

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