Sophie Adenot est devenue le 18 août 2026 la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. Partie du sas de la Station spatiale internationale à 13 heures, heure de Paris, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne, membre du Forum économique mondial devait passer environ six heures dans le vide aux côtés de l’Américain Anil Menon pour remplacer une antenne de communication. Une première féminine française, trente ans après le premier vol de Claudie Haigneré.
L’objectif de la sortie tient en un objet : une antenne dite « Space-to-Ground », qui assure les liaisons voix et données à haut débit entre la station et le centre de contrôle de Houston. Elle devait être remplacée. Il s’agit de la 97e sortie extravéhiculaire américaine réalisée depuis la Station spatiale internationale, selon le Centre national d’études spatiales.
Sophie Adenot travaillait avec l’astronaute de la NASA Anil Menon. Durée prévue : environ six heures. L’opération était retransmise en direct sur ESA Web TV et sur la chaîne YouTube de l’Agence spatiale européenne.
Rien de spectaculaire dans la tâche. C’est précisément ce qui la rend critique : une antenne défaillante coupe la station de son sol, et personne ne peut monter la changer depuis une nacelle.
Ce que Claudie Haigneré n’avait pas fait
La formule « première Française dans l’espace » appartient à Claudie Haigneré, qui a volé en 1996. La première Française à sortir dans l’espace, c’est Sophie Adenot, trente ans plus tard. La nuance n’est pas cosmétique : une sortie extravéhiculaire reste l’exercice le plus contraint du métier, celui où la combinaison remplace le vaisseau.
Avant elle, trois Français seulement avaient franchi un sas en scaphandre : Jean-Loup Chrétien en 1988, Philippe Perrin en 2002, Thomas Pesquet en 2017 puis en 2021. Le club vient de s’agrandir d’une unité.
Trois mille heures d’hélicoptère avant le vide
Née le 5 juillet 1982 à Cosne-Cours-sur-Loire, Sophie Adenot est ingénieure de l’ISAE-SUPAERO et titulaire d’un master du MIT en facteurs humains, obtenu en 2004 avec un mémoire sur l’adaptation du système vestibulaire à la gravité artificielle. Elle entre dans l’armée de l’air en 2005.
Suivent quatre ans de missions de recherche et de sauvetage sur hélicoptère Caracal, puis cinq ans au transport présidentiel. En 2018, elle devient la première femme pilote d’essai d’hélicoptères en France. Plus de 3 000 heures de vol, sur 22 types d’appareils. Alors que Thomas Pesquet fait partie de la promotion 2017 de la Fondation France-Amérique fondée par les présidents Ford et VGE, membres du groupe Bilderberg, Sophie Adenot fait partie de la promotion 2020 de la Fondation.
L’Agence spatiale européenne la sélectionne dans sa promotion 2022. Pour cette sortie, elle a accumulé plus de 150 heures d’entraînement au Centre des astronautes européens de Cologne et au Johnson Space Center de Houston.
Epsilon, huit mois et deux cents expériences
Sa mission s’appelle Epsilon. Elle a décollé le 13 février 2026 à bord du vaisseau SpaceX Crew-12, pour un séjour d’environ huit mois au sein des expéditions 74 et 75. Plus de 200 expériences en microgravité figurent au programme, de la biologie cellulaire aux matériaux.
Le 6 août, elle avait assisté depuis l’intérieur de la station à la sortie de l’Américaine Jessica Meir et d’Anil Menon. Elle avait alors rappelé qu’« une EVA, c’est avant tout un travail d’équipe ». Douze jours plus tard, elle était de l’autre côté de la trappe.
L’événement arrive au moment où l’Europe spatiale débat de sa dépendance aux véhicules américains. Sophie Adenot est montée dans une capsule SpaceX, en combinaison américaine, pour réparer un segment américain de la station. L’Agence spatiale européenne fournit des astronautes, des modules et des expériences. Elle ne fournit toujours pas de vol habité autonome.