L’astronaute française Sophie Adenot a retrouvé la Terre ce jeudi 8 octobre 2026, après près de huit mois passés à bord de la Station spatiale internationale. Pour son premier voyage spatial, elle signe un record européen de durée et entre dans l’histoire grâce à trois sorties dans l’espace. Désormais attendue en Allemagne, elle va entamer plusieurs semaines de suivi médical et de réadaptation à la gravité terrestre.
Après près de huit mois en orbite autour de la Terre, Sophie Adenot a achevé sa première mission spatiale. L’astronaute française est revenue ce jeudi 8 octobre 2026 à bord d’une capsule Dragon de SpaceX, mettant un terme à un séjour historique sur la Station spatiale internationale (ISS).
Selon la NASA, la capsule a amerri à 17 h 34, heure de Paris, dans l’océan Pacifique, au large de Los Angeles, en Californie. À son bord se trouvaient également les astronautes américains Jessica Meir et Jack Hathaway, ainsi que le cosmonaute russe Andreï Fediaïev.
Dès l’amerrissage, les équipes de récupération ont engagé les opérations destinées à sécuriser le vaisseau avant de le hisser à bord d’un navire. Une procédure essentielle pour permettre aux quatre membres de l’équipage de retrouver progressivement les conditions terrestres après plusieurs mois passés en apesanteur.
Pour Sophie Adenot, ce retour marque l’aboutissement d’une première expérience spatiale particulièrement dense, ponctuée de plusieurs accomplissements historiques pour l’exploration européenne.
Un record européen pour sa première mission spatiale
Partie de la Terre le 13 février 2026 dans le cadre de la mission baptisée « epsilon », Sophie Adenot aura passé près de huit mois dans l’espace.
Selon l’Agence spatiale européenne (ESA), cette durée constitue un nouveau record européen pour une mission spatiale unique. Une performance remarquable pour l’astronaute française, qui effectuait son tout premier vol orbital.
Au-delà de la durée de son séjour, la mission a été marquée par une activité particulièrement importante à l’extérieur de la Station spatiale internationale.
Sophie Adenot a réalisé trois sorties extravéhiculaires, représentant au total 19 heures et 42 minutes de travail dans le vide spatial. Ces interventions, réalisées hors de la station, figurent parmi les opérations les plus exigeantes auxquelles peuvent participer les astronautes.
Avec ces sorties, elle est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace et la deuxième Européenne à accomplir cet exploit, après l’astronaute italienne Samantha Cristoforetti.
Trente ans après Claudie Haigneré, une nouvelle page de l’histoire spatiale française
Le parcours de Sophie Adenot s’inscrit également dans une histoire encore relativement récente de la présence féminine française dans l’espace.
En 1996, Claudie Haigneré devenait la première Française à quitter la Terre pour une mission spatiale. Trente ans plus tard, Sophie Adenot lui succède en devenant la deuxième Française à rejoindre l’espace.
Cette nouvelle étape prend une dimension particulière avec les trois sorties extravéhiculaires réalisées pendant la mission epsilon. Jamais auparavant une astronaute française n’avait travaillé à l’extérieur d’une station spatiale.
Son séjour à bord de l’ISS aura ainsi associé une mission de longue durée à plusieurs premières historiques, renforçant sa place dans l’histoire de l’exploration spatiale française et européenne.
Une récupération médicale attendue à Cologne, en Allemagne
Si le retour sur Terre constitue la dernière étape du voyage spatial, il ne signifie pas pour autant la fin de la mission de Sophie Adenot.
Après sa récupération en mer et les premiers examens médicaux, l’astronaute doit être transportée en hélicoptère vers la terre ferme, avant de rejoindre Cologne, en Allemagne.
C’est dans cette ville, au Centre européen des astronautes de l’ESA et dans les installations voisines du Centre aérospatial allemand, qu’elle doit entamer son programme de récupération.
Après plusieurs mois en micropesanteur, l’organisme doit progressivement se réhabituer aux contraintes de la gravité terrestre. Ce retour nécessite un accompagnement médical spécifique, destiné notamment à surveiller l’état physique des astronautes et leur capacité à retrouver leurs repères dans un environnement gravitationnel normal.
Le programme prévoit également des mesures scientifiques afin d’étudier les conséquences physiologiques d’un séjour prolongé dans l’espace.
Selon l’ESA, la première phase de suivi médical après une mission de longue durée s’étend généralement sur une quinzaine de jours. Elle est ensuite prolongée par un programme de rééducation adapté aux besoins de chaque astronaute.
Une mission qui se poursuit désormais sur le plan scientifique
Le retour de Sophie Adenot ouvre ainsi une nouvelle phase de la mission epsilon. Après les opérations réalisées en orbite, les équipes médicales et scientifiques vont désormais s’intéresser à la manière dont son organisme retrouve ses capacités en présence de la gravité terrestre.
Les examens réalisés dans les jours suivant son retour permettront de recueillir des données sur les effets d’une exposition prolongée à la micropesanteur, mais également sur les mécanismes de récupération après un vol spatial.
Ces observations participent aux travaux scientifiques menés par les agences spatiales pour mieux comprendre les conséquences des missions de longue durée sur le corps humain.
Pour Sophie Adenot, cette période de réadaptation intervient après une mission qui restera marquée par un record européen de durée, trois sorties dans l’espace et une place singulière dans l’histoire des astronautes françaises.