Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, lundi 8 juin 2026, la députée La France insoumise Sophia Chikirou à une amende de 8 000 euros pour le vol de deux formules de chèques appartenant au Média. En revanche, l’élue a été relaxée concernant les accusations de tentative d’escroquerie, dans une affaire qui remonte à son départ conflictuel de la webtélé en 2018.
Huit ans après les faits, l’affaire opposant Sophia Chikirou à la direction du Média a trouvé un premier épilogue judiciaire. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné la députée La France insoumise à une amende de 8 000 euros, dont la moitié assortie d’un sursis, pour avoir soustrait deux formules de chèques appartenant à la société de production de la webtélé. Les juges ont toutefois prononcé sa relaxe concernant le délit de tentative d’escroquerie qui lui était également reproché.
Le jugement a été rendu le 8 juin 2026 devant la 13e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Absente lors du délibéré en raison d’engagements parlementaires selon ses avocats, Sophia Chikirou n’était pas présente pour entendre la décision.
Cette affaire plonge ses racines dans l’été 2018, période particulièrement agitée pour le Média, webtélé lancée quelques mois plus tôt avec le soutien de personnalités proches de La France insoumise. Confrontée à des difficultés financières, à des audiences décevantes et à de fortes tensions internes, la structure traverse alors une crise majeure. Sophia Chikirou, figure centrale du projet depuis son lancement, est progressivement écartée de la direction à la suite de désaccords avec les autres fondateurs.
Le contentieux naît dans le contexte de cette éviction. Le 13 juillet 2018, alors qu’elle occupe encore certaines fonctions au sein de la société, Sophia Chikirou adresse une facture de 67 146 euros à la société de production du Média. La nouvelle direction estime que cette demande n’est pas fondée et refuse son paiement.
Selon l’accusation, l’ancienne dirigeante aurait ensuite tenté d’obtenir le règlement de cette somme malgré son départ de la gouvernance. Les investigations ont établi qu’elle s’était tournée vers la banque de la société afin d’ordonner un virement correspondant au montant réclamé. Après plusieurs refus, elle se serait rendue directement dans les locaux du Média à Montreuil où elle aurait récupéré deux formules de chèques appartenant à la société.
Les magistrats ont considéré que les éléments réunis permettaient de caractériser le vol des chèques. Ils ont notamment souligné plusieurs incohérences dans les explications fournies par la députée. Sophia Chikirou soutenait disposer de ces chèques depuis le 13 juillet 2018 et affirmait avoir privilégié la voie du virement bancaire afin de ne pas fragiliser davantage la trésorerie du Média. Le tribunal a toutefois relevé qu’elle sollicitait parallèlement l’autorisation d’un découvert bancaire pour permettre le paiement de la somme réclamée.
Malgré cette condamnation, la juridiction a retenu plusieurs circonstances atténuantes. Les juges ont notamment pris en considération le contexte conflictuel de son éviction, l’ancienneté des faits ainsi que l’absence d’utilisation effective des chèques. Ils ont également rappelé que la société plaignante s’était désistée de sa plainte dans le cadre d’un accord conclu en 2021.
La décision est en revanche plus favorable à la députée concernant la tentative d’escroquerie. Les magistrats ont estimé que le contexte juridique entourant le changement de direction du Média entretenait une ambiguïté suffisante sur sa situation exacte au moment des faits. Si Sophia Chikirou avait bien été informée d’une passation de pouvoir imminente, sa remplaçante n’avait pas encore été officiellement confirmée lorsque certaines démarches bancaires ont été effectuées.
Le tribunal a ainsi considéré que le fait de continuer à se présenter comme présidente dans le cadre d’un conflit de gouvernance ne constituait pas une usurpation de qualité suffisante pour caractériser l’infraction de tentative d’escroquerie.
Cette décision pourrait toutefois ne pas être le dernier épisode judiciaire concernant la députée insoumise. Selon les informations du Monde, l’enquête portant sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle de 2017 a été clôturée début mai 2026. Sophia Chikirou figure parmi les personnes mises en examen dans ce dossier, même si un éventuel renvoi devant un tribunal reste à ce stade incertain.
Sources :
Le Monde – 8 juin 2026 – « Pourquoi Sophia Chikirou a été condamnée pour “vol” de chèques au Média et relaxée pour “tentative d’escroquerie” » – https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/08/pourquoi-sophia-chikirou-a-ete-condamnee-pour-vol-de-cheques-au-media-et-relaxee-pour-tentative-d-escroquerie_6699610_3224.html
